Conférence de Florence Françon et Delphine Montagne

Femmes et sciences : entre passion et désamour

Malgré des avancées, les femmes restent sous-représentées dans les sciences, en raison de stéréotypes de genre persistants et de freins structurels. À travers les enjeux de représentation, notamment sur Wikipédia, et les dynamiques de science ouverte, cette conférence interroge les leviers pour favoriser la visibilité des femmes scientifiques, lutter contre les discriminations et promouvoir une plus grande égalité dans la recherche.

Sources des images : Mickaël Schauli, National Academy of Science and Technology, École polytechnique - Jérémy Barande, Jean-Louis PASTEUR , Luke Roman 25, Koolboulevard, Bernardchomba, Bengt Nyman from Vaxholm, Sweden — 810_4987 Tu Youyou, medicine

Conférence du 14 février 2025
Bibliothèque municipale de Lyon

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Bonsoir.
Bonsoir.
Ça va le son pour la salle, le micro ?
Je pense qu'on a tout géré avant.
On me fait des pouces levées, génial.
Merci pour la technique.
Il est 18h30, on est très ponctuel,
mais je vous propose qu'on démarre doucement.
Et s'il y a des retardataires,
ils prendront le propos en route.
Tout d'abord, bienvenue.
Et merci d'assister ce soir à notre conférence
intitulée « Femmes et sciences, entre passion et désamour ».
Une thématique qui est au centre de nombreux événements.
Il y a dix ans, la Journée internationale
des femmes et des filles de science est créée.
Chaque 11 février, donc c'était il y a quelques jours à peine,
donc chaque 11 février, elle rappelle et valorise le rôle
et la participation des femmes dans les filières scientifiques
et technologiques.
Elle est mise en œuvre par l'UNESCO et ONU Femmes
en collaboration avec les institutions
et les partenaires de la société civile
pour favoriser l'égalité des chances
dans l'accès au métier du secteur des sciences dures
et des sciences humaines.
L'année dernière, l'UNESCO a même organisé en écho
à cette journée un événement intitulé
« Combler l'écart entre les genres en sciences.
Deux points, accélérer l'action.»
Y ont participé les États membres,
des scientifiques, des représentants du secteur public et privé,
mais aussi des étudiants universitaires
pour travailler et identifier les causes profondes
des inégalités entre les genres en sciences.
Le colloque de la rentrée au Collège de France
en octobre 2024 portait sur genre et sciences.
Plus accessible, la journaliste et essayiste féministe
Audrey Lecoq, connue aussi sous le nom de Titiou Lecoq,
apporte la question comme un éternel recommencement
où chaque génération voit les soutiens de l'égalité s'abîmer
pour laisser place à de nouveaux et nouvelles venues
qui, à leur tour, dénonceront la situation.
Idées, livres, éditos seront entendus,
parfois défendus, souvent débattus, et ainsi de suite.
Les évolutions sont lentes et les backlashs nombreux.
Au XIXe siècle, les programmes scolaires
sont différents pour les filles et les garçons.
Et malgré de nombreuses lois actant plus d'égalité
dans l'enseignement, ce n'est qu'en 1972
que l'école polytechnique admet les filles.
Encore un peu plus proche de nous,
en 1985, c'est la fusion de l'école d'ULM
et de l'école de Sèvres
pour fonder l'ENS.
La première était destinée aux garçons
avec un enseignement d'excellence
et de nombreuses agrégations,
tandis que la seconde accueillait les filles
avec un nombre de formations limitées.
1985, c'était il y a 40 ans.
Malgré les progrès réalisés
au cours des dernières décennies,
aujourd'hui encore, seulement une chercheuse
sur trois dans le monde est une femme.
Cette disparité persistante entre les sexes
est le résultat non seulement d'un manque
de modèles féminins dans les apprentissages,
mais aussi aux nombreux obstacles
auxquels les femmes scientifiques
continuent d'être confrontées
et qui sont aussi un facteur de découragement
pour les filles qui poursuivent
ou décident de poursuivre
dans les carrières scientifiques.
Au-delà de ce constat,
le déséquilibre est difficile à rectifier.
Éducation, scolarité, habitudes familiales,
ce sont autant de facteurs
qui contribuent à faire de nos préjugés
des concepts pérennes.
Lieux d'études et de partage des connaissances,
la bibliothèque participe elle aussi
à la construction des savoirs,
notamment par ses missions,
à travers ses missions,
mais aussi par l'organisation d'événements.
Et depuis une décennie à peu près,
un peu plus maintenant,
des actions sont mises en place
avec les wikipédiens sur le réseau lyonnais
et notamment pour favoriser l'apprentissage
et l'enrichissement des contenus
de l'encyclopédie Wikipédia,
véritable inventaire des connaissances.
Au fil des ans, ces actions se sont structurées
jusqu'à l'obtention du label Culture Libre,
un label qui, entre autres,
est beaucoup plus vaste que ça,
mais on va dire encourage, récompense,
l'engagement des institutions
qui se lancent dans des choix stratégiques
pour l'ouverture des données.
Ainsi, divers rendez-vous sont programmés
in situ ou chez nos partenaires
afin de donner plus de visibilité
à nos collections
et notamment par la mise en place
d'éditathons,
ces marathons d'édition
qui permettent de produire du contenu
à partir de nos documents
et ce, sur un des sites
les plus consultés au monde.
Car, en effet, depuis 2001,
date de la création,
enfin, de la version française
de l'encyclopédie Wikipédia,
on peut compter aujourd'hui
pas moins de 2,6 millions d'articles en ligne
pour environ 30 millions de visiteurs mensuels.
Autant dire un repère,
enfin un incontournable dans nos repères
et nos représentations.
ou plutôt nos non-représentations.
Car à l'instar de nos sociétés,
Wikipédia manque cruellement
de biographies de femmes scientifiques.
Une image incomplète en ligne,
tout comme dans notre quotidien professionnel
ou éducatif
qui est bien loin de traduire la réalité
et la présence et le rôle des femmes
dans les sciences.
Alors, comment promouvoir l'image des sciences
chez les femmes
et l'image des femmes dans les sciences ?
Comment participer à inverser la tendance actuelle
en activant de nouveaux leviers,
en apprenant à repérer
toute forme de discrimination,
en apportant des perspectives neuves
pour assurer la diversité dans la recherche ?
Pour en parler ce soir,
il a semblé pertinent d'aborder le sujet
sous l'angle de la construction des savoirs dispensés,
soit dans l'enseignement supérieur,
soit accessible à tous et toutes
dans l'encyclopédie collaborative Wikipédia.
Nous nous appuierons sur les expériences concrètes
de nos deux invités,
Florence Françon, chargée de mission
Égalité et non-discrimination à l'ENS de Lyon,
et Delphine Montagne,
Wikimédienne en résidence à l'URFIST de Lyon
depuis avril 2024.
Pour aller un petit peu plus loin dans les présentations,
Florence, je commence par toi.
Tu as suivi une formation en sociologie
et tu es diplômée d'un master en études de genre.
Depuis plus de dix ans,
tu travailles dans le milieu de l'éducation
et de l'enseignement supérieur
en tant que chargée de mission.
Après une première expérience dans une école d'ingénieurs
pour contribuer à la diversification
des profils des élèves,
tu développes des savoir-faire en tant que formatrice.
En 2021, tu rejoins l'équipe de l'ENS de Lyon
pour piloter la politique d'égalité de l'école
et son dispositif de prévention
et de traitement des discriminations,
du harcèlement moral,
des violences sexistes et sexuelles
et des LGBT+ phobies.
Tes missions touchent ainsi de près
la question de la place des femmes
dans les sciences,
entendre dans les sciences au sens large du terme,
au biais de gens dans le milieu
de l'enseignement supérieur et de la recherche,
ainsi qu'aux obstacles
qui représentent le sexisme
et tous les autres rapports de domination
pour les publics initialement moins représentés,
dont les femmes, encore une fois,
dans les grandes écoles,
les sciences et la recherche.
Delphine,
Tu es pour une année wikimédienne
en résidence à l'URFIST de Lyon.
De formation,
tu es géographe et cartographe
avec une spécialité en environnement.
C'est à ce titre
que tu as beaucoup participé
à des projets libres et collaboratifs
comme la carte OpenStreetMap,
un nom qui parlera sans doute
à beaucoup d'entre nous.
Depuis 2020,
tu contribues à l'encyclopédie Wikipédia
où tu es à l'origine
d'une centaine de biographies
de femmes scientifiques
avec les 100 pages,
un groupe de Wikipédia
sur lequel nous reviendrons par la suite.
Actuellement,
ton travail est de former,
d'acculturer
le monde de la recherche à Wikipédia
et cela dans le cadre
du deuxième plan national
sur la science ouverte.
Et pour finir les présentations,
moi, je m'appelle Virginie,
je suis médiatrice
en charge de la valorisation
des collections
de la Bibliothèque numérique
patrimoniale Numelyo.
C'est via sa bibliothèque numérique,
par exemple,
que la Bibliothèque municipale de Lyon
a candidaté en 2023
pour le label Culture Libre.
Ce soir,
j'accompagnerai les échanges,
je poserai les questions
à nos invités
et je surveillerai aussi
le temps qui passe
au fil des discussions
afin que nous puissions
libérer la salle
à 20h15.
Mais,
pas d'inquiétude,
nous avons prévu
un temps de questions
qui est réservé au public.
Donc, vous aurez le micro
qui passera dans la salle
à la fin de la conférence.
pour chaque question,
je vous demanderai un tout petit peu
de discipline
et d'attendre que je vous passe
le micro avant de la poser.
La conférence étant enregistrée,
si vous parlez sans micro,
malheureusement,
on ne vous entendra pas.
Avant que je donne la parole
et que je lance les festivités
en posant la première question,
je vous demanderai aussi
de veiller à ce que vos téléphones portables
soient éteints
ou à minima,
si vous êtes dans l'attente
d'une information très importante,
peut-être sur vibreur,
histoire que ça soit assez discret
pour l'ensemble du public ce soir
et puis pour nous aussi.
Bien, alors la première question,
Florence, c'est pour toi
et je voudrais que tu puisses
nous définir ce qu'est un biais de genre
et nous dire comment
il s'applique parfois à notre insu.
Qu'est-ce qu'on m'entend ?
Oui, non, pas trop.
Si, c'est bon ?
