Conférence de Noé Gasparini et Michel Kneubühler

Droits culturels, projets Wikimédia : comment réinterroger le rapport aux savoirs

À l’heure des droits culturels et des projets Wikimédia, les bibliothèques repensent leurs pratiques de médiation et de partage des savoirs. Entre participation citoyenne, co-construction des connaissances et accès ouvert, cette conférence explore les transformations en cours, leurs enjeux et leurs limites.

Conférence du 18 juin 2024
Bibliothèque municipale de Lyon

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Merci beaucoup d'être présents à ce rendez-vous qui, je l'espère, nous l'espérons, permettra des échanges créatifs.
Je vais commencer par des présentations.
Je suis Virginie De Marco, je suis médiatrice en charge de la valorisation patrimoniale sur Numelyo,
qui est la bibliothèque numérique de la ville de Lyon.
J'accompagnerai les échanges ce soir et j'endosserai la mission de gardienne du temps.
Avec moi, Noé Gasparini et Michel Kneubühler, nos deux invités que je suis ravie d'accueillir.
Est-ce que tout va bien au niveau du son ?
Michel est l'auteur de plusieurs livres, dont l'ouvrage intitulé
« Non publics et droits culturels pour une relecture de la Déclaration de Villeurbanne, 25 mai 1968 » ,
dont les contenus sont au cœur de notre sujet.
Son parcours professionnel a largement contribué à nourrir sa réflexion,
puisqu'il a travaillé une trentaine d'années pour le ministère de la Culture et a enseigné au sein des DRAC et a enseigné les politiques culturelles dans les universités de Lyon et de Grenoble.
Noé est diplômé en linguistique et c'est un Wikipédien de la première heure, plus particulièrement sur le projet du Wiktionnaire,
qui est le dictionnaire de l'encyclopédie Wikipédia.
Ses compétences, en matière de linguistique, l'ont amené à concevoir le Dictionnaire des francophones,
élaboré au sein de l'université Lyon III, fruit d'un partenariat entre le ministère de la Culture et l'association Wikimedia France.
Gratuit et évolutif, ce dictionnaire compte actuellement pas moins de 480 000 termes, si j'ai bien retenu,
et termes d'expression française en provenance de 52 pays.
Donc voici brossé rapidement, sans doute trop trop rapidement, au regard de leurs compétences, le profil de nos deux invités.
Le sujet de la discussion ce soir est réservé à la place des droits culturels et des projets Wikimedia dans notre rapport au savoir,
car les bibliothèques ont sans doute plus qu'une mission et un devoir d'intégrer ces évolutions majeures
dans leurs pratiques de médiation et de diffusion des savoirs.
En 2007, la déclaration de Fribourg marque une nouvelle étape dans la reconnaissance et l'appropriation des droits culturels,
qui font désormais partie intégrante de la réflexion en bibliothèque,
surtout depuis leur introduction dans le corpus législatif français,
depuis la loi NOTRe en 2015,
ou encore plus récemment, la loi Robert sur les bibliothèques en 2021.
L'enjeu de l'accès aux ressources, leur construction et leur partage est un défi pour les établissements culturels,
notamment dans le domaine du numérique.
L'obtention du label Culture Libre,
décerné par l'association Wikimedia France,
est une reconnaissance que la bibliothèque a eu la chance d'obtenir l'année dernière.
Donc ce prix récompense les actions en faveur de choix stratégiques
qui visent à renforcer le dialogue autour des patrimoines,
notamment par la diffusion et la libre réutilisation de contenus culturels,
mais aussi par le soutien aux pratiques numériques collaboratives.
Il est temps de donner la parole à nos invités,
qui, chacun dans leur domaine de compétences,
tentera de rendre plus palpable, plus tangible,
ces notions d'enjeux d'accès à la culture,
qui parfois sont rendues possibles grâce à des élances hybrides.
Le fil de la discussion ce soir suivra quatre questions
qui leur seront posées,
et ensuite le micro sera donné à la salle pour les questions du public.
Je veillerai à ce que nous puissions libérer la salle vers 20h15.
Ok.
Donc la première question va nous permettre d'entamer la discussion
en ayant certains éléments de langage et définition.
Nous allons revenir sur la naissance des droits culturels
et faire un bref historique de leur diffusion et de leur adoption dans la société.
Puis, nous nous verrons exposer la genèse,
alors rapidement, de l'encyclopédie Wikipédia,
que tout le monde utilise, ou presque,
mais dont le fonctionnement demeure parfois obscur, voire méconnu.
Michel, tu commences par nous exposer ces notions de droits culturels.
Bien, d'abord, merci Virginie, et puis merci à vous d'être là.
Alors, exposer les droits culturels, ça pourrait prendre quelque temps,
mais je vais essayer de donner effectivement quelques points de repère.
D'abord, tu as évoqué, Virginie, la déclaration de Fribourg,
qui est évidemment un texte absolument majeur,
et qui date donc de 2007,
qui a été publié en 2007,
mais qui est le résultat d'un long travail
d'une quinzaine d'années à peu près.
Mais si on fait la généalogie conceptuelle,
on va dire, de la notion de droit culturel,
on peut en réalité remonter bien plus loin.
Et en fait, on peut remonter assez facilement au siècle des Lumières,
et même à l'humanisme de la Renaissance,
quand, au fond, l'individu devient un sujet,
un sujet de sa propre vie,
un acteur de sa propre vie,
et non pas un individu,
c'est-à-dire un numéro indifférencié dans une grande masse.
Donc, les racines sont dans la philosophie occidentale
de l'humanisme et du siècle des Lumières.
D'où le fait que ça a beaucoup à voir
avec la question de l'autonomie,
de l'émancipation,
et aussi de la coopération.
Et c'est peut-être déjà là quelque chose
qui tisse des liens avec le projet Wikipédia.
Alors, plus formellement,
on peut faire remonter la notion de droit culturel,
en termes juridiques, là, pour le coup,
à la Déclaration universelle des droits de l'homme,
qu'on appelle plutôt maintenant les droits humains.
Mais à l'époque, ça s'appelait
la Déclaration universelle des droits de l'homme,
qui est donc adoptée en 1948,
et dans laquelle il y a un article 27
qui dit que toute personne a le droit
de prendre part librement
à la vie culturelle de la communauté.
Donc, là, il y a déjà des mots importants.
Le mot personne peut être prendre part,
évidemment, le mot librement,
et le mot communauté.
On pourra, je pense, y revenir.
Ce texte, donc, il faut le contextualiser.
Nous sommes quelques années après le cataclysme
qu'a représenté la Seconde Guerre mondiale.
Et ce texte de la Déclaration universelle
des droits de l'homme,
adopté par la toute nouvelle organisation
des Nations unies,
s'intéresse essentiellement aux droits civils et politiques.
Mais on y a mis quelques droits
qui relèvent plutôt du domaine éducatif,
social et économique, voire culturel.
Un certain nombre,
dans les instances internationales,
à l'ONU ou à l'UNESCO,
un certain nombre de gens disent
qu'il faudrait quand même aller
un petit peu plus loin
dans ce qu'on entend
par ces droits économiques,
sociaux et culturels.
Et en 1966,
toujours dans ce cadre international,
est adopté en particulier
un pacte international
sur les droits économiques,
sociaux et culturels,
sous le petit nom de PIDESC,
1966.
On a d'autres textes,
on ne va pas les passer en revue,
on les retrouvera dans ce livre,
mais un texte important
est évidemment une autre Déclaration universelle,
celle de 2001,
qui est adoptée à l'UNESCO
et dans lequel il est fait,
dès l'article 1er,
on dit que la diversité
des expressions culturelles,
la diversité culturelle,
est aussi essentielle
à l'avenir de l'humanité
que la biodiversité
dans l'ordre du vivant.
Quelque chose,
je trouve,
affirmer ça dès l'article 1er
en 2001,
c'est pas mal.
et puis cette déclaration
a donné lieu,
quatre ans plus tard,
à l'adoption par les États
d'une convention
qui, elle, s'appelle
la Convention sur la protection
et la promotion
de la diversité
des expressions culturelles
qui est adoptée
à l'UNESCO en 2005.
Pourquoi je cite ce texte ?
Parce que c'est celui-là
sur lequel se fondent
les quatre lois françaises
qui ont été adoptées
depuis une petite dizaine
d'années,
depuis 2015.
Tu as cité la loi NOTRe
sur la nouvelle organisation
territoriale de la République.
Il y a la loi
sur la liberté de création,
l'architecture
et le patrimoine de 2016.
La loi qui crée
le Centre national
de la musique en 2019.
Et enfin,
la loi sur les bibliothèques
et la lecture publique
de 2021.
Ces quatre lois
ont inscrit
la même formulation
dans le respect
des droits culturels
énoncés par la Convention
UNESCO de 2005.
Et quand on regarde
la Convention UNESCO
de 2005,
en réalité,
elle porte beaucoup
sur la diversité
des expressions culturelles.
Elle est assez peu précise
sur les droits culturels.
Elle en parle
de façon presque
secondaire,
on va dire,
par rapport à son objet.
Mais pourquoi
c'est ce texte
qui fait référence
et pas la déclaration
de Fribourg ?
Eh bien,
parce que la déclaration
de Fribourg
n'a strictement
aucune valeur
en droit international
puisqu'elle émane
d'un joyeux cénacle
d'une vingtaine
d'experts
des sciences humaines.
Il y a là
des philosophes,
des juristes,
des sociologues,
des anthropologues,
des politologues,
etc.
L'initiative
en revient
à un philosophe
qui s'appelle
Patrice Meyer-Bisch,
professeur
à l'université
de Fribourg,
qui est,
on va dire,
la cheville ouvrière
de ce texte.
Donc,
2005,
la convention,
2007,
la déclaration
de Fribourg
et depuis 2015,
les lois françaises.
Alors,
qu'est-ce qui est
si important
dans cette déclaration
de Fribourg
qui,
quoique produite
par des experts
réunis
par une université
suisse,
a un impact
tout à fait
considérable,
non seulement
sur les politiques
culturelles
menées
dans un certain
nombre de pays,
mais aussi
sur la façon
dont des acteurs
culturels,
aujourd'hui,
envisagent
les projets
qu'ils mènent
et la façon
dont ils mettent
en place
leurs activités.
Alors,
une première chose
peut-être,
et là,
je vais quand même
citer la déclaration
de Fribourg,
c'est parler
de la définition
qui est donnée
du terme même
de culture.
Et je crois
que quand on écoute
cette définition
ou qu'on la lit,
on comprend mieux
l'apport
qu'a pu représenter
cette déclaration
de Fribourg.
Je lis donc,
le terme culture
recouvre
les valeurs,
les croyances,
les convictions,
les langues,
les savoirs
et les arts,
les traditions,
institutions
et modes de vie
par lesquels
une personne
ou un groupe
exprime
son humanité
et les significations
qu'il donne
à son existence
et à son développement.
On voit
une définition
de la culture
bien plus large,
bien plus anthropologique
pourrait-on dire
que l'acception
du mot
quand on parle
par exemple
de direction
de la culture
dans une collectivité
territoriale
ou dans
le ministère
de la culture
par exemple.
Par ailleurs,
dans ce même
article 2,
la déclaration
de Fribourg
identifie aussi
l'expression
identité culturelle
qui est comprise,
je cite,
comme l'ensemble
des références
culturelles
par lesquelles
une personne,
seule ou en commun,
se définit,
se constitue,
communique
et entend
être reconnue
dans sa dignité.
Là aussi,
dignité,
ça fait directement
référence
à l'article 1er
de la Déclaration
universelle
des droits de l'homme
où les êtres humains
sont égaux
en dignité
et en droit
est-il proclamé.
Et puis,
troisième élément
de définition
qui peut être
important
pour notre échange,
c'est la définition
de communauté
culturelle.
Eh bien,
par communauté
culturelle,
on entend
un groupe
de personnes
qui partagent
des références
constitutives
d'une identité
culturelle commune
qu'elles entendent
préserver
et développer.
