Collage, lettrage et subversion : coup d’oeil sur le fanzine
Outil de diffusion des cultures de marge, le fanzine se développe avec l’explosion punk de 1977-1978. Avec l’avènement du Do it Yourself, des collectifs de passionnés s’emparent de cette presse alternative pour diffuser une expression très libre, à l’écart des circuits commerciaux habituels.
Les moyens restreints conditionnent la réalisation des fanzines : l’utilisation du photocopieur, choix économique au départ, permet d’affirmer une identité particulière. Souvent au format A4, les feuillets sont reliés sommairement par des agrafes, et présentent une mise en page spontanée, utilisant des collages, des lettrages Letraset empruntés à la presse, des dessins, etc.
En France, les membres du collectif Bazooka, indissociable de la vague punk, produisent leurs propres magazines dès 1975 avec Bazooka production, et portent un regard subversif sur les médias qu’ils détournent à force de collages, photos détournées, surimpressions et bandes dessinées. Une vision provocatrice et innovante qui leur permettra de publier notamment dans Actuel, l’Echo des savanes et Libération, qui édite à partir de février 1978 Un Regard Moderne, mensuel d’actualité.
L’objet fanzine se développe partout en France, et tout le monde est incité à s’en emparer, à le diffuser, le reproduire, le détourner. A Lyon, ce sera l’Enfermé, puis la Mosca, les Incorruptibles, Urgh ! et autre Gogo Art qui commenteront avec humour, subversion et créativité l’actualité locale et musicale.
Depuis quelques années, les techniques adoptées dans les fanzines sont réutilisées par la micro-édition, qui cherche à valoriser autant le fond que la forme des objets qu’elle publie. Créateurs et écrivains s’associent pour expérimenter des techniques artisanales (sérigraphie, collage, linogravure) et font des tirages en quantité très limitée d’œuvres de qualité. Dans ce même mouvement de valorisation d’un média qui n’était pas pensé pour être conservé, l’association La Fanzinothèque archive depuis 1989 des fanzines internationaux et met en avant sa collection à travers des expositions et un catalogue de plus de 50 000 références.
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