Ah, là, c'est mieux.
Oui, merci.
Merci déjà, Virginie,
pour l'invitation ce soir
et merci à vous d'être là ce soir.
Donc, avant de parler des biais de genre,
en fait, je vais vous proposer
d'aborder quelques concepts utiles,
indispensables en sciences humaines et sociales
qu'on mobilise beaucoup
et donc, je vais commencer
par parler de la socialisation.
La socialisation,
au-delà du terme éducation
qu'on est amené à entendre régulièrement
et qui, finalement, se limiterait
aux acteurs clés qu'on a en tête,
comme l'école ou la famille,
la socialisation permet, en fait,
d'aborder tous les moments de la vie
et tous les acteurs ou tous les médias,
tous les supports
qui façonnent nos représentations
et donc qui nous socialisent.
C'est pour ça que c'est beaucoup plus large
que juste l'école ou les parents ou la famille.
C'est vraiment tout ce qui nous sert au quotidien,
les médias, les publicités,
les séries télé, les manuels scolaires,
la littérature jeunesse, les jouets, etc.,
pour ne citer que ça.
Donc, c'est une diversité de supports
et une diversité d'actrices ou d'acteurs.
Cette socialisation,
elle façonne les individus
de façon à partager,
à reproduire des normes sociales,
ce qu'on considère comme étant des normes
et du coup, aussi,
tout ce qu'on peut considérer
comme étant un peu hors normes,
en dehors de ce qu'on considère comme normal.
Et cette socialisation,
elle se fait au regard des groupes sociaux
auxquels on appartient.
Je dis bien groupes sociaux au pluriel,
parce que le fait d'être une femme ou un homme
ne nous identifie pas uniquement,
nous appartenons à différents groupes sociaux,
catégories sociales.
Et pour cela,
ce n'est pas neutre,
ces représentations-là ne sont pas neutres,
elles sont basées justement
sur les groupes sociaux auxquels on appartient.
Et la psychologie sociale
permet justement de mettre en évidence
les mécanismes qui sont à l'oeuvre
entre le moment où on va catégoriser
les individus dans différents groupes sociaux
et le moment où on peut en arriver
à des mécanismes de préjugés
et de discrimination.
Donc là, je propose une présentation
à l'écran de ce schéma
en donnant un exemple
qui repose sur les stéréotypes de genre.
Mais finalement, vous le voyez,
en transversal,
ça s'applique à toutes les formes d'idéologie
qu'on connaît,
que les sciences humaines permettent de mobiliser.
Donc le sexisme, le racisme, l'homophobie,
le validisme ou autrement dit l'handiphobie,
la phobie liée au handicap,
le classisme, etc.
Donc ces idéologies, finalement,
les prémices, on va dire,
c'est le fait de catégoriser les individus
et de mettre les gens, finalement,
dans des cases,
dans des catégories sociales.
Ça, c'est le cerveau qui fait ça
de façon très spontanée,
de façon très automatique.
On catégorise les gens
comme, finalement, on catégorise les objets.
C'est assez naturel de le faire.
Et sur ces catégories,
viennent s'appliquer des stéréotypes.
Là aussi, les stéréotypes,
ils sont indispensables pour vivre.
Notre cerveau, il est obligé
d'analyser ce qui nous entoure
grâce aux stéréotypes,
parce que sinon,
il ne pourrait pas fonctionner,
faire autrement
qu'analyser tout ce qui l'entoure.
Donc, par exemple, pour le cerveau,
une planche et quatre pieds,
c'est une table.
Voilà, c'est assez logique.
Identifier ça comme ça
et ça lui permet, effectivement,
de passer à autre chose
dans son analyse.
Un stéréotype, c'est problématique
quand ça vient s'appuyer
sur des représentations
et limiter les représentations
qu'on a des individus
ou des groupes sociaux.
Voilà, le stéréotype, autrement dit,
c'est une façon de caricaturer
la réalité,
de simplifier la réalité.
Et donc, finalement,
là, comme affiché sur l'exemple,
on avait la catégorie
« les femmes d'un côté
et les hommes de l'autre ».
Bon, là, déjà,
on voit ce qui se dessine
entre le fait
que ce sont deux catégories
bien distinctes
et sous-entendues différentes.
Et on applique des stéréotypes
qui seraient
« les femmes sont sensibles
alors que les hommes, eux,
sont autoritaires ».
Là aussi,
on vient bien marquer la différence
et sous-entendu aussi
la complémentarité
qu'il y aurait
entre ces deux groupes sociaux.
Là, on est déjà
en train de simplifier la réalité.
C'est bien évidemment
que toutes les femmes
ne sont pas sensibles
ou pas toutes de la même façon.
Bien évidemment
que les hommes peuvent l'être
et inversement.
Mais voilà, déjà,
ces stéréotypes,
ils façonnent nos représentations
et notre façon
d'analyser
ce qui nous entoure.
Sur la base
de ces stéréotypes,
finalement,
l'étape suivante,
elle arrive très vite.
L'étape suivante,
c'est les préjugés.
C'est considérer
que certains stéréotypes
ou certains groupes
valent mieux que d'autres.
Donc, par exemple,
les femmes s'occupent mieux
des enfants
parce qu'elles sont plus sensibles.
Et les hommes font
de meilleurs dirigeants
parce qu'ils sont plus autoritaires.
Et à partir de ces préjugés-là,
les actes,
la mise en acte
de nos représentations,
la mise en acte
de nos préjugés,
elle arrive aussi
de façon très automatique
si on ne prend pas du recul
par rapport
à ces représentations,
si on n'essaye pas,
justement,
d'analyser
ce qui est sous-jacent
à nos décisions
ou à nos actions.
Donc, par exemple,
le risque de discrimination,
la discrimination,
c'est la mise en acte
de nos préjugés.
Ce serait de dire
« Eh bien, moi,
je ne veux pas recruter d'hommes
dans les milieux
de la petite enfance
parce que, justement,
ils s'occupent moins bien
des enfants.
Et je ne veux pas
recruter ou promouvoir
des femmes
à des postes à responsabilité
parce qu'elles font
de moins bonnes dirigeantes
parce qu'elles ne sont pas
assez autoritaires
ou trop sensibles. »
Et là, on voit
que le mécanisme
des discriminations,
finalement,
il s'auto-alimente,
il s'auto-nourrit
puisqu'on vient considérer
que ces données,
elles sont un peu naturelles
ou innées.
Et donc là,
on ne sait plus trop
si ce sont les stéréotypes
qui créent les discriminations
ou si,
à cause des discriminations
et de toutes les différences
qu'on perçoit
dans la société,
finalement,
oui,
ça ne justifie pas
le fait que,
oui, c'est normal,
les femmes et les hommes
sont différentes et différents
et donc c'est normal
qu'ils n'occupent pas
les mêmes places
et les mêmes positions
dans la société.
À ce sujet,
je vous renvoie
vers une vidéo
que Marine Spack a réalisée
qui est disponible
sur Internet
qui s'appelle
« La mécanique sexiste »
et qui reprend très bien
ce mécanisme-là
dont je viens de vous parler.
Par ailleurs,
pour revenir un petit peu
sur ces mécanismes
de discrimination,
je tenais à souligner
aussi les travaux
de Gordon Allport,
un psychologue
qui a mis en évidence
les différents niveaux
de manifestations violentes
de la discrimination.
C'est pour mettre en évidence
à quel point
ça peut nous alerter
ces mécanismes-là
parce que le premier mécanisme
de discrimination
et de la violence
de la discrimination,
ça va être
les manifestations verbales.
Ça peut aller jusqu'à
l'évitement,
la ségrégation,
les formes violentes
et physiques
de discrimination
et Gordon Allport
parlent ensuite
pour la dernière étape
les génocides.
C'est là où on voit
qu'évidemment,
dès les prémices
d'une forme de discrimination,
ça peut déjà être gravissime
et on en arrive
à des points
de non-retour.
Sur la question
des violences faites
aux femmes,
quand on parle
de génocide,
on parle de féminicide.
c'est le terme
un peu parallèle.
Pour essayer d'aller
un peu plus vite
sur les questions de genre,
là, je tiens justement
à souligner
et à parler du travail
de Françoise Héritier
qui est anthropologue
et qui a montré
en fait que ce concept
de genre,
il est universel
dans le sens
où il traverse
l'histoire,
il traverse les âges
et il traverse
toutes les sociétés
qui ont pu être étudiées
par les anthropologues.
Le genre en sciences humaines,
c'est un concept.
On dit bien le genre
et pas les genres.
C'est un concept
qui permet de mettre
en évidence
déjà la différence
entre ce qu'on appelle
le sexe,
le sexe naturel
et les rapports sociaux
entre les groupes,
c'est-à-dire
entre les groupes des femmes
et les groupes des hommes
historiquement construits.
Et donc,
le genre,
Françoise Héritier
a mis en évidence
justement que
ces rapports sociaux
ne sont pas équilibrés,
ne sont pas équivalents
et elle parle
de balance différentielle
des sexes.
Donc, on a bien
la première étape
qui est la catégorisation.
Dans toutes les sociétés,
ça a été démontré
par les travaux
et effectivement,
les sociétés fonctionnent
en disant
qu'il y a le groupe
des hommes
et il y a le groupe
des femmes
qui sont bien distincts,
qui sont bien différents
et dans certaines sociétés,
ils sont complémentaires.
Il ne faut surtout pas
casser ça,
cette différence.
Et en plus,
ce n'est pas seulement
qu'ils sont différents,
c'est qu'on instaure
l'idée d'une hiérarchie
entre les deux.
Et donc là,
sur ma slide,
les deux catégories
ont bougé un peu.
Le masculin est monté,
le féminin est descendu.
Sur ma slide,
pour montrer que oui,
le masculin,
tout ce qui est relatif
au masculin
a tendance à être valorisé
dans nos sociétés
par rapport à ce qui est relatif
au féminin,
ce qu'on attribue
au féminin
et qui est dévalorisé.
Entre différentes sociétés,
ce qu'on attribue
au masculin,
ce n'est pas forcément
la même chose
dans nos sociétés
par rapport à d'autres.
Mais même si ça ne représente
pas les mêmes indicateurs,
les mêmes représentations,
ce qui est relatif
au féminin
est toujours dévalorisé.
Même si nous,
dans notre société,
ce serait quelque chose
qui serait valorisé
parce qu'il est attribué
au masculin.