Voilà pour
les définitions
un peu générales.
mais le reste
de la déclaration
de Fribourg,
ses rédacteurs
se sont efforcés
de dénumérer,
de recenser
les fameux
droits culturels.
De quoi parle-t-on ?
Et je vais prendre,
par exemple,
les documents
publiés
par le réseau
Culture 21,
qui est un réseau
particulièrement actif
pour travailler
sur cette question
des droits culturels,
à la fois
sur un plan
théorique,
mais aussi
sur la question
de la mise
en œuvre
effective,
on y viendra
peut-être.
Et donc,
ces droits
culturels,
ils sont au
nombre de huit.
Premier droit,
l'identité,
choisir
et respecter
son identité
culturelle,
avoir le droit
de se choisir
ses références
culturelles.
Deuxième droit,
le droit
à la diversité,
connaître
et voir
respecter
sa propre culture
ainsi que
d'autres cultures.
Troisième droit,
le droit
au patrimoine,
le droit
d'accéder
au patrimoine
culturel
au pluriel.
Quatrième droit,
le droit
de la communauté
à la communauté,
le droit
de se référer
ou non
à une
ou plusieurs
communautés
culturelles.
Cinquième droit,
la participation,
participation
à la vie
culturelle
qui, au fond,
décline
l'article 27
de la Déclaration
universelle
des droits
de l'homme.
Sur ce mot
participation
et peut-être
pourra-t-on
y revenir,
j'aimerais citer
le travail,
la grille
d'analyse
que propose
la philosophe
Joëlle Zask
qui, au fond,
définit
trois modalités
de la participation.
Elle dit
qu'on peut
prendre part,
par exemple,
prendre part
à un spectacle.
C'est une première
modalité.
Deuxième modalité,
on peut apporter
sa part
dans le cas,
par exemple,
de projets
de création
partagés,
comme il s'en
développe
ici ou là.
Et puis,
troisième modalité,
c'est recevoir
sa part,
cette réciprocité.
Peut-être,
Noé,
pourra-t-on
revenir
sur cette grille
d'analyse
et au regard
du projet
Wikipédia.
Sixième
droit,
l'éducation
et la formation.
Et puis,
septième,
l'information
et la communication.
Enfin,
le huitième
et dernier,
mais not least,
comme dit l'autre,
la coopération.
Donc,
participer
au développement
de coopérations
culturelles
et notamment,
non seulement
à l'activité même,
mais à l'élaboration
des choses
qui concernent
la vie culturelle
de toutes les personnes.
Voilà
ce qu'on peut dire
de façon
un peu
synthétique
de ces droits
culturels.
Évidemment
que
ça déplace,
comme on peut le voir,
de façon
assez forte
le curseur
en ce qui concerne,
par exemple,
les politiques publiques
où on a
traditionnellement
dans les pays
occidentaux
et notamment
en France,
on a mis
l'accent
plutôt sur
les œuvres.
Quand on parle
musée,
l'important
dans les musées,
c'est les collections.
Quand on parle
bibliothèque,
peut-être
que
sur cette bibliothèque,
son patrimoine
littéraire
est particulièrement
important.
Mais les bibliothèques,
c'est déjà
un cas
un peu spécial
dans les équipements
culturels.
Mais en tout cas,
quand on est
dans un équipement
de spectacle vivant,
ce qu'on met
au centre,
c'est l'œuvre,
c'est le spectacle,
etc.
Avec la notion
de droit culturel,
c'est la personne
qu'on met au centre,
la personne
et les valeurs humaines.
Donc,
c'est un premier
pas de côté,
j'ai envie de dire.
Deuxième pas de côté,
c'est peut-être
le déplacement
de la notion
d'expertise
où on prend
davantage en compte
et ça peut être
intéressant
pour notre échange,
l'expertise
de l'amateur.
L'amateur
qui n'est pas
entendu
comme
un professionnel
raté,
mais comme
quelqu'un
étymologiquement
qui aime
et qui peut avoir
une expertise
utile
à la collectivité.
Et peut-être
une troisième
conséquence,
c'est l'idée
qu'on ne peut plus
opposer
une culture
savante
et une culture
populaire,
etc.
On rejoint un peu
les travaux
des anthropologues
pour lesquels
toute culture
est savante.
Tout être humain
développe
un arsenal
de références
et de compétences
telles
que toutes ces cultures
sont savantes.
et pour terminer
juste une chose
peut-être aussi
qui est importante
par rapport
à notre échange,
c'est dire
que
désormais,
si on prend
la grille,
les lunettes
droits culturels,
on approche
plutôt
les questions
d'accès
non pas
à la culture
puisque
où
toute personne,
tout être humain
est forcément
un être de culture,
mais l'accès
à l'offre culturelle,
l'accès
aux références
culturelles,
cet accès
est pensé
moins en termes
de besoins
qu'en termes
de capacités,
de potentialités.
Et j'aime beaucoup
citer
les propos
d'un poète
et metteur en scène
qui, hélas,
nous a quittés
il y a quelques années,
Jean Bojko,
l'inventeur
du théâtre
éprouvette
dans le Morvan,
qui disait
que tout être humain
est d'abord
riche
de ce qui le constitue
comme un être
sensible
et pensant
avant d'être
pauvre
de ce qui lui manque.
Et dès lors
qu'on a
cette grille-là,
on peut penser
que
dans la mise
en œuvre
d'un projet
culturel,
il y a
d'abord
l'idée
que la personne
est une ressource
pour la collectivité.
Et là,
je crois
qu'on rejoint
effectivement
assez fortement
le projet Wikipédia.
Oui,
très merci Michel
pour tes explications.
Effectivement,
l'homme
en tant que ressource
est aussi
au cœur
de notre discussion
ce soir.
Je vais reprendre
à la fin
des années 90
avec une partie
un peu historique
que je vais essayer
de faire un peu courte
mais qui est
moins enthousiasmante
au début
puisque ça commence
avec une entreprise
avec un chef d'entreprise
aux Etats-Unis
qui s'appelle
Jimmy Wales
qui a une entreprise
qui s'appelle
Bomis
qui lance en 96
et qui a un site internet
du début d'internet
de petites annonces
où les gens
pouvaient s'échanger
des informations
ou des photos
incluant des photos
érotiques.
C'était la base
de son modèle économique
et il s'est dit
on va essayer
de lancer
un nouvel ouvrage
à diffusion
du grand public
maintenant qu'on a
internet
cette géniale invention
internet qui était
encore très peu diffusée
à l'époque
on est vraiment
au tournant des années 2000
et en mars 2000
il lance
Nupedia
qui est une encyclopédie
en ligne
qui fonctionne
un peu comme
le modèle traditionnel
avec des gens
qui étaient contactés
à qui on demandait
d'écrire des textes
et ensuite
il y a un comité
de relecture
et c'était validé
donc il y avait
un rôle de comité
éditorial très fort
mais ça avançait
très lentement
et en janvier 2001
donc un peu moins
d'un an après
son complice
au sein de l'entreprise
qui est le développeur
du site
lui dit
mais on va essayer
de mettre en place
à côté un bac à sable
qui va permettre
à tout le monde
de co-écrire des articles
et on va voir
si ça prend
s'ils sont assez bons
le comité de relecture
les validera
et puis ça intégrera
Nupedia
et donc ils ont lancé
Wikipédia
avec un outil technique
qui était le début
du web 2.0
qui était un outil
qui permettait de modifier
une page web
directement en ligne
donc on pouvait
dès ce moment là
ne pas passer par
des outils techniques
mais directement
modifier la page
ce qui était
un changement
dans ce qu'était
internet
à ce moment là
et ça a bien marché
puisqu'à la fin
de la même année
il y avait déjà
20 000 articles
sur Wikipédia
et ils se sont dit
ça a l'air de mieux
marcher que Nupedia
mais du coup
les deux ont coexisté
pendant un moment
puis au bout d'un moment
Nupedia s'est arrêté
mais en fait
dès le mois de mai 2001
donc ça a commencé
en janvier
je disais
dès le mois de mai
il y a eu d'autres versions
qui sont d'autres ouvrages
qui ont commencé
à émerger
à côté du Wikipédia
en anglais
notamment le Wikipédia
rédigé en langue française
donc celui
que vous connaissez
sans doute le mieux
et puis
dès l'année suivante
ils ont créé
d'autres étagères
avec d'autres ouvrages
ou alors
ce qu'on appelle
nous le Wikiverse
donc l'univers
des projets wiki
qui sont lancés
à ce moment là
avec le Wiktionnaire
puis ensuite
d'autres
qui ont créé
de nouvelles étagères
petit à petit
on a une douzaine
ou une quinzaine
aujourd'hui
selon si on compte
les ouvrages
de contenu
et on inclut
ou non
les outils techniques
et en 2003
ça commençait
à devenir compliqué
de porter ça
par une entreprise
aux Etats-Unis
alors que ça prenait
de l'ampleur
au niveau international
et donc le fondateur
Jimbo
là Jimmy Wales
a décidé de mettre
soutenir la mise en place
d'une fondation
dont il est devenu
président
puis président d'honneur
et la première présidente
a été une française
Florence Devouard
ce qui a ouvert
à l'international
tout de suite
le projet Wikipédia
et les projets wiki
dans leur ensemble
et assez vite
il y a des groupes locaux
qui se sont établis
comme associations
puisque là
c'était une fondation
de droit américain
donc en France
ça a été Wikimedia France
qui a commencé en 2004
donc assez vite
et qui depuis
a grossi en taille
mais est resté
une petite association
aujourd'hui
c'est 350 membres
donc ça reste
modeste
par rapport à l'ensemble
des personnes
qui participent
à ce qu'est Wikipédia
et je vais continuer
sur les groupes
et puis je reviendrai
après sur les sites
internet
donc en 2004
c'est le début
des groupes locaux
qu'on appelle
des chapitres
en reprenant
une terminologie religieuse
mais peu importe
donc c'est des groupes locaux
des associations
avec des statuts différents
puis des groupes thématiques
et au bout d'un moment
ils décident de se fédérer
et en fait
là on est déjà
en 2021
avec WikiFranca
qui est une fédération
des chapitres
des groupes
de langue française
puisqu'il y a des pays
dans le monde
dans lesquels Wikipédia
est consultée
mais dans lesquels
les gens ont moins
de ressources financières
pour organiser
des événements
pour collecter
de l'information
et donc se met en place
un réseau francophone
et encore plus récemment
il y a le développement
de groupes
à l'échelle géopolitique
donc il y a Wikimedia Europe
qui s'est mis en place
pour entrer dans des actions
de lobbying politique
au niveau de l'Union Européenne
notamment
et il y a des possibilités
aussi de regrouper
des personnes
pour qu'elles se réunissent
non pas avec une réunion
nationale annuelle
qui est très coûteuse
en énergie
et en temps pour tout le monde
mais avec des rassemblements
d'échelle plus réduite
donc ça c'est l'organisation
la structure des gens
et donc dans les projets
ce qui est un échelon
très important
je ne vais pas tous
les développer maintenant
mais c'est en 2012
Wikidata
qui est une base
de connaissances
sur le monde
qui va relier
des connaissances
entre elles
et qui va servir
à connecter entre elles
les différents Wikipédias
qui va nourrir
en information
l'ensemble des sites
et va permettre
de faciliter
la traduction
ensuite
pour traduire
des pages
de Wikipédia
de l'anglais
vers le français
ou du français
vers l'anglais
ou d'autres langues
et ça a été lancé
au début
personne n'y croyait trop
un peu comme Wikipédia
et aujourd'hui
c'est la base
de tout le web sémantique
donc c'est un nœud
important de l'internet
au même titre
que Wikipédia
donc aujourd'hui
la Wikimedia Foundation
et les projets Wiki
la face visible
c'est surtout Wikipédia
mais en fait
dessous
il y a d'autres sites
sur Wikipédia
en particulier