C'est ça qui est précieux
dans les travaux
de Françoise Héritier,
notamment.
Ça permet de montrer
que c'est systémique.
Ce n'est pas rattaché
à des individus,
ce n'est pas une volonté
individuelle
ou une culpabilisation individuelle.
C'est vraiment sociétal.
Ça permet aussi
de mettre en évidence
que finalement,
le concept de neutralité
n'existe pas vraiment.
On en discutera
pendant la soirée,
mais on parle de neutralité
sur Wikipédia,
on parle de neutralité
dans les sciences,
mais en fait,
rien n'est neutre.
Forcément,
quand on fait quelque chose,
quand on parle de quelque chose,
on parle d'une place,
à partir d'une place
à laquelle on est situé
à un moment donné.
Et donc,
c'est notre vécu,
nos représentations
qui vont aussi façonner
notre façon
de faire des sciences.
Et voilà.
Là, en sciences,
notamment,
et sur les biais de genre,
c'est ce qu'on appelle
les biais de genre,
justement,
le fait que ça ne soit pas neutre,
on parle d'androcentrisme
des sciences.
Et enfin,
pour conclure
sur cette première question,
je voulais parler
de la richesse aussi
du concept d'intersectionnalité.
C'est le fait,
justement,
de mettre en évidence
que nous ne sommes pas
que des femmes
ou que des hommes,
mais nous appartenons
à différents groupes sociaux
au regard de nos origines,
de notre catégorie sociale,
de notre orientation sexuelle,
de l'identité de genre
à laquelle on se sent
le plus proche.
Et donc,
tout ça,
forcément,
on appartient
à une multitude
de catégories sociales
et on n'a pas les mêmes vécues
en fonction de ça.
Et donc,
ce concept
qui a été introduit
par Kimberley Crenshaw
est aussi très précieux
pour permettre
d'analyser
ce qui se produit.
Voilà.
Merci beaucoup, Florence.
Je pense que ça nous remet
vraiment en perspective
et c'est une super introduction
pour la suite de la soirée.
et donc, Delphine,
moi, j'aimerais maintenant,
comme chacun le sait ou presque,
Wikipédia est une encyclopédie
collaborative,
mais est-ce que tu peux nous dire
vraiment ce que cela signifie ?
Qu'est-ce que c'est Wikipédia
et comment tu pourrais nous l'expliquer
simplement afin que vraiment,
ensuite,
on parte avec à peu près
toutes et toutes les mêmes notions
sur la suite du sujet ?
Alors déjà, pour commencer,
je pense que tout le monde
ou presque a consulté Wikipédia
un jour dans sa vie,
c'est le top 10
des sites Internet
les plus consultés au monde.
En France,
ça dépend un peu des années.
En ce moment,
c'est le quatrième site Internet
le plus consulté.
Ce qui veut dire
que c'est le plus consulté,
on a plusieurs études
qui le montrent,
c'est que c'est aussi
un outil indispensable
pour la dissémination
des savoirs
et également pour la construction
de la connaissance collective.
Ce site Internet,
il est disponible
dans de très nombreuses langues.
Il y en a actuellement
341,
y compris par exemple
l'espéranto
ou le latin.
Et ça veut dire également
que ces 341 langues,
les articles Wikipédia
sont différents
dans chacune de ces langues.
On espère quand même
qu'il y a quelques points communs
entre les différentes versions
de l'article,
par exemple,
cheval.
Mais en tout cas,
ces différentes langues,
ces articles,
sont différents,
ce qui est aussi
intéressant à étudier.
Pour la version en français,
et je dis bien en français,
puisque ce n'est pas...
Enfin, on contribue
sur Wikipédia
avec des gens de Belgique,
du Québec,
de Suisse
et de toute l'Afrique francophone.
Sur Wikipédia,
en français,
on a 2,6 millions d'articles.
Et ces 2,6 millions d'articles
sont mis à jour
où les nouveaux
sont créés
par à peu près
18 800 personnes
qui sont,
en grande majorité,
bénévoles.
Je suis une des exceptions
de pouvoir contribuer
dans le cadre de mon travail.
La plupart des gens
sont totalement bénévoles
sur Wikipédia.
Alors,
qu'est-ce que c'est
que Wikipédia ?
On a 5 grands principes fondateurs.
Le premier,
c'est que c'est
une encyclopédie.
Dit comme ça,
c'est un peu la base,
mais ça découle
de tout le reste.
Si c'est une encyclopédie,
ça veut dire
qu'on est là
pour produire du savoir,
pour produire de la connaissance.
Ce n'est pas
une suite de sites internet,
ce n'est pas
un endroit
où va être
le CV Hal,
qui est l'endroit
où les chercheurs
généralement présentent
leurs travaux.
Non,
on est là
à la fin de l'article
pour qu'on ait appris
des choses
et qu'on ait fait
le tour sur le sujet.
Le deuxième grand principe,
et tu l'as déjà abordé,
c'est la question
de la neutralité
de point de vue.
Wikipédia est censée
être neutre
dans son contenu
et donc présenter
un petit peu
tout ce qui se dit
sur un sujet,
mais en respectant
le consensus scientifique.
Pour les articles
sur les sciences,
on va présenter
ce qui est actuellement
le consensus scientifique
et il y aura
une petite partie
qui sera sur
quelles sont les personnes
qui ne sont pas d'accord
avec ce consensus
et pour quelles raisons.
Le troisième,
c'est que Wikipédia
est publié
sous licence libre.
Sous licence libre,
c'est très important
pour la dissémination
des savoirs
puisque vous pouvez
copier le texte,
vous pouvez le passer
à votre voisin,
vous pouvez également
le vendre
si vous le souhaitez,
mais par contre,
il y a quand même
des conditions,
c'est qu'il faut citer
d'où est-ce que ça vient,
c'est Wikipédia
et que si vous faites
des modifications
sur ce texte,
ça doit être dans une licence
qui est compatible
avec ce que je viens
de vous indiquer.
Le quatrième,
c'est que Wikipédia,
ce n'est pas du tout
le Far West.
Il y a des règles
de savoir-vivre.
On est là pour construire
du savoir
et pour ça,
il faut que tout le monde
puisse s'entendre,
surtout que comme je vous l'ai expliqué,
il y a des gens
dont le français
n'est pas la langue maternelle.
Donc ça veut dire
qu'on contribue avec des gens
qui ont parfois des difficultés
avec certains points
de l'orthographe
ou bien avec certains mots
qu'ils ne connaissent pas.
Et le but,
c'est que ça ne soit pas
un handicap
qu'on soit là
pour contribuer ensemble.
Et je reviendrai
sur ces règles
de savoir-vivre
tout au long
de la présentation.
Et le cinquième principe fondateur,
c'est que,
mis à part ces cinq principes,
il n'y a pas
d'autres règles fixes.
Ces cinq principes fondateurs,
ils sont communs
à tous les Wikipédias,
que ce soit en français,
en anglais,
en allemand,
sauf les Allemands
qui ne respectent pas
le cinquième principe fondateur.
Et ce qui veut dire également
que toutes les règles
qui peuvent découler ensuite
sont communes
à chaque encyclopédie,
où toutes les règles
qu'on peut mettre en place
et on peut donc les changer
si ça ne respecte pas
ces cinq principes fondateurs.
A noter également
que dans la suite
de ma présentation,
je vais parler
d'un certain nombre
de statistiques,
d'un certain nombre d'études
qui ont toutes été publiées,
soit des statistiques
de la part de la fondation Wikimedia,
mais également d'études
qui ont été faites,
en majorité sur la Wikipédia
en anglais,
et je le mentionnerai.
On a également
quelques études en français,
et notamment le programme
Wikipédia et les femmes scientifiques,
le projet Wikif,
qui est porté par l'Université de Toulouse
et qui est toujours en cours.
Merci, merci.
Pour rendre un peu plus concrète,
cette entrée en matière,
je vous propose maintenant
de nous appuyer
sur des exemples.
Et notamment,
tu vas garder la parole, Delphine,
puisque notre premier exemple
va être la dissection,
si je puis dire,
d'une notice Wikipédia,
véritable acte chirurgical,
auquel tu vas t'adonner.
Je vais me lever pour ça.
Donc ici,
nous sommes sur la page Wikipédia
de Martha Krug-Genthe.
Et cette page Wikipédia,
en règle générale,
vous l'avez tous et toutes déjà vue.
On est sur une biographie scientifique.
C'est un plan très classique,
avec une partie qui va décrire
le parcours de la personne,
qu'est-ce qui va être sa vocation.
Ensuite, une partie qui va être
sur le travail,
et puis, enfin,
tout ce qui va être
les liens externes,
voire l'engagement de cette personne.
Sur Wikipédia,
on commence par quelques petites lignes
au début,
que nous nous appelons
le résumé introductif,
qui est la synthèse
de tout l'article
qui va suivre.
Ce qui veut dire
qu'étant donné
que dans l'article,
il y a des sources,
il n'y a pas de source
dans le résumé introductif.
Donc, si vous voyez
une source dans le résumé introductif,
généralement,
c'est qu'il n'y a pas eu
un très bon soin de la page
en termes de care,
je l'entends.
Ce résumé,
il commence toujours
par le nom de la personne
ou bien du sujet
qui est en gras,
comme vous voyez ici.
Et vous avez généralement
sur Wikipédia également
une infobox
qui est sur la droite.
Ici, vous voyez
la description de sa biographie.
Et ce qui est très important,
c'est que sur Wikipédia,
vous avez généralement,
on essaye,
d'avoir pour chaque phrase
une source.
Et les sources
sont capitales sur Wikipédia.
Elles sont capitales
et elles seront également
pour la suite
de la présentation
puisque s'il n'y a pas
de source,
il n'y a pas de page
Wikipédia.
S'il n'y a pas d'informations,
si on n'a pas de contenu
qui nous permettent
de nous appuyer dessus,
on ne peut pas le faire.
Et ces sources
doivent être de qualité.
Il faut s'entendre
des sources
qui ont été revues
par d'autres personnes,
ce qu'on appelle
généralement
des sources secondaires.
Les sources primaires,
ça va être une interview,
comme on fait ici ce soir.
Par contre,
les sources secondaires,
ça va être par exemple
la presse
qui va se faire
l'écho
de cette présentation.
La deuxième importance
des sources,
je vous l'ai dit,
Wikipédia est censée
être neutre.