j'essaye de l'appeler
ouvrage
pour ne pas l'utiliser
le mot projet
parce qu'il m'agace
dans le milieu
les gens parlent
d'un projet
ils parlent toujours
de projet
mais en fait
c'est un concept
qui est important
parce que c'est un ouvrage
qui n'est pas terminé
et qui ne le sera jamais
et sa définition même
à Wikipédia
c'est qu'il est
en constante évolution
vous consultez aujourd'hui
un Wikipédia différent
de celui qui sera demain
de celui qui l'a été
et Wikipédia
c'est dans sa définition
il y a cinq principes
fondamentaux
pour la Wikipédia
en français
qui est d'être
une encyclopédie
donc une somme
de connaissances
déjà établie
donc il n'y a pas
de travaux inédits
et on va plutôt
reprendre des connaissances
existantes
avec la difficulté
de ne pas réussir
à choper des connaissances
qui n'ont pas été
documentées ailleurs
ce qui peut être
une difficulté
on pourra en reparler
il y a dans les principes
fondamentaux
la neutralité
ou la recherche de neutralité
qui passe par
la mise en commun
des subjectivités
et l'objectif
de rédiger ensemble
avec la subjectivité
de tout le monde
et un aspect
très important
de cette neutralité
qui est la proportionnalité
et donc la représentation
des idées minoritaires
donc de ne pas être neutre
en mettant côte à côte
toutes les opinions
sur un sujet
ou toutes les analyses
sur un sujet
mais en créant
une méta-analyse
qui met en rapport
ces différentes analyses
à proportion
de leur importance
dans la société
ce qui est le travail
de recherche de neutralité
de Wikipédia
dans ces principes
fondamentaux
il y a le principe
de respect du droit
d'auteur
et de publication
sous licence libre
ce qui permet
le réusage
de son contenu
ou de ses données
pour Wikidata
par autrui
avec l'obligation
de le remettre
sous la même forme
pour Wikipédia
mais ça permet
la publication
d'ouvrages
qui prennent
des contenus
de Wikipédia
et ça favorise
la circulation
des connaissances
très largement
dans les principes
fondamentaux
il m'en reste deux
l'avant dernier
c'est que c'est
un projet collaboratif
avec des règles
de vie en communauté
et qui pendant longtemps
ont été assez chaotiques
parce que l'entrepreneur
à la base de ça
n'était pas dans une vision
humaniste
mais plutôt libertarienne
avec un principe
que chaque communauté
va mettre en place
une gouvernance
pour sa ressource
pour créer un commun
de la connaissance
ça a été conceptualisé
ensuite
mais c'est ça l'objectif
et cette gouvernance
par le bas
elle va se mettre en place
avec des règles
de bonne conduite
établies au fil du temps
par la communauté
donc il n'y a pas
de cadre moral initial
mais une mise en place
progressive
lente
avec des allers-retours
des chaos
des situations conflictuelles
au fil de l'histoire
et aujourd'hui
une ambition
de mettre en place
un code de conduite
universel
mis en place
par l'hébergeur
par la Wikimedia Foundation
et partagé
par l'ensemble
de la communauté
c'est un gros chantier
en cours
mais qui permet
de rêver
d'un projet collaboratif
ensemble
et le cinquième pilier
c'est qu'il n'y a pas
d'autres règles
c'est à dire
qu'au delà
de ces quatre grands principes
tout est négociable
et à tout moment
on peut revenir
sur les lois
qui ont été fixées
ensemble
par la communauté
dans les derniers principes
enfin au delà
des principes
un des aspects importants
de ce site internet
qui est devenu
un des plus gros
sites internet
un des plus consultés
au monde
c'est son financement
que je suis obligé
d'aborder dans sa définition
donc c'est une fondation
qui est nourrie
par des dons
la plupart des dons
sont par le grand public
par le lectorat
de Wikipédia
et des projets collaboratifs
qui y sont autour
il y a des dons
d'entreprises
sous la forme financière
ou de prêts
d'employés
mais le don moyen
est autour de 20 dollars
donc c'est principalement
des petits dons
qui font que Wikipédia
conserve son indépendance
avec des questionnements
de est-ce qu'un don majeur
d'une entreprise
va orienter le contenu vers ça
quand Wikidata est né
il y a eu un don
de la part de Google
d'une partie des données
d'un site similaire
qui possédait jusque là
ce qui a amené
une facette de Wikidata
initiale
venant d'une entreprise
il y a des mouvements
de personnes
entre les salariés
de Google
et les salariés
de la Wikimedia Foundation
mais pour autant
aussi bien au niveau
de la fondation
au niveau international
qu'au niveau
des groupes locaux
ou des groupes
organisés comme associations
il y a des ambitions
de gouvernance
similaires au principe
des projets
qui amènent à ce que
ce soit globalement
organisé
avec un contrôle citoyen
et que ce soit
des projets
qui
j'emploie pas le terme citoyen
dans le sens citoyenneté
d'état
mais dans le sens
des valeurs
qu'on associe
au mot citoyen
et peut-être qu'on va
revenir sur ce concept là
et ça permet
tout ça
ce financement là
je finirai là dessus
pour cette introduction
à ce que Wikipédia
et tous ses sites
demeurent gratuits
sans publicité
ni captation
de données personnelles
ce qui est assez extraordinaire
dans l'internet
qu'on connait aujourd'hui
où c'est un des seuls
dans le top 30
des sites internet
à être dans cette situation là
et à offrir au monde
toute cette connaissance là
et à permettre
au plus grand nombre
d'y participer
merci
on a peut-être encore
une petite chose à voir
c'est
peut-être
le fait
de lutter
contre certaines idées reçues
malgré
la clarté
et les précisions
que vous avez données
dans vos deux définitions
et le contexte historique
dans lesquelles
les droits culturels
ont émergé
mais aussi
Wikipédia
on sait bien
que
des bonnes actions
peuvent parfois
entraîner
de mauvaises pratiques
aussi bien sur Wikipédia
mais dans le fait
aussi de comprendre
et analyser
les droits culturels
donc si chaque concept
et pratique
peuvent être détournés
à mauvais escient
il ne s'agit pas
pour autant
d'être la cible
de faux procès
alors
on va désamorcer
quelques clichés
en donnant peut-être
un exemple
ou deux
mais pas trop long
pour souligner
l'importance
des fondements
qui revendiquent
la dignité
des personnes
aussi bien
au sein
des droits culturels
que des pratiques
en cours
au sein
de l'encyclopédie
Wikipédia
Noé
je te laisse
prendre la parole
merci
je finissais
par la contribution
du plus grand nombre
le slogan affiché
sur Wikipédia
c'est tout le monde
peut contribuer
tout le monde
peut modifier
le contenu
ce qui est plus vrai
puisqu'il y a des gens
qui par leur comportement
ont retrouvé
à être bloqués
en écriture
sur le site
ce qui ne les empêche pas
de le consulter
mais du coup
tout le monde
peut participer
dans l'idéal
mais en fait
pas exactement
les gens peuvent
tout le monde
peut contribuer
sans compte
et dans ce cas là
sera davantage surveillé
ou créer un compte
ce qui est gratuit
et intégrer le contributorat
qui forme une masse
de personnes
qui sont sous le couvert
du pseudonymat
donc qui ont un compte
anonyme
mais
toutes leurs contributions
seront visibles
donc vous pouvez aller voir
sur une page
qui a participé
à cette page
et pour chaque personne
aller voir
l'ensemble de leurs contributions
l'ensemble des pages
qui ont été modifiées
par ces comptes utilisateurs
et donc tout est traçable
tout est consultable
tout est transparent
et il y a des personnes
qui vont s'impliquer
dans ce contrôle collectif
et dont leurs actions
seront aussi tracées
ce qu'on appelle
la patrouille
ou la lutte contre le vandalisme
avec des rôles
de technique
d'administration
de protection de pages
ça va être fait
par des personnes
qui font partie
de la communauté
et dont toutes les actions
vont être surveillées
ça c'est un aspect important
mais du coup
on a parlé au début
d'individus
et de collectivités
et en fait
les gens qui contribuaient
Wikipédia au début
c'était des gens
qui venaient avec leur lubie
leur centre d'intérêt spécifique
leur niche
leurs expertises
on peut l'appeler
de manière plus ou moins polie
la manière dont ils voulaient participer
et beaucoup étaient en fait
dans une approche
qui était collaborative
par défaut
mais qui était très individuelle
puisqu'ils venaient
avec ce qu'ils faisaient
et encore aujourd'hui
beaucoup de gens
vont avoir un rapport
de contribution à Wikipédia
qui va être solitaire
et vont pas forcément
s'inscrire dans des dynamiques
collectives
mais leurs contributions
vont être transformées
enrichies
modifiées par d'autres
et puis il va y avoir
des interactions
et des demandes d'aide
et ce qui va faire
le côté collectif
c'est la formation par les pairs
la montée en compétences
collectives
et l'expertise au final
à la rédaction encyclopédique
elle naît de la pratique
et de cette communauté
qui va permettre
d'accompagner
cette mobilisation
à la création
d'une encyclopédie
ou d'un dictionnaire
pour la partie dictionnaire
ou d'une bibliothèque collective
selon les projets
et les gens qui viennent
vont arriver aussi
avec parfois
un lien d'intérêt
avec le sujet
qu'ils amènent
donc ça c'est plutôt
dans les critiques
qui sont faites
si une personne
est employée
par son entreprise
pour modifier
la page de son entreprise
ou habite dans un village
et modifie la page
de son village
ou prend une photo
d'un artiste en particulier
parce que cet artiste là
lui plaît énormément
ça va influencer
le contenu global
et ça va être
parfois plus difficile
de se rendre compte
de ces modifications là
et les gens
qui participent
à veiller
à ce que les actions
d'enrichissement
ne soient pas
à intention publicitaire
ou à détournement
sont peu nombreuses
donc ça arrive
il y a des contenus
de Wikipédia
qui sont moins surveillés
que d'autres
il y a des idées politiques
qui sont moins connues
et donc les gens
sont moins attentifs
si vous allez voir
sur la terre plate
vous verrez
qu'il y a une veille
constante sur la page
qui permet
de conserver une proportion
sur le sujet
ce qui n'empêche pas
qu'il y ait un point de vue
qui sera défendu
principalement
qui est un point de vue
censément majoritaire
mais qui pourrait être
biaisé quand même
cette proportion
elle est toujours délicate
elle est toujours négociée
et elle est toujours délicate
puisqu'elle dépend
des sources
qu'on va avoir
à notre disposition
et parfois
les seuls écrits
qu'on va avoir
sur une pensée
un peu ésotérique
qu'on pourrait de loin
penser être émanant
d'un gourou
ça va être les textes
émanant de ce gourou
ou de ses adeptes
et donc il va être
très difficile
de montrer
quelle place ça a
dans le débat public
quand personne n'en a parlé
tellement il est obscur
et donc ça va être difficile
d'apporter une critique
basée sur les sources
ça va être aussi
très délicat
quand on va parler
de sujets liés
à des traditions orales
pour lesquels
on a moins d'écrits
qui nous permettent
de se baser dessus
donc quand on parle
de sujets en France
ça va
quand on parle
de sujets ailleurs
c'est déjà plus compliqué
puisqu'on n'aura pas
forcément accès aux documents
où ces documents
n'existent pas
donc ça va être
très difficile
et enfin
sur l'aspect éthique
je voulais mentionner
un aspect
qui est né
avec internet
et avec le côté
mass-média
c'est que quand une célébrité
demande à ce qu'on ne sache pas
où est sa maison
luxueuse
tout le monde
apprend où elle est
puisque c'est le fait
de cacher l'existence
de quelque chose
va attirer
une réaction
en retour
et pour Wikipédia
il y a un cas très célèbre
avec des militaires
qui sont venus
chez le président
de l'association Wikimedia France
un matin
pour lui demander
son disque dur
puisque la page Wikipédia
parlait d'une base militaire secrète
dont ils avaient parlé
dans un reportage vidéo
produit par l'armée
donc au moment
où ça a été su
beaucoup d'autres Wikipédiens
et de personnes
qui ne résidant pas en France
ont copié le contenu
de cette page
et l'ont multiplié
dans de très nombreuses langues
pour faire savoir
qu'il était difficile
de censurer Wikipédia
et finalement
la personne n'a pas été
plus inquiétée que ça
mais ça a montré
que la réponse
pouvait être collective
et dans le cas du secret
on peut arriver
à ce que
les pressions politiques
ou institutionnelles
soient limitées
mais il y a par ailleurs
des célébrités
qui demandent
à ce que leur âge
ne soit pas indiqué
il y a un cas aussi
que je trouve intéressant
c'est un gang
de braqueurs de banques
suisses
où ils ont évité
le service militaire
donc ils ont été en prison
ils se sont formés
à braquer des bureaux de poste
ils ont été arrêtés
ils ont eu des procès
ils étaient 3 ou 4
je ne sais plus
entre 12 et 14 ans de prison
tous sont sortis de prison
et petit à petit
tous ont demandés
à ce que leur nom
soit effacé
de la page Wikipédia
qui les concerne
parce qu'ils sont devenus
d'autres personnes
dans la vie
et aujourd'hui
il n'y a pas leur nom
je ne mentionnerai pas
le nom du gang
pour pas que vous alliez
chercher d'informations
sur eux
il y en a un
qui a publié un bouquin
donc en vrai
on peut retrouver
facilement son nom
mais ils ont une demande
de droit à l'oubli
sur Wikipédia
qui est de dire
on a eu une vie
qui est celle-là
de grand banditisme
avec des faits
qui ont défrayé
la chronique en Suisse
ils ont traversé
le lac de Lausanne
en jet ski
après avoir braqué
un bureau de poste
donc les médias
en ont beaucoup parlé
à l'époque
mais aujourd'hui
on demande à être oublié
est-ce qu'il faut respecter
cette question-là
donc tout ça
c'est des débats
qui vont être constamment
abordés dans Wikipédia
et les questions
de l'identité
aussi pour des personnes
qui dans leur vie
vont choisir
de changer d'identité
changer de prénom
ou changer d'identité de genre
et souhaiter
que leur identité
passée ne figure pas
ça va entraîner
des débats
et des discussions
qui vont parfois
être complexes
parfois prendre du temps
et se faire
en incluant ou non
les personnes concernées
selon les débats
en tout cas
il y a ces débats-là
et vous pouvez y accéder
puisque tous ces débats
sont publics
et sont sur les pages
de discussion
associées aux pages
de contenu
Merci
Juste avant
d'évoquer
quelques griefs
qu'on porte
assez volontiers
sur la notion
de droit culturel
juste pour dire
ce que vient de dire
Noé à l'instant
tu parlais de débats
etc
les droits culturels
c'est aussi
quelque chose
qui nécessite
dans la réflexion
l'élaboration
la mise en oeuvre
des actions
ça nécessite
un temps
de négociation
de discussion
de travail coopératif
et du coup
ça a permis
à Jean-Michel Lucas
que j'ai d'ailleurs
eu l'occasion
de voir
dans cette salle
sur ce même endroit
Jean-Michel Lucas
a écrit un livre
qui s'appelle
Culture et développement durable
c'est le titre
je pense
souhaité par l'éditeur
mais dont le sous-titre
et qui est le vrai titre
à mon avis
c'est
Il est temps
d'organiser la palabre
ben oui
voilà
c'est la question
de la palabre
et je crois
que dans Wikipédia
il y a ça
alors quel grief
on fait souvent
aux gens
qui s'efforcent
de rendre effectifs
les droits culturels
des personnes
il y a celui
du communautarisme
par exemple
en disant
vous parlez
de communauté culturelle
vous parlez
d'identité culturelle
donc vous fabriquez
des communautés
et donc en France
quand on emploie
ce mot là
c'est tout de suite
l'atteinte
à la République
une et indivisible
comme chacun sait
en réalité
quand on regarde
la déclaration
de Fribourg
et qu'on l'analyse
chaque personne
a le droit
de se référer
ou non
à des références
culturelles
et à se référer
ou non
à une communauté
culturelle
ou à plusieurs
et a le droit
de modifier
ce choix
donc je crois
que c'est
ce grief
tombe assez
facilement
parce que
non justement
c'est un texte
qui place
la personne
au centre
et la personne
comme sujet
de sa propre vie
et donc
qui a le droit
de se choisir
les références culturelles
de son choix
attention
évidemment
les droits culturels
font partie
de l'ensemble
des droits humains
et à ce titre
comme tous les autres droits
ils sont à la fois
universels
ils concernent
l'absolue
totalité
de l'humanité
ils sont
indivisibles
on ne peut pas dire
je prends le droit
à la communauté
mais pas celui
au patrimoine
et ils sont
interdépendants
non seulement
entre eux
les huit droits
culturels
mais aussi
les droits culturels
avec les autres droits
que ce soit
le droit à la santé
au travail
les droits civils
et politiques
etc.
voilà
on fait souvent aussi
on entend souvent
l'argument
ah mais
la mise en oeuvre
des droits culturels
ça aboutit
à un nivellement
tout se vaut
et n'importe quel
gamin
qui écrit
dans un atelier
d'écriture
vaut Rimbaud
alors déjà
on peut dire
s'il y a
recherche
d'exigence
dans l'écriture
oui
n'importe quel
travail
d'un gamin
dans un atelier
d'écriture
vaut Rimbaud
en dignité
après
qu'il y ait
des débats
sur la valeur
de tel ou tel texte
de telle ou telle
production artistique
etc.
c'est une autre question
encore une fois
ce qui est central
c'est la question
de la dignité
après
il y a aussi
l'idée
que
comment
traiter
la question
de
la liberté
de chacun
de se référer
dès lors
qu'il n'a pas
forcément
il ou elle
n'a pas forcément
connaissance
de ses différentes
références
culturelles
et bien
là
le philosophe
Patrice
Meyer-Bisch
aime bien
parler lui
de liberté
instruite
et c'est là
où le lien
avec Wikipédia
peut être intéressant
on peut
avoir
telle ou telle
opinion
sur tel ou tel
sujet
à la condition
d'avoir
l'information
et c'est pourquoi
les informations
les données
importantes
sont fiables
et c'est pourquoi
le droit
à l'information
est un des droits
culturels
et Dieu sait
que par les temps
qui courent
c'est un droit
important
Merci Michel
donc cela
nous amène
à la question
suivante
on va pouvoir
évoquer
les leviers
dont disposent
les institutions
culturelles
et plus particulièrement
peut-être
les bibliothèques
comme nous sommes
accueillis
par la bibliothèque
pour améliorer
l'autonomie
des usagers
les accompagner
dans leur pratique
ou encore
favoriser
la diversité
et renforcer
la pensée critique
et peut-être
une fois
n'est pas coutume
mais pour
commencer
à donner
des éléments
de réponse
sur ce troisième
point
je vais garder
la parole
quelques instants
donc
pour commencer
je vais peut-être
enfoncer
des portes ouvertes
mais j'aimerais rappeler
et puis il est
communément admis
déjà depuis
plusieurs années
que les bibliothèques
sont des lieux
ouverts
qui ont su
évoluer
et s'adapter
aux besoins
et aux demandes
des publics
toujours en évolution
jamais figés
ce sont
vraiment des lieux
refuges
identifiés comme tels
mais aussi des lieux
d'expérimentation
à la croisée
de différents champs
on peut évoquer
le champ social
mais aussi
culturel
ou éducatif
par leurs actions
de médiation
elles arrivent
à créer
les conditions
d'une relation
entre une collection
et un public
entre des modes
d'expression
et des outils nouveaux
elles favorisent
l'accès
au contenu
culturel
leur partage
et
elles incitent
aussi
à la participation
de là
je pense
des formes
de reconnaissance
émergent
alors si la satisfaction
des publics
en est une
une autre
peut-être aussi
la reconnaissance
du travail
mené par nos pairs
et là
je vais revenir
sur un point
que j'ai abordé
lors de l'introduction
donc c'est
l'obtention
en avril 2023
du Label
Culture libre
donc délivré
par l'association
Wikimedia France
ce label
évalue par
l'or
l'argent
ou le bronze
l'action
des institutions
culturelles
qui s'investissent
dans la mise
en oeuvre
de politique
numérique
libre
et accessible
à tous
engagée
depuis longtemps
en faveur
d'un patrimoine
ouvert
et participatif
la bibliothèque
municipale
de Lyon
a candidaté
via Numelyo
sa bibliothèque
numérique
en avril
pour le bronze
et a obtenu
l'argent
donc
une petite reconnaissance
en fait
c'est qu'avant même
la naissance
de ce label
les choix
qui ont été
opérés
par la bibliothèque
tendent
en faveur
de l'ouverture
des données
on pourrait
évoquer
les différentes
campagnes
de numérisation
qui ont amené
à la création
d'une bibliothèque
numérique
patrimoniale
en 2012
avec l'adoption
de licences
ouvertes
licences
étalables
pour ces documents
anciens
mais aussi
de nombreuses
actions
en faveur
de l'accompagnement
ou du soutien
à des
ateliers
numériques
collaboratifs
ou encore
la valorisation
en présentiel
comme en distanciel
de nos contenus
afin de donner plus
de visibilité
au patrimoine
alors parfois
même jusqu'à
le détourner
le tordre
pour le rendre
presque préhensible
et le placer
sur le chemin
des publics
donc toutes ces actions
à travers
des partenariats
des apprentissages
qui donnent accès
à la maîtrise
de nouveaux outils
ont mené
en tout cas
je l'espère
en tout cas
je veux y croire
à favoriser
la construction
de ponts
entre les patrimoines
et les publics
plutôt que de murs
parce que pour nous
je crois qu'il ne s'agit
pas uniquement
de lutter
contre
les différences
d'accès
au numérique
mais d'aller
un peu plus loin
en proposant
de nouvelles pratiques
qu'elles soient
professionnelles
à matrice
mais aussi
alternatives
régionales
ou minoritaires
bon on ne va pas
se mentir
même si la réalité
du quotidien
nous rappelle
souvent à la modestie
les politiques
culturelles
disons-le
à défaut de changer
la vie
dans ces grandes
contraintes
économiques
environnementales
contribuent
je le pense
en tout cas
à la rendre
plus agréable
et notamment
en offrant
la possibilité
de participer
à une culture
partagée
fruit d'un partenariat
d'une action
qu'on construit
entre personnes
désireuses
d'avancer
que l'on retrouve
notamment
dans les droits
culturels
mais à mon sens
aussi
dans les fondements
dans les principes
de l'organisation
de l'inventaire
des savoirs
puisque je pense
que pour moi
Wikipédia
est plus qu'une encyclopédie
mais c'est
un inventaire
des savoirs
puisque comme tu l'as dit
elle est toujours
en work in progress
donc on retrouve
tout ça
dans la manière
dont elle développe
et dont elle propose
et dont elle développe
le projet
je vais peut-être
te laisser rebondir
là-dessus
quand on s'est vus
pour préparer
ce sujet
en fait
j'étais ravi
de découvrir