Donc, les sources
nous permettent
de savoir
qui parle
ou bien
de quel point de vue
la personne parle,
que ce soit
les scientifiques
ou bien
les journalistes.
Et la troisième importance
des sources,
c'est simplement
pour pouvoir
aller vérifier,
nous,
l'information
qui est présente
sur l'article.
Donc, les sources
sont vraiment capitales
pour Wikipédia.
Et alors,
pourquoi est-ce qu'il y a
du biais de genre
sur Wikipédia
dans l'écriture des pages ?
Eh bien,
on l'a de plusieurs manières.
Vous le voyez déjà
un petit peu.
Généralement,
le nom de la personne,
il doit être mis en entier.
Et le premier problème
qu'on a généralement
sur Wikipédia,
c'est qu'il y a des gens
de toute bonne foi
qui vont juste utiliser
le prénom de la personne
dans toute la biographie
sans son nom.
Donc, ça ferait
Martha a fait ceci,
Martha a fait cela.
On est sur une scientifique,
vous ne la connaissez pas.
Le deuxième biais
qu'on peut voir,
c'est au niveau
de l'infobox
qu'on a ici.
Cette infobox,
on a dans le cadre
du projet Wikif
des statistiques
qui montrent
qu'en général,
elle est moins remplie
et notamment les occupations
où il y a moins
d'occupations
qui sont indiquées.
Là ici,
c'est une biographie
qui est un peu spécifique.
C'est que vous avez
un dessin
qui a été fait
par la dessinatrice
Little Makisar
tout simplement
parce qu'il n'y avait
pas de photos
libres de droit
pour pouvoir illustrer
cette page Wikipédia.
Merci beaucoup
Little Makisar
parce que sinon,
on n'aurait pas
de photos
pour illustrer
cette biographie.
Le biais de genre,
on l'a également
en français
sur la taille
des pages
sur les biographies
de scientifiques.
Les biographies
sont plus longues
sur Wikipédia
en français
pour les femmes
que pour les hommes.
tout simplement
parce que sinon,
elles ne tiennent pas
ces biographies.
Elles sont supprimées
de Wikipédia
parce qu'il y a
plus de difficultés
à les maintenir.
On a également
des soucis
sur l'aspect
de mention des travaux
qui sont souvent
moins mentionnés
que chez les hommes.
Mais surtout,
ce qui est assez spectaculaire,
c'est que pour les femmes,
on va citer
qu'elles sont mariées,
ce qui n'est pas le cas
pour les hommes
si les hommes ont également
leur biographie
sur Wikipédia.
et on va également
plus marquer
les relations
qu'elles ont,
aussi bien scientifiques,
donc de dire
qu'elle a été influencée
par telle personne,
qu'elle a travaillé
avec telle autre
que pour, par exemple,
des hommes scientifiques.
Et on a également
plus mention
de la famille
avec les enfants.
Voilà pour les différents
biais qu'on peut avoir
sur les pages Wikipédia
pour les biographies.
Pour, de manière générale,
on a le fait
que pour des biographies
plus généralistes,
par exemple,
sur l'article géographie,
on avait seulement
12% de femmes
qui étaient citées dessus.
Maintenant,
on est aux alentours
de 24.
Et à savoir aussi
qu'en règle générale,
les articles
qui traitent
des sujets
dits féminins
sont plus courts
que les articles
qui traitent
des sujets
vus comme plus masculins.
Il y a eu
un gros travail
qui a été fait
sur les biographies
de géographes.
Comme l'a mentionné Virginie,
il y a à peu près
20% de biographies
de femmes
sur Wikipédia
en français,
malgré tout le travail
qui a été fait
sur les géographes,
on n'en est qu'à seulement
17%,
donc bien en dessous
de la moyenne
de Wikipédia
en français.
Merci
pour ces explications.
Et je pense
que ces explications
vont rentrer
en écho
avec Florence
qui va reprendre
la parole.
Je pense qu'elle a
beaucoup de choses
à nous dire
sur le sujet,
sur les inégalités
aussi présentes
dans les carrières
scientifiques.
Est-ce que ça te parle
ce qui vient
d'être évoquée ?
Évidemment.
Et j'ai beaucoup
de choses à dire
parce qu'en fait,
il faut revenir
déjà aux enjeux
de l'orientation scolaire.
Donc en fait,
avant même
d'envisager
une carrière scientifique,
avant même
de devenir
une femme scientifique,
on se pose la question
des choix
d'orientation scolaire.
et ça,
effectivement,
ces choix,
finalement,
on peut même
réinterroger
le mot,
ce terme de choix
parce que les études
en sciences humaines
montrent très bien
finalement comment
très jeune,
on comprend qu'il y a
des voies toutes tracées
et des métiers idéaux
pour les hommes
et des métiers idéaux
pour les femmes.
Il y aurait des métiers
de femmes
et des métiers d'hommes.
Et donc,
ce mécanisme-là
d'orientation,
il est à la fois
influencé par les représentations
ou pour utiliser
le terme que j'utilise
depuis le début,
le mot stéréotype,
les stéréotypes
qu'on a sur les métiers
et à la fois
influencé par les stéréotypes
de genre.
C'est-à-dire qu'on n'a pas
tous et toutes
la même connaissance,
conception,
représentation
des métiers.
Notamment,
il y a des métiers
qui sont beaucoup moins connus
parce qu'on n'a pas forcément
dans son entourage
des personnes
qui les exercent.
Comme le disait Virginie,
j'ai travaillé un moment
dans une école d'ingénieurs.
Quand on n'a pas
d'ingénieurs autour de soi,
on ne sait pas ce que c'est
finalement exercer
le métier d'ingénieur.
Ça va être pareil
un petit peu
pour faire de la recherche,
faire des sciences.
C'est très générique
et c'est vraiment calqué
sur des stéréotypes.
Et puis en parallèle de ça,
on a aussi les stéréotypes
de genre
qui façonnent
nos représentations
et aussi nos goûts
et nos choix
dès le plus jeune âge
puisqu'on comprend très vite
qu'il y aurait
des métiers
ou des orientations.
C'est l'éternel constat
qu'il y a beaucoup moins
de garçons
dans les filières
dites littéraires
ou les langues
et moins de filles
dans les filières scientifiques.
Tout ça,
ce n'est pas inné,
ce n'est pas figé
parce que les études
montrent aussi
que d'un pays à l'autre,
les représentations
ne sont pas les mêmes.
Et là,
je cite notamment
les travaux d'Isabelle Collet
qui travaille sur la place
des femmes en informatique
et qui a montré
notamment qu'en Malaisie,
les métiers de l'informatique,
tous les stéréotypes
qui sont associés
à l'informatique,
finalement,
ils matchent très bien,
ils correspondent très bien
aux stéréotypes de genre
parce que ce sont des métiers
où, effectivement,
on peut exercer
depuis chez soi,
qui facilitent
la conciliation
des temps de vie,
où il n'y a pas besoin
d'une force physique,
on n'a pas de risque
de se salir
ou de se faire mal.
Et bien là,
dans ces pays,
effectivement,
c'est idéal
pour une femme.
Et donc,
tous les stéréotypes
qui pèsent
sur l'informatique
dans nos sociétés
et à nous,
faire de l'informatique,
en gros,
c'est être geek
et surtout,
certaines personnes
ne veulent pas être geek
ou être apparentées
à un ou une geek,
et bien ça,
ça éloigne,
en fait,
dans nos sociétés,
ça éloigne certains hommes
et puis une majorité
de femmes
dans ces métiers.
Alors qu'en Malaisie,
ça a tendance
à les attirer,
les stéréotypes
associés aux métiers
de l'informatique.
Donc,
je trouve que c'est intéressant
ces exemples
pour montrer que non,
en fait,
les stéréotypes,
heureusement,
ne figent pas complètement
tous les débouchés.
Mais par contre,
ce qui se met en oeuvre
dès le plus jeune âge
et donc même dès l'école,
ce sont des pratiques
d'enseignants
et d'enseignantes
différenciées
en fonction du genre
des élèves.
Ça,
c'est très largement documenté
en sociologie de l'éducation.
Ce sont des modèles différents
aussi dans les manuels scolaires,
dans la littérature.
Les problèmes,
pareil,
sur les manuels scolaires,
c'est très largement documenté.
Les problèmes
sur les exercices de maths,
on va nous régulièrement
mettre le stéréotype
d'une jeune fille
qui ne sait pas s'en sortir
à compter
ou qui veut faire les soldes.
Enfin bref,
qui usent
et surusent
des stéréotypes
pour faire travailler
les enfants
sur ces exercices
et finalement,
où les filles
se retrouvent
déjà en difficulté
dans l'énoncé
et doivent demander
de l'aide d'un garçon
pour les aider
à faire leurs achats,
par exemple.
C'est un exemple
parmi d'autres,
mais les stéréotypes
sont très présents.
Dans les manuels scolaires aussi,
il y a beaucoup moins
de présences de femmes
qui ont marqué l'histoire,
qui ont marqué les sciences,
donc ces modèles-là
sont très peu présents.
Et il y a un autre élément
très largement documenté
et qui est affiché ici à l'écran,
c'est ce qu'on appelle
la menace du stéréotype.
La menace du stéréotype,
ça a été aussi largement étudié
à la base aux Etats-Unis
sur les publics afro-américains.
Et en fait,
ces études ont été reproduites régulièrement
et encore aujourd'hui
sur les stéréotypes de genre.
Cette menace du stéréotype,
c'est une façon de dire
qu'au moment où un stéréotype négatif
est activé,
même sans l'énoncer verbalement,
mais de façon implicite,
les personnes qui subissent ces stéréotypes,
qui savent qu'elles sont
la cible de ce stéréotype,
vont finalement avoir moins de capacité
de concentration sur la tâche à réaliser
parce qu'elles se concentrent
sur le stéréotype
et sur le fait de devoir absolument
contourner ou contredire le stéréotype.
Donc un exemple assez rigolo
de nos vies quotidiennes,
ça pourrait être les femmes
qui ne se sentent pas suffisamment à l'aise
de faire un créneau en voiture
parce qu'elles savent qu'elles sont observées.
Sous-jacent à ça,
c'est le stéréotype.
Les femmes sont nulles en conduite,
elles ne savent pas faire de créneau,
elles ne savent pas bien conduire.