le droit culturel
que je connaissais mal
et c'était
en fait
plus on en discutait
plus on se rendait compte
des convergences
qu'il y avait
entre les deux sujets
qu'on vous a peu exposé
jusque là
parce qu'il fallait
un temps d'explication
de ce dont on va parler
ce soir
mais en fait
le rapport aux institutions
c'est vraiment
un des points communs
et il y a eu
un rapport
aux institutions
qui a évolué
de part et d'autre
de manière assez similaire
et je vais donner
quelques exemples
mais en fait
on a un peu
quatre grandes périodes
avec une première période
où des gens
un peu isolés
font des trucs
dans leur coin
et vont squatter
les institutions
ou s'y installer
frapper à la porte
échanger de manière informelle
donc pour nous
ça a été venir
contribuer à Wikipédia
avec les ressources
de la bibliothèque
après on arrive
à obtenir éventuellement
un partenariat ponctuel
et on fait
une conférence
ou un atelier
à un moment
puisqu'on arrive
à ce qu'ils soient
d'accord pour nous accueillir
pour un événement
on a fait ça à Lyon
pendant des années
avec très peu de monde
qui venait
mais on a bataillé
puis des fois ça marche
et après l'étape d'après
la période suivante
c'est la période
où c'est plus
les Wikimédiens
Wikimédiens
qui demandent
à faire un atelier
mais l'institution
qui se dit
en fait on va le mettre
dans notre planning régulier
on va faire nous-mêmes
une action
dans ce sens-là
et on sait
qu'ils viendront
parce qu'ils sont sympas
et ils continuent à venir
d'ailleurs même
en faisant une conférence
ils viennent
ils sont au premier rang
mais sinon
on aura peut-être
d'autres publics
qui sont nos publics
habituels
et qu'on est en mesure
de former
et d'accompagner nous-mêmes
puisque l'institution
a la force pour le faire
et la dernière étape
celle dans laquelle
on est en ce moment
dans certaines institutions
c'est des alliances
qui sont durables
avec des personnes
qui se connaissent
depuis des années
et qui se côtoient
dans plein de cercles
professionnels
ou moins professionnels
mais qui sont liées
au partage de connaissances
à la médiation
à la vulgarisation
dans plein de
ce type de cadre
et en fait
des institutions
qui ont envie
que leurs agents
soient formés
de manière professionnelle
et donc vont avoir
un budget pour ça
vont inscrire
dans les fiches de poste
de leurs équipes
des missions
en lien avec les projets
Wiki
notamment
je ne peux pas donner
l'exemple ici
je te laisserai
si tu veux préciser
mais
la bibliothèque nationale
au Québec
il y a une personne
dont la mission
est d'animer
la communauté
sur Wikisource
pour numériser
des livres
de patrimoine littéraire
de littérature québécoise
donc c'est sa mission
c'est son travail
et par ailleurs
des institutions
vont accueillir
des personnes
qui vont être en résidence
comme des artistes
en résidence
il y a eu des Wikimédiens
Wikimédiens en résidence
et historiquement
ça avait été
la bibliothèque du Louvre
je comprends à chaque fois
non c'est pas le Louvre
c'est Versailles
la bibliothèque de Versailles
merci
qui a accueilli
un Wikimédien en résidence
il y a une douzaine d'années
plus récemment
l'université Lyon 3
puisque moi j'ai mis en place ça
et eu un co-financement
du ministère de la culture
et de Wikimédia France
pour accueillir
un Wikimédia en résidence
pour travailler sur le dictionnaire
des francophones
et sur le dictionnaire
et encore plus récemment
le ministère
de l'enseignement supérieur
a mis en place
un partenariat
avec les IRFIS
donc c'est des instituts
de formation
à la recherche
j'ai jamais la fin du sigle
information scientifique
et technique
merci
depuis deux ans et demi
en gros il y a un partenariat
avec Wikimédia France
mais c'est les IRFIS
qui vont recruter
des Wikimédiens en résidence
Wikimédiens en résidence
il y a eu une première vague
avec trois villes
une deuxième vague
avec trois villes
dont Lyon
et le Wikimédien en résidence
est là
merci
on te laissera peut-être la parole
si tu veux présenter
tes actions à la fin
mais en tout cas
on a ce type de nouveaux profils
qui sont plus seulement
des contacts chouettes
ou des événements ponctuels
et plus seulement
des gens qu'on a réussi
à convaincre
avec notre petite main
dans les institutions
mais vraiment des institutions
qui accueillent en leur sein
des personnes actives
sur nos dynamiques
là je parlais côté wiki
tu pourras préciser
de ton côté
mais là dans les institutions
en fait on a ce type
de lien depuis des années
avec des musées
avec des bibliothèques
des archives
des associations
avant les Wikimédiens en résidence
on a notamment été invités
de nombreuses fois
au musée
des beaux-arts de Lyon
sur leurs expositions temporaires
ils venaient
on couvrait l'exposition
en prenant les photos
qu'eux faisaient
pour les mettre en ligne
donc là on fait un travail
de médiation
et d'aide à la mise en ligne
mais un des événements
qui avait été le plus marquant
pour moi
c'était avec les Hospices Civils
de Lyon
où leur musée
de la santé
a été fermé
puis transformé
en galerie commerciale
et ils avaient des stocks
dans des cartons
et ils avaient du mal
à les valoriser
ils ne savaient pas quoi en faire
ils nous ont sollicité
pour les accompagner là-dessus
pour mettre en ligne
énormément de leurs ressources
ils ont pris des stagiaires
pour faire ce travail-là aussi
et ce qui leur a permis
aujourd'hui
d'avoir un partenariat
avec le musée de Confluence
pour trois ans
pour mettre en avant
leur collection
prêter leur collection
à plusieurs endroits
et leur valorisation
faire savoir
aux autres institutions
et au grand public
le contenu de leur collection
et passer par les projets Wiki
donc ils ont eu
besoin de nous
à ce moment-là
besoin des projets Wiki
et nous en tant que personnes
pour les accompagner
et ça
ça a été vraiment
un des exemples
pour moi
des beaux partenariats
qui ont marché à Lyon
je parle beaucoup
des projets Wiki
mais pour élargir un peu
à d'autres projets
OpenStreetMap
qui est un outil
de cartographie collaborative
est en lien
depuis des années
avec l'Institut
je n'ai jamais le signe
non plus
avec l'IGN
l'Institut de Géographie Nationale
qui ont un partenariat
et un projet commun
maintenant
donc ils mettent en commun
vraiment leurs travaux
et puis pour d'autres projets
collaboratifs
c'est plus ponctuel
donc Vikidia
ça va être la Wikipédia
pour les jeunes
qui n'est pas hébergée
par la Wikimedia Foundation
qui est une association
va faire des partenariats
avec des établissements scolaires
plutôt
et donc un autre type
d'institution
qui est le monde éducatif
directement
on le dit
comme des ados
pour la partie dictionnaire
collaboratif
va être dans des BDI
ou CDI
donc bibliothèque
d'établissement scolaire
ou des ressources numériques
liées au système éducatif
voilà un peu côté Vikidia
et les partenariats
si tu veux continuer
de ton côté
faire le parallèle
le parallèle
il est vraiment intéressant
tu évoquais
ces convergences
que nous avons découvertes
il y a déjà
une convergence
qui est chronologique
au fond
c'est l'évolution
presque parallèle
de nos deux sujets
là
entre la fin
du 19ème
du 20ème siècle
et le début
du 21ème
il y a une autre chose
dans tes propos
là je relève
tu as parlé
de partenariat
mais tu as à un moment donné
parlé d'alliance
et là je trouve ça
cette notion
très intéressante
parce que
je crois qu'on peut dire
la même chose
en termes
sous le prisme
des droits culturels
c'est que
les gens
qui ont essayé
de développer
cette notion
au sein
de l'action culturelle
qu'elle soit portée
par la puissance publique
ou par la société civile
ça a commencé
effectivement
plutôt par des partenariats
et que
c'est progressivement
qu'on est allé
vers plutôt
des alliances
et moi j'aime bien
faire le distinguo
entre les deux
partenariat
au fond
on est dans
quelque chose
d'assez souvent
assez utilitaire
en fait
on a besoin
de telle ou telle
compétence
ou de tel ou tel
outil
et donc
on va établir
un partenariat
si on fait une alliance
c'est qu'on se retrouve
sur des valeurs communes
voilà
et je pense toujours
à quelqu'un
qui avait compris ça
très tôt
c'est pour le coup
19e siècle
c'est Jean Jaurès
c'était en 1900
dernière année
du 19e siècle
en 1900
il fait une conférence
sur
on pourrait dire
aujourd'hui
la politique culturelle
même si on ne parlait
pas de cela
à l'époque
et il termine
son propos
avec cette exclamation
formidable
Artistes
si vous le voulez
faisons alliance
et là
il ne s'agissait pas
de partenariat
alors
sur les droits culturels
oui
il y a beaucoup
de convergences
par exemple
les gens
qui ont développé ça
ont souvent été
d'abord
des acteurs
de la société civile
on va dire
des acteurs associatifs
beaucoup de gens
venant
de l'éducation populaire
plus ou moins formelles
c'est-à-dire
soit vraiment
au sein
de fédérations
etc
ou soit
dans la mouvance
de l'éducation populaire
même de façon informelle
sans être forcément
affilié
à telle ou telle
fédération
et puis
on a vu
peu à peu
effectivement
des institutions
essayer d'intégrer
cette notion
dans leurs propres projets
par exemple
leurs projets
scientifiques
et culturels
certains
bibliothèques
un musée
doivent aujourd'hui
mettre en oeuvre
un projet scientifique
et culturel
et on a vu
cette notion
pour certains musées
alors
il y en a un
qui est allé
assez loin
d'autant que
c'est un
dans le cadre
d'une commune
c'est la commune
de Saint-Denis
dans le 9-3
Saint-Denis
a mis en place
dans les
les années
le mandat
2014-2020
a mis en place
une politique
qui s'appuyait
sur cette notion
de droit culturel
et le musée
municipal
qui est un musée
d'histoire
et à Saint-Denis
c'est à la fois
une des villes
les plus multiculturelles
de France
mais c'est aussi
la ville
de la nécropole royale
une des villes
importantes
pour l'histoire
de l'ancien régime
et bien
le musée
d'histoire
a par exemple
mené un projet
avec des personnes
allophones
qui arrivaient
de toute la planète
ne parlant pas
le français
et il y a eu
une alliance
là pour le coup
entre le musée
et une structure
de français
langue étrangère
et une MJC
l'idée étant
déjà
de recevoir
les personnes
allophones
et de leur
montrer
le territoire
dionysien
comme on dit
de Saint-Denis
leur faire visiter
au fond
la commune
où les hasards
de la vie
les avaient menés
et ensuite
les amener
au musée
et leur demander
de choisir
dans les collections
qu'il y avait
dans ce musée
un objet
qui résonnait
particulièrement
à leurs yeux
et ensuite
avec leur
enseignante
de français
langue étrangère
tous ces gens
ont lu
ont découvert
ce que la communauté
scientifique
disait
de chacun
de ces objets
ont rédigé
une première partie
d'une petite notice
qu'ils ont
qu'ils ou elles
ont enrichi
de ce
à quoi
cet objet
leur faisait
penser
donc ça pouvait
être
quelque chose
de très
matériel
ah bah tiens
nous aussi
on a
j'ai vu
une fibule
pour
fermer
une toge
antique
et bien nous aussi
dans notre culture
nous avons
un système
analogue
pour
relier
deux morceaux
de textile
etc.
et ensuite
ils ont rédigé
un texte
rassemblant
à la fois
les informations
scientifiques
on va dire
et leurs
réactions
et puis
ils sont allés
l'enregistrer
dans
les locaux
de la MJC
et si vous allez
aujourd'hui
au musée
de Saint-Denis
vous avez
la possibilité
d'avoir
maintenant ça doit être
par QR code
d'avoir accès
à ces
enregistrements
vous entendez
quelqu'un
qui manifestement
n'a pas le français
comme langue
première
mais
qui fait référence
à la fois
à la culture
de sa commune
d'accueil
mais aussi
à
sa culture
d'origine
et donc
c'est une façon
justement
de montrer
que la personne
a certes
un besoin
elle a besoin
d'apprendre
le français
donc on va
lui offrir
les conditions
qu'elle apprenne
le français
mais plutôt
que de le faire
sur un formulaire
de sécurité sociale
on va
l'initier
au fond
à l'histoire
de ce
territoire
à partir
des collections
du musée
et on va
lui proposer
de partager
d'autres références
venues
d'autres univers
culturels
il y a là
je trouve
un projet
qui résonne
assez bien
avec
la notion
de droit culturel
on pourrait
en trouver
d'autres
une structure
pas très loin
d'ici
à Villeurbanne
le Rize
a construit
son projet
autour
de cette notion
là
Villeurbanne
a été
il y a deux ans
tout le monde le sait
la première
capitale française
de la culture
par exemple
il y avait
pour les journées
européennes
du patrimoine
22 parcours
proposés
dans la ville
pour identifier
ceux qui faisaient
patrimoine
aux yeux
des habitants
11 de ces parcours
avaient été
proposés
par l'équipe
du Rize
les 11 autres
étaient nés
de
des souhaits
et des réactions
qu'avaient
les habitants
d'un quartier
par rapport
au patrimoine
du dit quartier
on est là aussi
dans des
intégrations
au fond
de cette notion
dans le projet
même
de l'institution
je pense
qu'on pourrait
citer
d'autres
sujets
mais je regarde
l'heure
et je sais
que Virginie
regarde aussi
on veille
sinon après
ça serait dommage
on n'avait pas le temps
de finir
merci Michel
parce qu'on voit bien
que tes exemples
induisent une notion
de répondre à un besoin
de manière intelligente
il y a toute cette notion
de faire avec
et faire pour
d'utiliser
le savoir
de chacun
chacun comme une ressource
mais de manière transversale
en fait
et avec une implication
pour aller un petit peu
plus loin
dans le partage
de ces savoirs
et des savoirs
mais peut-être aussi
qu'on peut
encore prendre
cinq minutes
sur cette question
qui me paraît
quand même
très très intéressante
et interroger
la dimension citoyenne
peut-être
avec des exemples
qui n'émaneraient pas
de grandes institutions
comme le Rize
ou encore
comme Versailles
qui en fait
ont des ressources
humaines
un peu dedans
et qui s'appliquent
vraiment
à mettre en oeuvre
les droits culturels
et la participation
ou en tout cas
à une plus large diffusion
de leurs ressources
alors on a cité
peut-être
effectivement
les HCL
à une échelle
un petit peu inférieure
enfin
pas en termes
de contenu
mais
de grandes institutions
qui a
je rappelle
été labellisé
cette année
grâce à ses
nombreuses
valorisations
de son patrimoine
sur Wikipédia
depuis qu'il n'a plus
de
de
de
de lieux physiques
mais
je voudrais voir
si on peut pas
citer quand même
un ou deux
évoqués
des projets
un peu
plus modestes
portés
par
des associations
ou de
toutes petites structures
pas forcément
qu'en France
mais qui
qui apportent aussi
leur grain à moudre
à notre
à notre patrimoine
localement
à Lyon
je pense à
notamment un partenariat
où on avait été sollicité
par l'observatoire
des armements
qui ont récupéré
un fonds d'archives
colossal
dont une partie
des documents
qu'ils ne devraient pas avoir
mais qu'ils ont
en leur sein
et qu'ils sont assez bien rangés
mais qu'ils aimeraient bien
valoriser en ligne
ils nous avaient contacté
il y a 6 ou 7 ans
on avait fait
deux journées de contribution
une fois
et puis on s'était revus
une autre fois
et leur but
c'était de
mobiliser les réseaux militants
comme ça
et d'aller
montrer qu'on pouvait
transmettre
les connaissances
qu'on a
et qu'on essaye
de faire savoir
par d'autres formats
que des brochures
des affiches
de la visualisation
de données
ce qu'ils continuaient
à faire par ailleurs
mais en allant
vers Wikipédia
donc ça
ça a été un partenariat
il y en a d'autres
qui sont en discussion
en ce moment
je ne vais peut-être pas
les aborder
parce que je ne sais pas
où ça en est en ce moment
à Lyon
dans le cadre
plus international
il y a plein de groupes
qui se sont montés
pour faire de l'incitation
éditoriale
à s'intéresser
à des sujets
au sein de Wikipédia
qui manquent
historiquement
un des premiers
c'était
Women in Red
donc les femmes en rouge
parce que c'est des liens rouges
de pages manquantes
et le but était
de créer des pages
qui décrivent
des personnes
qui ne sont pas documentées
dans l'encyclopédie
qui sont manquantes
parce que
Wikipédia
et de même
que les encyclopédies
passaient
à les mêmes billets
de description
des personnes
qui fait qu'il y a
80% d'hommes
moins de 20% de femmes
et là
le but c'était
d'aller vers
ces types de contenus là
en France
et ça a été
une montée comme association
les 100 pages
qui sont
basées en Suisse
ou qui agissent aussi
en France
dans plusieurs endroits
et vont aller
vers des associations
et créer des activités
pour aller vers ces contenus là
et de même manière
Noircir Wikipédia
va couvrir des sujets
propres aux minorités
en France
notamment
mais pas que
c'est de toute façon
rarement lié à un territoire
quand il s'agit de Wikipédia
puisque c'est lié à la langue
donc d'abord
à Wikipédia
en français
et il va y avoir
ces différentes structures là
qui vont pouvoir
se connecter localement
avec des associations
dans certains endroits
ou avec des structures
selon les cas
Merci
Michel
tu veux ajouter
un exemple ?
Juste des exemples
tu évoquais
la question linguistique
on a à Lyon
par exemple
des associations
qui justement
travaillent
sur la richesse
en termes
plurilinguistiques
du territoire
sur lequel
nous habitons
je pense
il y a quelques semaines
nous avons
accueilli
à Lyon
la Biennale des Langues
Biennale des Langues
où nous étions
l'un et l'autre
n'est-ce pas ?
qui est typiquement
un projet
qui prend en compte
que la diversité linguistique
c'est une richesse
pour le territoire
qui travaille
par exemple
sur l'établissement
de cartes
linguistiques
sur un collège
par exemple
on découvre
que sur un collège
de Lyon
quand on s'interroge
sur combien de langues
sont parlées
dans les familles
sur un collège
de 3 ou 400 élèves
il y a à peu près
60 à 80 langues
parlées dans les familles
donc tout ça
c'est une richesse
et je pense
qu'on pourrait aussi citer
le travail magnifique
qu'on a vu
à la Biennale des Langues
de la compagnie
des Arpenteurs
sur le café des Langues
qui est aussi
un café
qui permet
un projet
de spectacle
participatif
qui permet
de valoriser
la richesse
linguistique
d'un territoire
Merci
et en plus
vous m'avez facilité
la transition
sans surprise
notre quatrième question
prendra
pour exemple
les langues
la langue
qui est souvent
considérée
comme le plus important
des patrimoines
celui qui forme
la colonne vertébrale
des cultures
la langue conditionne
l'accès à l'information
structure notre pensée
et ce dans différents
domaines
économiques
sociaux
culturels
et encore bien d'autres
la langue
au final donc
pour vous
constitue-t-elle
un défi
pour les droits
culturels
les nouvelles technologies
et les systèmes
de translation
traduction
pourraient-ils
être une solution
oui
je commence
la question des langues
me préoccupe
depuis longtemps
puisque c'est ma formation
en linguistique
à la base
et je suis content
qu'on aille vers cette question
mais c'est vraiment pas évident
d'y répondre
des éléments
de réponse à ça
ça a été dès le début
de considérer
qu'il n'y aurait pas
qu'une Wikipédia
mais des Wikipédia
et donc
petit à petit
sur l'étagère
que je décrivais au début
où c'est commencé
en anglais
puis en français
aujourd'hui
on est à plus de 300
éditions différentes
donc plus de 300 ouvrages
rédigés dans les langues
différentes
qui couvrent
une partie du réel
différente
le nombre de pages
qui est similaire
enfin le recoupement
entre les différentes
versions de Wikipédia
et pas du tout total
en fait
même entre les 6 ou 7
plus grosses versions
de Wikipédia
on voit des pourcentages
d'écarts
qui sont très importants
parce que les gens
ne s'intéressent pas
au même sujet
les décrivent de manière
différente selon
leur langue d'écriture
et là c'est pas seulement
d'un point de vue
de citoyenneté
puisque c'est vraiment
des communautés internationales
donc même sur le sujet
du Canada
où il va y avoir des pages
écrites en français
et en anglais
les pages écrites en anglais
elles seront écrits en anglais
québécois
en anglais canadien
sur la Wikipédia en anglais
en français par contre
elles seront écrits
en français de France
parce qu'il y a des débats
éditoriaux
qui font que
les règles de typographie
notamment des espaces
avant la ponctuation
sont normalisées
sur Wikipédia en français
vers la version standard
en France
alors que
dans la version
de Wikipédia
rédigée en anglais
ils vont respecter
la diversité des standards
selon la communauté d'origine
ou le sujet traité
et avec des frictions
sur des communautés
qui sont appelées à limite
quand c'est des zones
transfrontalières
c'est super rigolo
mais ça
ça va jouer pour
l'anglais états-unien
britannique canadien
mais pour les autres
pays anglophones
ça va dépendre des cas
et ça va moins être le cas
donc au sein de Wikipédia
on retrouve un conflit
même dans des langues
de grande expansion
avec des questions
de normalisation
des questions
de vocabulaire aussi
et ce qu'on va décrire
l'endive ou le chicon
ça va être un des premiers
grands débats de Wikipédia
mais en fait
il y en a eu
des centaines d'autres
débats comme ça
sur le hockey
qui est un sport
qui est beaucoup plus populaire
au Canada
qu'en France
est-ce qu'on va utiliser
le mot palais
ou le mot québécois
que j'ai pas retenu
mais qui est l'équivalent
galette je crois
ou quelque chose comme ça
parce que c'est
ce lectorat là
qui va être en premier
intéressé
et donc le principe
de moindre surprise
devrait faire qu'on s'adapte
à notre audience
et adapter son audience
c'est très compliqué
donc ça c'est un des débats
de fond
des projets Wikipédia
depuis le début
et une infrastructure
qui reposait sur le 
le multilinguisme
une autre
ça a été assez vite
de tenter
de décrire
les connaissances
d'ailleurs
avec de l'incitation éditoriale
comme je disais là
mais notamment
dans Wikimedia Commons
qui est la base d'images
avec des concours photographiques
qui visent à décrire
les réalités
en Afrique
en Asie
dans d'autres parties du monde
dans lesquelles
les seules photos
qu'on avait au début
c'était les quartiers touristiques
et donc très gênant
parce qu'on avait
des points de vue
de personnes qui ne vivaient pas sur place
et les pages des pays
illustraient uniquement
des quartiers
où venaient des touristes
et donc de dire
on a besoin d'autres photos
et il y a eu un moment
une photo
c'était les personnes
au travail en Afrique
et du coup
les personnes au travail
les seules photos qu'on a
c'est en Afrique
parce qu'en Europe
personne ne prend des gens
en train de travailler en photo
alors que dans un but documentaire
c'est très précieux
donc on avait vu ça
dans le Wiktionnaire
où on illustre
les différents métiers
où presque toutes nos photos
viennent de cet appel
à mobilisation
qui a beaucoup fonctionné
en Afrique
et c'est super
donc ça c'est une des manières
de couvrir cette diversité
c'est par l'appel
et une autre plus récente
ça va être
de capter l'oralité
avec notamment
Wikimedia France
qui a été à la rencontre
je parle de l'association
Wikimedia France
et ses membres
et les personnes
qui contribuent à Wikipédia
et au projet collaboratif
ont été à la rencontre
des associations
de patoisans
comme on dit en France