Et du coup,
il y a cette forme de pression
qui s'exerce sur elles
au moment où elles savent
qu'elles sont soit suivies d'autres voitures,
soit qu'un groupe d'hommes
les observe dans la rue.
Donc ça, c'est le côté rigolo.
Dans le côté moins rigolo
de l'illustration de la menace du stéréotype,
c'est cet exercice qui a été proposé
à des élèves de 6e et 5e.
Et donc, à l'écran est affichée
une figure de géométrie dite complexe,
donc avec plusieurs formes,
plusieurs couleurs,
plusieurs lignes tracées.
Et donc, on a divisé 454 élèves
de 6e et 5e en deux groupes mixtes.
On a dit au premier groupe,
vous allez réaliser un exercice de dessin.
Et on a dit au deuxième groupe,
vous allez réaliser un exercice de géométrie.
Et à l'autre groupe, un test de dessin.
Et bien, en fait,
la menace du stéréotype,
le stéréotype a été activé
quand on a prononcé le test géométrie.
Et géométrie, pour les élèves,
c'est clair, ce sont des maths.
Et pour les élèves, c'est clair,
les filles sont nulles en maths.
Donc, quand on active ce stéréotype,
même sans dire, vous savez,
vous vous souvenez,
les filles sont nulles en maths.
Et bien là, en fait,
les filles, effectivement,
réussissent moins bien l'exercice.
Quand on habille la tâche différemment,
c'est-à-dire quand on énonce l'exercice
d'une autre façon,
c'est un test de dessin.
Là, il n'y a pas de stéréotype,
en tout cas, il n'y a pas d'enjeu
à faire du dessin.
Même un test en dessin,
il n'y a pas d'enjeu à l'école,
là-dessus, c'est juste du dessin.
Et bien, les filles réussissent
aussi bien, voire mieux que les garçons.
Donc là, je trouve que c'est intéressant
parce qu'on identifie,
dès ce niveau-là,
un levier d'action primordial
pour limiter l'effet des stéréotypes
dès le plus jeune âge.
Ensuite, les autres facteurs
qui, malheureusement,
reproduisent un peu les stéréotypes,
ce sont les représentations,
comme je le disais tout à l'heure,
les modèles qu'on a autour de soi.
Et là, il y a un exercice
qui est aussi intéressant à faire
et que j'ai déjà eu l'occasion
de mener auprès de jeunes de collège.
C'est un petit exercice tout simple
que vous pouvez faire autour de vous.
En anglais, c'est
« Draw me a scientist ».
En français, ce serait
« Dessine une personne qui fait des sciences ».
Et bien là, je vous laisse deviner,
en général, les élèves décident
quelqu'un qui ressemble à Einstein, en fait.
Donc, il y a toute la panoplie
du chimiste ou du physicien
avec la blouse blanche,
tout le matériel qu'on retrouve
pour faire de la chimie.
Et puis, qui est plutôt d'apparence
un homme blanc d'un certain âge
avec les cheveux soit dégarnis,
soit tout ébouriffé sur la tête.
Et même si les représentations,
elles peuvent évoluer
et qu'effectivement,
ces dernières années,
on voit des élèves
qui dessinent d'autres types de scientifiques,
globalement, ce stéréotype-là,
il reste très présent.
Donc, c'est difficile de se projeter
vers ces métiers
quand notre seule figure de scientifique,
c'est quelqu'un comme Einstein.
Et qu'en plus,
on ne comprend pas très bien
tout ce qu'il fait.
Et l'autre élément,
là aussi,
pour citer des travaux de sociologues,
notamment Clémence Perronnet,
qui travaille beaucoup
sur ces sujets-là,
montre le rôle central
de modèle dans la famille,
notamment les sœurs aînées.
Clémence Perronnet parle des sœurs aînées.
Si les sœurs aînées
ont fait des études en sciences,
ça encourage les autres filles
de la famille à faire des sciences.
Il y a des études aussi
qui montrent que dans les familles
les plus populaires,
le fait que les pères
encouragent les filles
à faire des études,
c'est quand même un levier important.
Ensuite,
quand on est dans la carrière,
il est à noter quand même
qu'avant la réforme du bac,
les bachelières scientifiques,
les filles représentaient
une majorité
de bachelières scientifiques.
Donc,
ce n'est pas que les filles
ne s'orientaient pas
vers les sciences,
c'est que les garçons
ne s'orientaient pas du tout
vers les filières littéraires.
Donc,
on estimait
qu'il y avait
beaucoup plus de filles en lettres
et beaucoup plus de garçons en sciences,
mais non,
les filles s'orientaient
vraiment en sciences
et les garçons
désertaient complètement les lettres.
Les filles,
du coup,
étaient quand même représentées
parmi les bachelières scientifiques.
Elles réussissaient mieux le bac
parce qu'en général,
elles ont des mentions très bien
ou des mentions bien
de façon plus importante
que chez les garçons.
Ça,
ça a changé
avec la réforme du bac.
Et du coup,
malgré ça,
elles ne s'orientaient pas forcément
vers les études supérieures
en ingénierie
ou en sciences,
dites fondamentales,
en tout cas,
parce qu'en sciences humaines,
oui,
on les retrouve.
Mais en tout cas,
au fil de la carrière,
quelle que soit la discipline,
même en sciences humaines,
même en lettres,
même en langue,
on voit que la carrière
des femmes dans les sciences
n'est pas la même
et avance beaucoup moins vite
que celle des hommes.
Et donc,
pour ça,
on a des concepts
tels que le plafond de verre
pour dire qu'à un moment donné,
elles sont bloquées
dans l'ascension professionnelle.
Couloir de verre,
c'est pour dire
qu'elles sont limitées
à certains métiers,
à un même niveau d'hierarchie.
Et puis,
une autre façon
de le schématiser,
c'est ce qu'on appelle
le tuyau percé.
Donc là,
l'illustration qui s'affiche,
c'est très simple.
C'est ce tuyau
qui montre quand,
au début,
les femmes qui sont diplômées
de l'enseignement supérieur,
alors là,
les chiffres ne sont volontairement
pas indiqués
parce que je n'avais pas
les derniers chiffres à jour.
C'est une figure
qui date d'un rapport
de l'UNESCO de 2013,
je crois,
donc je ne voulais pas afficher
des chiffres aussi vieux.
Mais les choses
n'évoluent quand même pas
très vite.
Mais on voit que,
voilà,
au début,
les femmes diplômées
du bac,
comme je disais,
sont limite à parité
avec les garçons.
Et puis,
progressivement,
il y a cette déperdition.
On voit que ce tuyau,
il est percé
et qu'il y a des gouttes
qui tombent régulièrement
à chaque niveau
pour les filles diplômées
d'un master,
pour les filles
qui passent une thèse,
enfin les femmes
qui passent une thèse,
pardon.
Et puis après,
parmi les femmes chercheuses
qui acceptent
au poste de maîtresse
de conférence
puis au poste
de professeur
des universités.
Et donc ça,
c'est pareil,
c'est global,
c'est international,
on voit ça dans tous les pays.
Et tout le monde
est un peu démuni
face à ce constat.
Voilà.
Et tout ça,
c'est dû à la fois
au fait que,
historiquement,
notre vision
est très androcentrée,
comme je disais tout à l'heure.
Les biais de genre
font qu'on identifie
vraiment que
les carrières idéales
ce sont celles des hommes.
Donc,
il y a des critères
qui ont été pensés,
définis en fonction
de ces carrières-là,
un peu dites normales.
Justement,
là,
on retrouve la question
des normes.
Les exigences
ne sont pas les mêmes
pour les femmes
ou pour les hommes.
On est en général
plus durs avec des femmes.
Il faudrait qu'elles aient
publié beaucoup plus
par rapport
à des collègues masculins
pour obtenir
le même type de poste.
On sait aussi aujourd'hui,
c'est un peu mieux documenté
ces dernières années,
que les femmes
dans l'enseignement supérieur
à la recherche
s'investissent davantage
dans ce qu'on appelle
le travail académique domestique,
c'est-à-dire qu'elles vont réaliser
toutes les petites tâches
à côté
qui permettent
de faire vivre
le fonctionnement
d'une filière d'études
ou d'un laboratoire.
Donc,
les formalités administratives,
le suivi des élèves,
l'organisation d'événements,
etc.,
elles s'impliquent
beaucoup plus,
un peu comme
elles s'impliquent
beaucoup plus
dans le travail domestique
en général.
Mais ça,
ce n'est pas du tout valorisé,
voire c'est invisible
à l'échelle
d'un laboratoire de recherche
ou d'un établissement
d'enseignement supérieur.
Donc ça,
ça ralentit aussi
leur carrière
puisque du coup,
c'est du temps
qu'elles ne peuvent pas
consacrer à leur recherche
et à leur activité.
Enfin,
d'autres mécanismes
beaucoup plus historiques
comme l'effet Mathilda
permettent d'identifier
comment les femmes
ont été évincées
finalement des sciences,
en tout cas de la visibilité
qu'on leur donnait
parce que les femmes
ont fait des sciences,
peut-être en moindre nombre
historiquement,
mais plusieurs femmes
ont fait des sciences
et l'histoire
ne les a pas retenues.
Soit parce que
des hommes autour d'elles
se sont accaparés
leurs travaux
et leurs découvertes,
soit parce qu'on les a
progressivement aussi
oubliés
dans les manuels d'histoire.
Donc il s'agit aussi
de lutter contre ce phénomène
d'effet Mathilda
qui peut encore
être manifesté aujourd'hui.
J'y reviendrai tout à l'heure
quand il y a des travaux
en groupe qui sont menés.
Et enfin,
la dernière partie
portera aussi là-dessus,
c'est que les femmes
subissent encore
des mécanismes
de discrimination
et de sexisme au travail
qui fait que forcément
elles sont désavantagées
ou en situation
de vulnérabilité,
ce qui empêche
la progression de carrière
et le bien-être au travail
par ailleurs.
Et bien Delphine,
je vais te laisser rebondir
en fait sur ce constat,
sur un petit peu
tout ce qu'on a vu,
l'effet tuyau percé,
plafond de verre,
effet Mathilda
et comment ça,
ça se traduit
et comment tu peux
nous éclairer
sur Wikipédia
pour éviter
ou en tout cas
mieux percevoir
ce phénomène.