donc de gens qui parlent
d'autres langues
parlées sur le territoire
de France
voir quels étaient leurs besoins
et développer un outil
qui permet la collecte
de l'audio
qui permet de collecter
des listes de mots
notamment
ou des histoires courtes
mais aussi
des langues signées
donc la langue
des signes françaises
ou d'autres langues signées
avec un outil
qui s'appelle
Lingua Libre
qui facilite
la captation rapide
de segments audio
ou de segments visuels
c'est pas un dictionnaire
audio
c'est uniquement
des données
qui peuvent ensuite
nourrir différents projets
donc le dictionnaire
en premier lieu
c'est un dictionnaire
dans Wikipédia
il peut y avoir
des fichiers audio
qui viennent de là
ou Wikidata
mais n'importe qui d'autre
donc il y a des outils
pour traduire
la langue des signes française
qui utilisent ces fichiers là
alors que c'était pas
l'intention initiale
l'intention initiale
était de leur fournir
à qui voudrait
mais on a ce type
de réusage
donc ça
ça va permettre
de capter
des récits oraux
et éventuellement
d'espérer un jour
avoir des Wikipédia
rédigés uniquement
sous forme orale
on n'est pas là
mais c'est une des dimensions
et un autre outil
qui est un peu
sa contrepartie
c'est Kiwix
qui est un outil
qui permet d'installer
sur un ordinateur
sans internet
une copie de Wikipédia
et des autres projets
pour le mettre
dans les ordinateurs
livrés dans les écoles
dans des endroits
où il n'y a pas internet
quand je parle de ça
c'est pas que l'Afrique
c'est aussi
des vallées isolées
ou des endroits
dans le monde
où il est plus difficile
de mettre à jour
ou de consulter
en continu
un ordinateur
ou un téléphone portable
et donc ces outils techniques
qui ont été mis en place
et développés
au sein des mouvements libres
et donc là
Kiwix
c'est financé
par l'association
Wikimedia suisse
tandis que la française
finance Lingua Libre
et l'allemande
Wikidata
parce qu'ils ont plus
de donateurs
donc ils financent
un très gros projet
mais donc les dons
vont permettre
de développer
ce type d'outillage
qui va permettre
d'essayer de répondre
à ces questionnements là
et je parlais d'incitation
il y a aussi
de la formation
et de l'animation
qui va être fait
par des personnes
du mouvement
qui sont là depuis longtemps
j'évoquais au début
Florence Devouard
qui a été la première
présidente de la Wikimedia Foundation
qui mène beaucoup
d'ateliers de formation
en Afrique
et participe à plein
d'initiatives
d'éducation populaire
pour réussir
à ce que ce soit
les personnes concernées
qui documentent
leur connaissance
et qui vont faire
des ateliers
de collecte multilingue
enregistrés
à l'oral
à l'écrit
dans plusieurs langues
et vont accompagner
des personnes
qui vont avoir
l'habitude
de ce type
de négociations
vont permettre
la mise en place
de statuts associatifs
ou équivalents
dans différents pays
en Afrique
pour rentrer
dans cette fédération
qui est
les Wikimedia francophones
pour obtenir
des subventions
des prêts de lieux
pour pouvoir avoir
accès à de la nourriture
pendant les ateliers
de contribution
ou des choses
qui vont permettre
de répondre
aux problématiques
qui sont
qui est que
les gens qui contribuent
sont des gens
qui ont du temps libre
et que dans plein
de pays du monde
ce ne sera pas possible
si on n'arrive pas
à les nourrir
en même temps
pour trouver
ce temps libre
ou permettre
la garde des enfants
donc il va y avoir
des initiatives
qui vont dans ce sens-là
pour essayer
d'attraper
des gens
qui auraient envie
de participer
mais qui ne pourraient pas
pour différentes raisons
et mobiliser des gens
qui vont aller
sur leurs propres sujets
plutôt que sur les sujets
qu'on leur ramène
ou sur nos préoccupations
à nous
dans la liste
j'ai noté
et j'ai failli l'oublier
il y a la création
de cours
en ligne
massivement
consultable
donc de MOOC
qui ont été créés
pour Wikipédia
ou pour Wikidata
qui sont
à destination
des francophones
et consultés
et suivis
principalement
par des francophones
d'Afrique
donc on voit
que ça intéresse
très largement
il y a plein
de formes
de formation
de diapos
qui existent
et qui sont
réutilisables
et redéployables
et même un jeu
pour montrer
comment fonctionne
Wikipédia
qui s'appelle
Wikis
que j'ai oublié
de vous ramener
mais qui est
un mini jeu
de cartes
qui permet
de montrer
comment on collabore
pour rédiger
un projet
collaboratif commun
et qui sont
des formes
d'aller vers
l'autre
nouvelle
que la communauté
essaie de développer
pour que ce soit
plus divers
et arriver
à capter
des cultures
plus variées
que celles
qui sont
à l'origine
du projet
très rapidement
diversité
des expressions
culturelles
dit la convention
UNESCO
c'est
à mon sens
un des enjeux
majeurs du siècle
et la diversité
des expressions
culturelles
elle passe
évidemment
tu l'as rappelé
par la diversité
linguistique
aujourd'hui
les amis
du labo
dynamique
du langage
à Lyon 2
estime
comme la communauté
des linguistes
à peu près
6 à 7 000
les langues
existant
aujourd'hui
sur la planète
et les projections
vers la fin du siècle
c'est que
la moitié
de ces langues
auront disparu
n'existeront plus
que sous les formes
des captations
qu'il y aura eu
les dictionnaires
les grammaires
et les enregistrements
donc c'est
un enjeu
absolument
essentiel
et par ailleurs
dans la déclaration
de Fribourg
la définition
de la culture
parle bien sûr
des valeurs
des croyances
des traditions
mais aussi
des langues
des savoirs
et des arts
etc.
donc voilà
moi du coup
face à cet enjeu
majeur
parce que quand même
le numérique
est massivement
californien
enfin en tout cas
dans ses origines
et dans
son emprise
mondiale
un des enjeux
c'est effectivement
que
le numérique
la diversité
linguistique
se traduise
aussi
dans les outils
numériques
et là
on ne peut que
se féliciter
que Wikipédia
existe
dans 307 langues
disais-tu
des choses comme ça
je pense
que là
il y a
un véritable
enjeu
et une
responsabilité
commune
entre les wikipédiens
et les défenseurs
des droits culturels
pour qu'on essaye
d'inventer
des outils
ou des procédures
ou des activités
des projets
qui permettent
de
sauvegarder
garder vivante
la diversité
linguistique
de la planète
quoi
merci
je ne sais pas
si
toutes ces informations
vous auront
donné
du grain
à moudre
vous auront
donné peut-être
envie
de vous faire
préciser
un point
je peux
ou contester
oui tu as raison
Michel
je donne le micro
oui bonsoir
moi je m'appelle
Florian
je suis traducteur
je voulais vous poser
une question
parce que dans le cadre
de mon travail
parfois de traducteur
il y a des recherches
à faire
et donc évidemment
wikipédia peut être
un outil intéressant
et j'ai remarqué
que parfois
alors je suis désolé
si vous l'avez dit
mais je ne crois pas
l'avoir entendu
parfois il y a des pages
entre le français
et l'anglais
qui sont des traductions
l'une de l'autre
et parfois
il y a des pages
qui sont différentes
et donc je voulais savoir
pourquoi
comment ça se fait
et
comment
quelle est la page
qui apparaît en premier
vous voyez ce que je veux dire
dans la majorité des cas
est-ce que c'est toujours
l'anglais
qui par exemple
donne le ton
donne le là
ou est-ce que ça dépend
des diversités
culturelles
etc
je ne sais pas
si ma question est claire
oui
en fait
les pages
peuvent être
initiées indépendamment
dans chaque
édition linguistique
donc une page
peut être initiée
en français
et ensuite
intégrer
des portions
de contenu
traduit de l'anglais
ou alors démarrer
dès le début
comme une traduction
et dans ce cas là
il sera indiqué en bas
que ça a été une traduction
depuis une autre édition
qui peut être
l'anglais ou autre
moi j'ai traduit
depuis l'espagnol
vers le français
ça dépend des sujets
et aujourd'hui
il y a beaucoup plus
de traductions
faites depuis l'anglais
vers d'autres langues
que de la diversité
des langues
vers l'anglais
parce qu'il y a
beaucoup plus de gens
qui contribuent
sur la version
en anglais
et aussi parce que
l'outil de traduction
est désactivé
pour les nouvelles
sur le Wikipédia
en anglais
par décision communautaire
ils ne favorisent pas
la traduction
c'est un choix
de politique éditoriale
collective
de la Wikipédia
en anglais
mais du coup
les pages ensuite
vont avoir
leur vie propre
donc même une page
qui a été traduite
va ensuite pouvoir
évoluer indépendamment
de la page d'origine
et va contenir
des modifications
successives
qui seront visibles
dans l'historique
mais pas visibles
dans le contenu affiché
il n'y aura pas
de couleurs différentes
par ce qui est
de la traduction
et ce qui ne l'est pas
mais la traduction
elle est humaine
c'est à dire
qu'il y a
depuis 4-5 ans
un outil
qui fait une pré-traduction
genre Yandex
ou un outil comme ça
et ensuite
c'est adapté
mais l'outil
va surtout
récupérer les liens
quand il y a des liens
vers d'autres pages
grâce à Wikidata
il va pouvoir trouver
l'homologue
dans la version concernée
donc s'il y a un lien
qui mène vers Paris
il pourra dire
que le lien
mène vers Paris
France
et pas Paris
Illinois
ce genre de choses
donc l'outil de traduction
il va surtout servir à ça
et il va récupérer
les références bibliographiques
mais il faudra ensuite
les retravailler
en français
et la partie humaine
ensuite va être aussi
de trouver d'autres sources
que les sources utilisées
dans l'article
dans la langue d'origine
pour que les sources
ne soient pas toutes en anglais
par exemple
ou qu'elles soient plus adaptées
au sujet final
donc en fait
il y a rarement
des traductions
purement sorties
de la machine
dégueulasses
quand c'est le cas
il y a un panneau en haut
qui s'affiche
pour dire
ça n'a pas été relu
par un humain
c'est moche
et il y a des gens
qui vont s'y atteler
mais il y a des gens
qui vont s'y atteler
c'est un peu un mot d'ordre
général de Wikipédia
c'est à dire que
c'est normal
et accepté
de ne pas finaliser
ce qu'on fait
et donc il y a aussi
des traductions à moitié
qui vont être abandonnées
il y a aussi des gens
qui vont commencer
à partir de zéro
alors qu'il aurait été
bien mieux
de partir d'une traduction
puisque dans une autre langue
c'était déjà élaboré
mais en fait
les gens ont préféré
commencer de zéro
et du coup
c'est moins bien
il y aura une diversité
de contenus
selon les cas
mais c'est rare
que tout soit effacé
pour être remplacé
par une traduction
ça ça n'arrive pas
et si vous cherchez
dans Wikipédia
le résultat
il sera dans Wikipédia
s'il n'y a rien
ils vous proposent
en anglais
et dans d'autres langues
mais de base
ils ne vous déménagent pas
vers la version en anglais
c'est à dire que
ce sera un clic
de votre part
qui vous y amènera
mais il n'y a pas
de prééminence
d'une version
en particulier
de Wikipédia
du coup
les traducteurs
sont forcément
des collaborateurs
ou est-ce qu'il y a
parfois des traducteurs
qui arrivent
juste pour traduire
il n'y aura pas
de statut différent
c'est à dire que
les gens qui vont le faire
on ne saura pas forcément
leur formation
en traduction
il y a des gens
qui vont avoir
cette forme de participation
au projet principal
donc dans leur historique
on pourra voir
que leur forme de participation
ça assure tout et ça
était ça
tandis que d'autres
vont plus ajouter des photos
d'autres plutôt corriger
des photos d'orthographe
c'est à dire que
dans le contributorat
il y a une diversité
de profils
et il est possible
qu'il y ait des profils
de gens dont la traduction
soit l'activité principale
mais ça n'implique pas
qu'il y ait une formation
préalable
on ne saura pas forcément
ils peuvent l'indiquer
ou non sur leur profil
mais comme c'est un pseudonymat
les gens peuvent choisir
de mettre leur identité réelle
ou non
d'accord
ok
merci
merci pour la réponse
une autre question
du coup moi ce serait
plutôt pour avoir
votre avis
sur
quand vous avez parlé
du texte
qui reconnaît
la diversité culturelle
aussi importante
que la biodiversité
moi ça m'a tout de suite
fait penser
à la polémique
en France
de la chasse à la glu
où au nom de la culture
de la sacro-sainte culture