Parce que jusqu'à présent,
Virginie nous a présenté
un peu les obstacles
que rencontrent
les scientifiques,
notamment les femmes
scientifiques
dans leur carrière.
Et bien après,
vous avez le bilan
qui est pour Wikipédia
puisque nous,
sur Wikipédia,
tout le monde
ne peut pas avoir
sa biographie
quand on est scientifique.
Tout le monde
ne peut pas l'avoir,
il y a des critères
d'admissibilité.
Alors il y a des critères
d'admissibilité
qui sont dits généraux
que vous avez ici.
Ils sont généraux
puisqu'ils s'appliquent
à toutes les personnes.
Donc pour avoir le droit
à sa biographie
sur Wikipédia en français,
il faut être par exemple
mentionné dans une encyclopédie
de références
comme l'Encyclopedia
Universalis,
l'Encyclopedia Britannica.
Je ne vous cache pas
que la part des femmes
y est plutôt faible
même si Wikipédia
s'en targue,
ils ont une meilleure
représentation des femmes
que ces encyclopédies.
Ou bien,
deuxième critère général,
c'est un de ces trois-là,
il faut être le sujet
d'un ouvrage publié
à compte d'éditeurs.
Ou bien,
avoir fait l'objet
de deux articles
ou émissions
et se passer
d'au moins deux ans,
deux ans étant compris
comme 24 mois,
23 mois,
ça n'est pas passé
pour un cas,
dans des médias
d'envergure nationale
ou internationale.
Donc là,
vous voyez également
le souci,
c'est-à-dire qu'on est
sur des articles,
pas des interviews,
donc c'est beaucoup
plus difficile
quand on va interviewer
une personne
de pouvoir ensuite
faire sa biographie.
Ce n'est pas un critère
pour Wikipédia.
Donc là,
on est vraiment
sur des critères généraux
et vous voyez bien
ce qu'on se retranscrit
ce qu'a dit
ma collègue juste avant.
A savoir que ces critères-là,
ils viennent de la Wikipédia
en anglais,
on est sur la notoriety
à l'anglaise,
ce qui fait qu'il y a
pas mal de choses
où on voit bien
que ça ne colle pas
tout à fait vraiment
avec le français.
A noter aussi que même
si certaines encyclopédies
sont acceptées,
comme par exemple
le dictionnaire universel
des créatrices,
il y a quand même
des gens sur l'encyclopédie
qui estiment que ce n'est
pas une encyclopédie
de référence
qu'elle est vue
comme militante.
On parle d'une encyclopédie
qui a été rédigée
par des chercheurs
ou des chercheuses
où là aussi,
on dépense de l'énergie
pour défendre
le fait que si cette personne
est dans le dictionnaire
universel des créatrices,
elle a le droit
à sa biographie
sur Wikipédia.
Donc on perd du temps,
on perd également
le temps qu'on peut passer
à rédiger d'autres biographies,
c'est long,
il faut débattre.
Ça, c'est aussi Wikipédia,
il faut avoir du temps
pour débattre,
ce que n'ont pas toujours
les femmes.
Il faut avoir des arguments,
il faut prendre le temps
d'argumenter.
Ça, c'était l'ancienne directrice
de la fondation Wikimédia
qui disait que ce n'était
pas forcément la position
que préféraient
un certain nombre
de contributrices.
Donc ça, c'est pour
les critères généraux.
Généralement,
quand je dis ça,
tout le monde me dit
que pour les scientifiques,
ce n'est pas du tout possible.
C'est la raison pour laquelle
on a des critères spécifiques.
Et ces critères spécifiques,
c'est si les critères généraux
ne peuvent pas coller,
on a ces trois critères-là.
Ces trois critères-là,
c'est soit avoir un prix
national ou international,
comme un prix Nobel
ou une médaille d'or
du CNRS,
et la médaille d'argent
peut passer.
La plupart du temps,
elle passe,
mais j'ai déjà eu
des débats de personnes
qui disaient que non,
la médaille d'argent,
ça ne suffisait pas
du CNRS.
La médaille d'or,
c'est ce qui couronne
une carrière scientifique
au CNRS.
Une médaille d'argent,
c'est ce qui montre
des réalisations
assez exceptionnelles.
Et vous avez
la médaille de bronze
qui est généralement
dessinée en début de carrière
pour encourager la carrière.
Et donc,
à ce titre-là,
Wikipédia ne reprend pas
les médailles de bronze
puisqu'ils estiment
que la personne
n'est pas encore
assez notable.
Elle est au début
de sa carrière.
C'est là pour l'encourager.
Le CNRS a fait le choix
il y a quelques années
grâce à la mission
Égalité Hommes-Femmes
de faire en sorte
que les médailles d'argent
soient remises à égalité
entre les hommes
et les femmes.
Ce n'était pas le cas
auparavant.
Et mécaniquement,
pour nous,
sur Wikipédia,
ça nous a fait des biographies
qu'on pouvait rédiger
de manière automatique
où on n'avait pas forcément
beaucoup à se battre.
Sauf que le CNRS
n'avait pas l'historique
de ces médailles.
Donc, j'ai fait le travail
d'aller dans des archives
du CNRS à GIF sur Yvette
pour aller rechercher
toute cette liste
des médailles.
Donc, je suis remontée
jusqu'aux années 1954.
La liste n'est pas encore complète
mais elle est beaucoup plus
qu'auparavant.
Et c'est aussi ce qu'il faut retenir
c'est que sur Wikipédia,
généralement,
on tombe sur des choses
on se dit
là, il y a des manques
et bien allons-y.
Et je n'ai pas fait
que les médailles d'argent
des femmes.
J'ai fait Hommes et Femmes.
Et c'est aussi ce qu'il faut retenir
c'est que quand on travaille
sur l'égalité Hommes-Femmes
on bosse aussi
pour une meilleure représentation
des hommes.
Le deuxième critère
d'admissibilité
c'est d'être considéré
comme une personne
de référence
dans le domaine concerné.
Et pour ça
il faut des sources.
Je vous rappelle
pas des interviews.
Voilà.
Des sources qui mentionnent
que cette personne
est de référence.
Comment est-ce qu'on le fait ?
Ça va être avec des arguments
comme est passé dans des médias.
Des médias
à savoir qu'on a une étude
qui indique que
les médias en règle générale
accordent
c'est une étude de 2021
ils ne citent que
un quart de chercheuses.
Donc elles sont moins présentes
dans les médias.
Donc nous ça nous fait
des sources en moins
pour Wikipédia.
Et je vous rappelle
tout s'appuie sur des sources
sur Wikipédia.
Ou bien le troisième critère
c'est d'être considéré
comme à l'origine
d'une théorie
largement diffusée.
Largement diffusée
c'est-à-dire reprise
par d'autres personnes.
Et moi on m'a déjà témoigné
à une chercheuse
qui est là
depuis un certain nombre d'années
qui disait
qu'il y avait des collègues
qui refusaient
de citer ses travaux
juste parce qu'elle était une femme.
Donc vous voyez le poids
qui fait que
tous ces critères
font que c'est
beaucoup plus difficile
pour Wikipédia
de rédiger
des biographies
de scientifiques.
C'est beaucoup plus compliqué
il faut des sources
à chaque fois
et pour ça
on peut faire pression
pour que des journalistes
donnent plus
sa parole aux femmes
mettent plus en valeur
les travaux scientifiques
menés par des femmes.
Donc ça c'est
une importance capitale
pour quand on veut
rédiger ces règles.
A savoir que
pour rédiger ces articles
à savoir que
moi généralement
quand je présente
ces articles
pour un certain nombre
de chercheuses
c'est un choc
puisqu'elles s'aperçoivent
qu'il y a pas mal de choses
qu'elles faisaient
qui permettaient
de faire fonctionner
la recherche
tu en as parlé
notamment
toutes les tâches administratives
et autres
et qui voient bien
que ça se paye
en fait
à ce moment là.
Donc quand je présente
ces critères
c'est parfois
assez difficile
pour les chercheuses
de les voir ici
et non c'est.
Merci.
Donc là on vient
de voir que
les prix scientifiques
sont un véritable levier
pour visibiliser
les chercheuses.
Tu as évoqué
pour autant
que c'est assez récent
que l'attribution
de manière paritaire
notamment par le CNRS
soit mise en place
notamment pour les médailles
d'argent.
On a bien vu aussi
un défaut au niveau
des archives
et le fait de pouvoir
justifier les années précédentes.
mais alors
moi je me pose
la question
comment ces prix
sont attribués
par l'intermédiaire
de quel jury
sous quel critère
puisque la parité
est toute récente
manifestement.
Peut-on parler
de décalage
au sujet
des instances
gouvernantes
qui définissent
les règles
qui prennent
les décisions
qui actent
de la validation
des connaissances
et de l'égalité
entre les sexes ?
Tu reprends la parole
Florence ?
Oui.
Alors je ne suis pas
une experte
sur la façon
dont les prix
sont attribués.
J'ai même travaillé
le sujet
un peu pour aujourd'hui.
Ma réponse va peut-être
être à côté
de la question
mais en fait
reprend ce que je disais
jusqu'à présent
c'est-à-dire
qu'on a déjà évoqué
le fait que
les carrières scientifiques
des femmes
avancent beaucoup moins vite
que celles des hommes
donc forcément
la valorisation
et la visibilité
de ces carrières
est moins évidente.
Ensuite,
il y a le fait
d'avoir le temps
aussi de travailler
sur ces travaux
de recherche.
On a parlé
du travail académique
domestique
mais il y a aussi
tous les enjeux
de conciliation
des temps
et c'est en consultant
un article
sur Wikipédia
qui s'appelle
La place des femmes
dans l'attribution
du prix Nobel.
Cet article
mentionne une étude
menée sur les lauréates
du prix Nobel
jusqu'à l'année 2000
et en fait
sur les 29 lauréates
à l'époque
du prix Nobel
9 n'étaient pas mariées
ou étaient divorcées
et 7 n'avaient pas d'enfants.
Donc finalement
on comprend
que le fait ici
de ne pas être
soumise à des exigences
des contraintes
de famille
de vie de couple
et de mère
ça peut être
un levier
ou un tremplin
pour accélérer
un peu sa carrière.
C'est évident
effectivement
que ça permet
d'avoir plus de temps
pour son travail
et donc ça a permis
potentiellement
à ces femmes
d'être repérées
pour recevoir
un prix Nobel.