traditionnelle
de chasse française
ils font
vent debout
contre cette interdiction
européenne
pour le coup
est-ce que ça pourrait être
un exemple
de
de dévoiement
on va dire
de
ce principe là
excellent
exemple
alors
pour l'instant
on est dans
des droits humains
donc
pour l'instant
les droits culturels
sont
interdépendants
indivisibles
universels
et donc
quand ils sont
interdépendants
c'est avec
les autres droits
humains
l'évolution
récente
sur les questions
de la biodiversité
sur les questions
de la condition
animale
etc
pourquoi pas
envisager
que dans
l'évolution
de la réflexion
et des textes
internationaux
il y ait
cette considération
que
eh bien
porter atteinte
à des êtres
vivants
de façon
particulièrement
cruelle
etc
pourrait être
incompatible
avec les droits
culturels
alors je vais
pousser le trait
très très loin
mais
un des rédacteurs
de la déclaration
de Fribourg
est un anthropologue
mauritanien
Abdoulaye Sow
qui dit
qu'il a été
confronté
dans son
pays
à des revendications
où
des groupes
disaient
mais chez nous
on a
historiquement
voilà
depuis des générations
pendant des générations
on a
pratiqué
l'esclavage
bon
ben non
l'esclavage
ne peut pas être
revendiqué
comme une
pratique culturelle
parce que
évidemment
c'est la négation
de la personne
humaine
comme sujet
etc
bon
alors est-ce
qu'on va aller
vers ça
avec les évolutions
de la réflexion
sur la condition
animale
peut-être
les débats
sur la
tauromachie
par exemple
pourrait
enfin
ce qui serait
intéressant
à suivre
là
sur
les
ce qui concerne
l'inscription
à l'UNESCO
sur la liste
du patrimoine
culturel
immatériel
je ne sais plus
où on en est
mais je sais
qu'il y a eu
des débats
à un moment
sur la question
de l'inscription
de la tauromachie
je ne sais pas
si je réponds
mais vous voyez
on est sur une
sur une évolution
c'est certain
en tout cas
ce qui me paraît
important
dans la déclaration
universelle
sur la diversité
culturelle
c'est cette
conjonction
qui est faite
dès le premier
article
entre
l'enjeu
de la diversité
culturelle
et l'enjeu
de la biodiversité
ça
ça me paraît
déjà
fondamental
je peux
faire un commentaire
s'il y a une autre
question
je vous laisse
réfléchir
pour suivre
sur cette question
là
dans Wikipédia
on va avoir
une question
aussi
de comment
on désigne
les peuples
est-ce qu'on
prend
la tradition
littéraire
pour désigner
les groupes
humains
ou est-ce qu'on
prend
la revendication
propre
de même
pour les noms
des pays
les noms
des pays
on peut s'appuyer
sur des textes
légaux
qui disent
ok on va
utiliser ça
mais dans ce cas là
quel texte
légaux
pourquoi on utiliserait
celui de la France
pour la version
en français
par exemple
mais sur les
ethnonymes
donc les noms
de groupes
humains
ça devient très
compliqué
parce qu'il y a
des revendications
parfois divisées
qui ne se retrouvent
que très peu
dans la littérature
et donc si
Wikipédia est la somme
de la littérature
en fait
elle est en conflit
avec le réel
donc on a
la division
la friction
que tu évoques
entre tradition
et respect
de la dignité
ou respect
des personnes
on va la retrouver
dans plein d'espaces
au sein de Wikipédia
qui vont être
des espaces de débat
là c'est un très bon
exemple que tu donnes
sur l'écologie
sur le respect
des animaux
mais en fait
on va l'avoir
dans plein plein
d'aspects
aussi bien
j'imagine
dans la défense
des droits culturels
dans la société
en général
qu'au sein de Wikipédia
où ces débats
vont avoir cours
est-ce qu'il y a encore
une question
je vais peut-être
en profiter
pardon
peut-être
j'ai une question
pour vous deux
comment vous voyez
l'avenir
de vos sujets
la projection
qu'on pourrait avoir
sur les droits humains
qu'est-ce que
ils prendront
dans le futur
d'en compte
de plus en plus
et sur Wikipédia
quel axe
global
on se dirige
que ce soit
Wikipédia
ou les autres
projets
du Wikiverse
vers où
on se dirige
quel est votre
projectif
sur ces sujets-là
n'étant pas
voyant
je n'en sais rien
il me semble
quand même
par rapport
à votre question
il me semble
qu'il y a
des combats
importants
aujourd'hui
et qui sont
tellement fondamentaux
qu'ils imposent
là pour le coup
des alliances
il faut
au-delà
de la diversité
des terrains
d'intervention
des approches
des concepts
fondamentaux
etc
il y a
je pense
des
oui on peut
appeler ça
des valeurs
qui
sur lesquelles
des collectifs
doivent se
rassembler
et là
franchement
moi je pense
que la
question
de la
participation
de l'ensemble
du plus grand
nombre
des êtres
humains
à ceux
qui les
concernent
est une
question
essentielle
et que
la question
du droit
à une
information
et à une
capitalisation
du savoir
qui soit
qui s'exonère
à la fois
de l'arbitraire
politique
mais aussi
de la puissance
du marché
ça ce sont
des combats
vitaux
pour l'avenir
de l'humanité
quoi
et ben si
voilà
moi j'ai envie
de crier
tel Jaurès
au 21ème siècle
Wikipédiens
faisons alliance
je suis d'accord
mais je vais répondre
en étant pessimiste
puis optimiste
comme ça on finira
sur une note positive
la vision
un peu négative
c'est qu'il y a
des espaces
dans le monde
où internet
est de plus en plus
contrôlé
et des espaces
dans le monde
où Wikipédia
n'est plus le bienvenu
notamment en Russie
où ils ont coupé
Wikipédia
et mis en place
une alternative
contrôlée par le
pouvoir politique
dans le but
et en menaçant
physiquement
les personnes
qui géraient
l'association Wikipédia
en Russie
c'est pas le seul
pays dans le monde
mais il y a plusieurs
pays où ce qui est
raconté dans Wikipédia
ne leur convient pas
et donc le contrôle
sur la connaissance
et sur la libre
circulation de l'information
se tendant
il y a un scénario
dans lequel internet
éclate en plusieurs
bulles
moins connectées
entre elles
c'est une des craintes
un peu qu'on peut avoir
une autre des craintes
c'est que les gens
qui participent à Wikipédia
depuis 2001
en fait
c'est des gens
qui meurent
petit à petit
et que la communauté
a du mal
à gérer ce deuil là
a du mal
à prendre en compte
le changement
le renouvellement
des personnes
qui contribuent
et il y a moins
de gens
qui vont
se mettre
à la contribution
la progression
est en courbe
ascendante
mais très modérée
et
c'est pas le cas
dans toutes les versions
linguistiques
mais pour la version
en français en tout cas
et c'est difficile
de faire se rencontrer
des personnes
de génération
très différente
qui n'ont pas le même
regard sur l'outil
pas le même regard
sur le projet
et donc
malgré tous les efforts
de formation
de transmission
et tout ce qui est mis
en place
il y a des difficultés
et des frictions
constantes
qui fatiguent les gens
et qui amènent
à ce que la communauté
ait du mal
à aller vers certains projets
ou vers certains sujets
risquant
de les abandonner
donc ça c'est la version pessimiste
la version plus optimiste
c'est que
les nouveaux profils
qui rentrent
c'est globalement
plutôt des gens
issus des minorités
qui arrivent
à amener leur sujet
et donc on a
plus de diversité
des profils
qu'au début
il y a 15 ans
le profil
d'une personne
qui contrait
à Wikipédia
c'était un trentenaire
blanc européen
ou états-unien
du nord en tout cas
bon maintenant
ils ont plus 40
que 30
parce qu'on a tous vieilli
mais il y a aussi
une plus grande diversité
il y a encore
cette portion là
qui existe
mais il y a quand même
plus de monde
et donc
il y a aussi des gens
qui en sont nés avec
et qui vont en avoir
un contrôle
et vont intervenir
pour corriger des choses
parce que ça va leur paraître
logique de le faire
parce que c'est
comme ça que ça fonctionne
c'est le monde
tel que les gens l'ont connu
parce qu'il y a
beaucoup de monde
maintenant
pour qui Wikipédia
ça existe depuis
plus de la moitié
de leur vie
ou l'intégralité
de leur vie
et puis
il y a un aspect aussi
c'est qu'au début
on allait
on galérait
à aller remplir les pages
parce qu'on n'avait pas accès
aux sources de connaissances
on n'avait pas accès
aux articles universitaires
les bibliothèques
c'était compliqué
de négocier des documents
maintenant
les sources de connaissances
en ligne
on y a accès
il y a un plan européen
pour l'ouverture des données
il y a un plan
de sciences ouvertes
en France
il y a de plus en plus
de recherches participatives
dans lesquelles
ils essayent d'impliquer des gens
et dans lesquelles
les résultats
sont libres d'accès
donc on a accès
à des connaissances
de bon niveau
bien plus facilement
qu'avant
il y a Sci-Hub
pour ne pas le citer
qui permet d'accéder
à énormément de publications
mais là maintenant
elles sont aussi faciles d'accès
grâce à des services publics
type Persée
ou autres
qui indexent bien
les connaissances
de plus en plus
de conférences
sont enregistrées
les captations sont accessibles
de plus en plus
d'institutions
vont d'elles-mêmes
verser des connaissances
sous licence libre
et permettre leur réaccès
donc en fait
on arrive
à avoir
de plus en plus de choses
de plus en plus
de diversité
dans ces informations
et donc l'avenir
de Wikipédia
va peut-être
être davantage
multimédia
davantage interconnecté
à d'autres sources
de connaissances
que sont toutes ces archives
ouvertes partout
en ligne
et donc
de plus en plus
de gens vont y venir
pour d'autres motifs
que ce pourquoi
Wikipédia existait au départ
et il y aura peut-être
des chaînes de télé
wikipédiennes
ou des plateformes
de podcasts
qui racontent
des choses
autour de Wikipédia
ou qui sont
des lectures d'articles
parce qu'il y a aujourd'hui
des lectures d'articles
mais assez peu
il pourrait y avoir
des plateformes
comme ça
multimédia
bien davantage
et j'espère que
c'est vers cet avenir-là
qu'on ira
Je veux juste dire
oui
peut-être
une des conditions
pour ce scénario
optimiste
c'est effectivement
que ce soit
pris en compte
dans les politiques publiques
je crois
qu'un des rôles
importants
de la politique
publique
aujourd'hui
c'est de créer
les conditions
justement
pour que des gens
qui travaillent
sur le même territoire
ou sur un même ensemble
mais avec
des compétences
des points de vue
des venants
d'univers professionnels
différents
travaillent ensemble
et là-dessus
je crois que
les bibliothèques
ont vraiment
un rôle
très important
à jouer
et donc
il faut se féliciter
que celle de Lyon
le joue
et même
la médaille d'argent
merci
merci
merci
merci en plus
de terminer
sur notre
si positive
et peut-être
allons toujours
plus en avant
vers des alliances
hybrides
je crois
qu'on est pile
dans les temps
merci beaucoup
merci
techniciens
ce soir
Adrien
nous avoir accompagnés
et voilà
merci encore
merci
 

A propos de la conférence

Les bibliothèques, au croisement de la médiation culturelle et de la diffusion des connaissances, voient aujourd’hui leurs pratiques évoluer sous l’impulsion des droits culturels et des projets collaboratifs. Depuis la création de Wikipédia et l’affirmation du droit de participer à la vie culturelle, les modalités d’accès aux savoirs, de production et de partage des connaissances se transforment.

Dans ce contexte, les institutions culturelles sont amenées à développer des approches plus collaboratives, favorisant la participation des publics, la co-construction des savoirs et la valorisation des expertises locales. Cette conférence propose d’interroger ces évolutions, leurs enjeux, leurs leviers et leurs limites.

Les Intervenants

Michel Kneubühler, spécialiste des droits culturels

Auteur et spécialiste des droits culturels, il a consacré l’essentiel de sa carrière au Ministère de la Culture (réseau des DRAC) et a enseigné les politiques culturelles à Lyon et Grenoble. Ses travaux portent notamment sur les notions de publics et de participation culturelle.

Noé Gasparini, wikimédien et linguiste.

Wikimédien et linguiste, il est impliqué dans les projets Wikimédia, notamment le Wiktionnaire. Il est à l’origine du Dictionnaire des francophones (Université Lyon 3, en partenariat avec le Ministère de la Culture), un outil collaboratif valorisant la diversité de la francophonie.