L'autre élément
c'est que
il faut
finalement
être
recommandé
par quelqu'un
de son entourage
par ses pairs
pour être parmi
la liste
des potentiels
lauréates
ou lauréats
d'un prix Nobel.
Or
ça c'est ce qu'on appelle
l'effet
Boys Club
les hommes
volontiers
se valorisent
et se recommandent
entre eux
tandis que
ça joue en défaveur
des femmes.
Delphine l'a très bien évoqué
une femme
qui était malheureusement
soumise
à une décision
de ses collègues
de ne pas
qu'ils ne...
Alors là je pense
que vous êtes en train
de regarder la vidéo
qui a été lancée
un peu trop tôt
je pense
mais oui
je crois
parce que du coup
je vous vois lire
ce qui s'affiche
à l'écran
et ce n'est pas
le propos que j'ai
il n'y a pas de soucis
en plus je voulais
l'introduire
cette vidéo
quand même
heureusement
non pardon
non il n'y a pas de soucis
et donc
comme les femmes
justement
on va moins
les recommander
ou soumettre
leur nom
évidemment
qu'elles vont moins
faire partie
des lauréates
l'autre élément
aussi
c'est que les femmes
et les filles
en général
sont socialisées
pour
comment dire
s'intéresser
à comment le groupe
va au bien-être
du reste du groupe
à ce qu'on appelle
le care
le travail du care
prendre soin d'eux
s'investir
s'engager
dans le collectif
travailler pour les autres
avec les autres
et ça se voit aussi
dans les travaux
de recherche
et scientifiques
or ça
ce n'est pas du tout
valorisé en fait
et là
j'ai repris un article
paru dans Nature
en 2022
qui s'appelle
Women are accredited
less in science
than men
désolé
c'est en anglais
mais en gros
ça veut dire
que les femmes
sont moins promues
ou valorisées
que les hommes
dans les sciences
et qui met en évidence
que les femmes
ont 13%
moins de chances
que les hommes
de signer un article
provenant de leur équipe
de recherche
et 58% de moins
dans un brevet
alors même
qu'elles y ont contribué
et ça en fait
dans les sciences
et dans la recherche
c'est fondamental
d'avoir son nom
qui paraît
parmi les auteurs
et autrices
d'un article
et dans certaines disciplines
c'est même
l'ordre des noms
qui compte en fait
plus on est premier
et mieux c'est
plus c'est valorisant
donc forcément
ça joue en défaveur
des femmes
voilà
et ensuite
peut-être que c'est là
où tu
non
c'est là où toi
tu prends la parole
sur les profils
des wikimédiens
et wikimédiens
voilà
elle se relance
on n'arrivait pas
à la lancer
tout à l'heure
alors
un petit instant
tac
parce que
alors
oups
je l'arrête
et donc oui
en préparant
cette
cette conférence
avec Delphine
et Florence
j'ai appris aussi
plein de choses
puisque
vraiment
j'étais loin
de soupçonner
ce degré
en fait
d'inégalité
ou en tout cas
des choses
qui étaient aussi ancrées
ou que j'avais l'habitude
de voir
et qui me paraissaient
tout à fait
normal
et pour faire suite
à ce qui vient
d'être dit
j'ai un petit peu
accroché
donc
et je voudrais
citer
d'un commun accord
des résultats
les résultats
d'une enquête
sociologique
qui a été menée
par Nicolas Julien
et Léo Joubert
sur le profil
des contributeurs
sur Wikipédia
c'est un travail
au long cours
qui a commencé
en 2011
il est repris
et commenté
en 2021
à l'occasion
des 20 ans
de Wikipédia
et notamment
dans un entretien
entre Rémi Gerbet
qui est alors
directeur exécutif
chez Wikimedia France
et qui interroge
Léo Joubert
qui a mené
cette enquête
donc en binôme
et là
je cite
une réponse
de Léo Joubert
on repère
deux profils
très spécifiques
qui dominent
nettement
tous les autres
c'est pour cela
que je parle
d'étapes de sélection
d'un côté
tu as des jeunes hommes
encore dans
l'enseignement secondaire
donc les lycées
et les collèges
de l'autre
des hommes
de moins de 40 ans
fortement diplômés
donc une très forte
influence du genre
dans mes modèles
je montre par exemple
que le fait
d'être un homme
dispose davantage
à passer à l'acte
que le fait
d'avoir un doctorat
ce qui peut sembler
étonnant
pour une encyclopédie
donc là
c'est un tout petit extrait
vous pouvez retrouver
l'ensemble
de l'entretien
sur une page
de l'association
Wikimedia
donc l'entretien
s'appelle
mais qui sont
les Wikipédiens
voilà
vous pouvez assez facilement
retrouver cela en ligne
donc dans cette enquête
il ne s'en cache pas
les contributeurs
sont majoritairement
des hommes
qui contribuent
seuls
donc il n'y a pas vraiment
de dynamique de groupe
en tout cas
elle est très faible
leur motivation principale
c'est pas d'être
dans le collectif
à l'inverse
de certains groupes
qu'on peut rencontrer
sur Wikipédia
dont on va parler
d'ici quelques minutes
et donc moi
je m'interroge
est-ce que c'est difficile
pour une femme
d'être une contributrice
solitaire
sur Wikipédia
quelles que soient
les actions
qui sont mises en place
faut-il s'attendre
à ce qu'il y ait
vraiment un combat
permanent
pour la reconnaissance
de l'égalité homme-femme
et comment éviter
en fait
les retours en arrière
je sais pas
moi j'ai l'impression
que l'histoire
pour l'égalité
ne glisse pas vraiment
dans le sens
de la pente
tu veux rebondir
sur la vidéo
Florence
oui alors
avant justement
de projeter cette vidéo
je tiens à dire
que ce sont
des témoignages
de sexisme
de violences sexistes
et sexuelles
vécues
dans un laboratoire
de recherche
un institut
donc si vous ne souhaitez
pas être confronté
à ces verbatimes
à ces témoignages
sentez-vous autorisé
à ne pas lire
à ne pas regarder
la vidéo
qui va être projetée
c'est surtout
une façon d'illustrer
mon propos
qui va justement
aborder cette thématique
et donc
cette vidéo
a été réalisée
par le comité parité
de l'institut Fourier
qui est un laboratoire
de recherche
pour travailler
sur ces sujets
au quotidien
je peux vous dire
que ce n'est pas propre
à cet institut
on sait très bien
à quel point
c'est généralisé
donc justement
l'élément
qui peut réfréner
les femmes
à s'engager davantage
dans les métiers
et les carrières scientifiques
de la recherche
ou sur Wikipédia
ou dans les médias
en général
ce sont aussi
les risques
de sexisme
ou de violence
sexiste et sexuelle
auxquels elles sont confrontées
en fait
et qui engagent
chez certaines
ou chez la plupart
des stratégies
des stratégies
pour être moins confrontées
ou éviter
les situations à risque
ou les personnes à risque
et puis sur internet
on sait aussi
que les femmes
peuvent se cacher
et choisir des pseudos
qui ne soient pas genrés
pour éviter justement
d'être tout de suite
identifiées comme une femme
et donc
pour revenir un peu
sur les questions
d'orientation scolaire
les études montrent
que la crainte
de se retrouver
seule femme
ou en grande minorité
dans une discipline
très connotée
comme masculine
décourage
certaines jeunes femmes
à s'y orienter
le rapport 2023
qui est récent
du Haut Conseil
à l'égalité
entre les femmes
et les hommes
sur l'état
du sexisme en France
un rapport
qui paraît annuellement
rapporte que
15% des femmes interrogées
ont déjà redouté
voire renoncé
à s'orienter
dans les filières
métiers scientifiques
ou toute autre filière
ou métiers
majoritairement
composés d'hommes
donc la crainte
du harcèlement sexuel
est considérée
comme étant
en tout cas
la quatrième cause
évoquée par ces femmes
pour finalement
réfléchir
au fait
que leur choix
de métier
ou d'orientation
finalement
est-ce que c'est
la bonne pour elles
et donc
ces arguments
soulignent finalement
la crainte
d'un environnement
défavorable
voire hostile
à leur présence
et qui ne serait pas prêt
à les accueillir
donc l'enseignement supérieur
et la recherche
comme l'art
la culture
la politique
etc
n'est pas épargnée
par les violences
sexistes et sexuelles
et c'est aussi
une manifestation
du système
de discrimination
dont j'ai pu parler
et qui prennent
ces violences
sexistes et sexuelles
prennent différentes formes
et c'est vraiment
un effet
c'est vraiment structurel
ce n'est pas propre
à des individus
là on parle vraiment
d'un système
et d'ailleurs
l'enquête menée
par la fondation
L'Oréal
pardon
et l'Ipsos
l'année dernière
en 2023
même il y a deux ans
montre que 80%
des chercheuses
dans le monde
ont déjà vécu
une situation
de sexisme au travail
et la moitié
en a vécu
au moins trois
donc voilà
c'est pour montrer
l'ampleur
du problème
Pendant que je repasse
sur le powerpoint
est-ce que tu réagis
à cela Delphine
à la question
des profils
et comment ça se passe
sur Wikipédia
et notamment
au collectif
de femmes
qui arrivent
à se mettre
en place
pour justement
faire face
à ces problématiques
sans être
tout à fait solitaire
Alors il faut savoir
que sur Wikipédia
on a énormément
de statistiques
on a plein de statistiques
sur l'heure
et la minute
voire la seconde
à laquelle on contribue
on a plein de statistiques
sur quand est-ce qu'on contribue
combien de biographies
ou combien de pages il y a
par contre
et c'est un choix
il y a très peu
d'informations
qui sont collectées
sur les contributeurs
et les contributrices
ce qui veut dire
que l'information
de qui contribue
sur Wikipédia
eh bien on les a
par des enquêtes
de la fondation Wikimédia
et en gros
on est entre
10 à 20%
de contributrices
sur Wikipédia
donc c'est-à-dire
qu'on est en minorité
et en très grosse minorité
sur Wikipédia
on est en minorité
mais il y a quand même
des espaces
dont j'en fais partie
des espaces
qui permettent
en fait de pouvoir
contribuer
dans un environnement
qui on l'espère
est un peu plus
favorable
et donc notamment
il y a un projet
qui s'appelle
Les 100 pages
donc un projet
sur Wikipédia
c'est un groupe
de personnes
qui se rassemblent
pour contribuer
sur un sujet
et donc là
le groupe
Les 100 pages
j'en fais partie
il a été lancé
en 2016
et il vise
à réduire
les biais de genre
sur Wikipédia
donc notamment
en contribuant
sur des biographies
de femmes
au sens large
mais également
sur les minorités
de genre
et puis ça va également
sur la diminution
du biais de genre
ça peut être par exemple
de contribuer
sur des articles
d'hommes
qui sont mannequins
puisqu'on en a très peu
sur Wikipédia
en tout
il y a à peu près
68 000 articles
qui ont été créés
et c'est ce qui a permis
même si toute la communauté
Wikipédia
qui a participé
de passer
cette année
enfin l'année dernière
en 2024
les 20%
de biographies
de femmes
sur Wikipédia
voilà
on est beaucoup plus
c'est beaucoup plus faible
pour l'enquête Wikif
en termes de pourcentage
mais actuellement
on a 20%
de biographies
de femmes
sur Wikipédia
ce collectif
il ne fait pas
toujours le consensus
il y a ce qu'on appelle
un phénomène
de backlash
de retour en arrière
puisque c'est régulièrement
attaqué par les médias
pour ma part
moi qui fais partie
des femmes géographes
j'ai également été
attaqué dans les médias
le dessus
ça fait toujours
très plaisir
n'est-ce pas
et c'est notamment
attaqué
parce qu'on est censé
contribuer
de manière neutre
sur Wikipédia
et on voit souvent
un glissement
du fait que
le contenu doit être neutre
à la personne
doit être neutre
vous comprenez neutre
pas forcément une femme
pour s'exprimer
sur certains sujets
je l'ai déjà lu
ce n'est pas un consensus
dans la communauté
mais je l'ai déjà lu
et c'est souvent revenu
donc on a une question
de la neutralité
qui est très présente
sur ce sujet
et donc avec les 100 pages
on essaie d'avoir
un collectif
qui permet de contribuer
dans une assez bonne ambiance
pour ma part
moi je fais partie
d'un collectif
qui est sur les femmes géographes
donc j'ai contribué
avec d'autres personnes
à rédiger des biographies
de femmes géographes
le point positif
c'est que ça se voit
c'est à dire que là
vous voyez le graphique
sur le nombre de pages
qui existent sur Wikipédia
pour les hommes
ça augmente de manière régulière
pour atteindre
les plus de 1000
en 2023
pour les femmes géographes
on était à un peu moins de 100
en 2021
et là on est à à peu près
en 2025
donc ça a augmenté
donc ça se voit
mais par contre
c'est l'action
de quelques personnes
et c'est aussi ce qu'on voit
c'est à dire que le graphique
ça baisse
après avoir beaucoup augmenté
tandis que chez les hommes
ça continue
la courbe continue
à augmenter
de manière très régulière
vous voyez que c'est quelque chose
qui est endémique
c'est à dire qu'il y a des groupes
qui peuvent contribuer
mais ça reste quand même
en deçà
des différents graphiques
à savoir aussi
que
donc moi j'étais attaquée
sur cet aspect
de neutralité
et de rédiger
des biographies
de femmes scientifiques
notamment de géographes
et pourtant
on reste
je vous l'ai dit
à 17%
de biographies
de géographes
bien bien loin
des 20%
de biographies
sur Wikipédia en français
on a également
un certain nombre
d'explications
sur pourquoi
est-ce qu'il y a
moins de participation
sur Wikipédia
on a notamment
le fait
qu'on a plusieurs études
qui montrent
une étude de 2023
qui montre
que les commentaires toxiques
qu'on peut recevoir
sur Wikipédia
font diminuer
la contribution
sur Wikipédia
une baisse
de la contribution
et les commentaires
sont généralement
beaucoup plus virulents
envers les femmes
donc une baisse
des contributions
donc les personnes
ne contribuent plus
sur Wikipédia
on a également
une étude de 2024
sur le gender gap
task force
qui a montré
qu'il y avait eu
du harcèlement
et ce qu'on appelle
du trollage
si vous vous souvenez
sur Wikipédia
on est censé respecter
les règles de savoir-vivre
donc on ne va pas
insulter directement
les gens
mais on va plutôt
utiliser de l'ironie
on va plutôt
être dans ce genre
de langage-là
qui a été pas mal étudié
et puis on a également
le fait que
ça c'était l'étude
qui montrait
que contribuer sur une femme
en étant sur Wikipédia
ça allait à l'encontre
de l'image
que voulait avoir
la communauté
que se donnait
la communauté
et notamment
l'image du geek
dont on a déjà parlé
donc en gros
il y avait aussi
ces raisons-là
pour lesquelles
c'était attaqué
on n'a pas
de statistiques
forcément bien précises
sur qui sont les hommes
ou qui sont les femmes
qui contribuent sur Wikipédia
par contre
on a ce graphique
assez intéressant
qui a été réalisé
par le collectif
le groupe de recherche
Wikif
Wikipédia
et les femmes scientifiques
sur le nombre
de créations
de pages
d'hommes
et de femmes
donc là
on n'est pas sûr
est-ce que c'est des hommes
ou des femmes
qui contribuent
mais on est juste sur
est-ce que vous avez rédigé
des biographies d'hommes
ou des biographies de femmes
à gauche
vous avez chez les géographes
sur les géographes
vous avez tout en bas
sur le graphique
les personnes
qui ont rédigé
à peu près
une biographie
de femmes
donc ça c'est tout en bas
et tout en haut
vous avez les personnes
qui ont rédigé
à 100%
que des biographies
d'hommes
et ensuite
vous avez
le graphique
qui va sur la droite
donc tout en haut
vous avez beaucoup de personnes
qui n'ont rédigé
que des biographies d'hommes
c'est tout en haut
avec le 100%
et non seulement
ils n'ont rédigé
que des biographies d'hommes, mais ils en ont rédigé aussi
beaucoup. Et ensuite,
vous avez le carré blanc,
qui est tout en bas, c'est-à-dire qu'on a
très très peu de personnes, de contributeurs
hommes ou femmes, qui ont rédigé
beaucoup de femmes scientifiques,
ici de géographes.
Donc là, ici, on a un vide.
Notre hypothèse,
c'est que, bien évidemment, c'est le manque
de contributrices femmes, ou bien
de personnes qui ont été sensibilisées.
Puisque vous avez un petit point
qui, sur la gauche, se balade à à peu près
40% de biographies
de... Pardon.
À peu près 40%
de biographies d'hommes,
là, on est sur une femme.
Vous voyez que ça a quand même une influence.
Ce n'est pas qu'en géographie, on l'a également
sur les mathématiques, avec le même phénomène,
même s'il y a quand même des collectifs
qui essayent de réduire
le nombre de femmes
qui sont... Enfin, réduire le nombre de biographies
de scientifiques
qui seraient manquantes dans ce domaine.
Donc là, vous voyez que même si on n'a pas...
Si c'est des hommes ou des femmes qui contribuent,
on a quand même un carré blanc,
on a quand même un vide.
Et il nous manque des personnes
qui ne rédigent que des biographies
de femmes, ou bien qui en rédigent
beaucoup. Voilà.
Ça, c'est ce qui nous manque.
Un petit mot pour rebondir ?
Non, c'est bon.
On continue.
Eh bien, moi, je voudrais passer peut-être
alors à d'abord celle-ci.
Je remettrai les VSS après.
Ou tu en parlais un petit peu ?
Ça serait bien, comme ça,
après, on termine sur une note.
Donc, on a parlé de bonnes initiatives tout à l'heure.
Avant de parler de cette programmation,
je voulais juste mentionner le site des expertes,
un site Internet qui recense toutes les femmes
expertes dans leur domaine
ou qui peuvent être mobilisées, sollicitées
pour faire des interventions
ou intervenir dans les médias.
Delphine disait tout à l'heure
que oui, c'est important aussi,
la présence dans les médias.
Et on sait que les femmes sont moins présentes
sur les plateaux télé
ou dans les médias en général.
Donc, voilà.
Pour toute personne qui chercherait
des femmes expertes dans un domaine,
il y a ce site desexpertes.fr.
Une initiative qui a 10 ans, déjà.
Et enfin, comme autre élément,
puisqu'on parlait quand même
de cas de violences sexistes et sexuelles,
simplement pour faire un petit peu
la promotion de journées
qui ont lieu la semaine prochaine,
qui débutent lundi,
avec les collègues des autres missions
Égalité et Diversité
des établissements de l'enseignement supérieur
sur Lyon et Saint-Étienne.
Nous sommes amenés à organiser 4 journées
pour les assises,
les premières assises interdisciplinaires
des violences sexistes et sexuelles
dans l'enseignement supérieur et la recherche.
Et donc, ce sont 4 jours qui ont lieu
à chaque fois dans un établissement différent,
sur une thématique différente.
Ça commence lundi à la Communauté Université de Lyon
sur plutôt l'approche transversale
et le lien entre les acteurs du territoire.
La deuxième journée est dédiée vraiment
aux membres des dispositifs de prévention,
d'écoute et de signalement des personnes comme moi.
La troisième journée,
qui peut davantage vous intéresser,
accueillie à l'ENS de Lyon,
portera sur les recherches
qui portent sur les violences sexistes et sexuelles
dans l'enseignement supérieur à la recherche
et comment faire de la prévention aussi.
Et puis, enfin, la journée du jeudi
est dédiée aux engagements
et aux associations étudiantes.
Voilà.
C'est pour dire qu'aussi,
on travaille pour alimenter les connaissances
et diffuser les connaissances sur ce sujet
et pour promouvoir les bonnes pratiques aussi
pour éviter que les témoignages
que vous avez pu consulter
ne soient trop nombreux.
Et une autre slide pour la fin,
côté Wikipédia.
Durant cette conférence,
on vous a présenté ce qui limitait
la place des femmes scientifiques.
On a vu pourquoi ça se reflétait aussi
sur Wikipédia,
avec l'aspect qui était purement structurel,
lié à tout ce qu'a expliqué Florence,
mais également aussi l'aspect qu'il peut y avoir
sur les contributeurs et les contributrices
sur Wikipédia.
À savoir que néanmoins,
sur Wikipédia,
ça reste quand même un excellent endroit
pour découvrir des femmes de science.
Il y a la vulgarisatrice Florence Porcel
qui parlait de filons de femmes,
c'est-à-dire des endroits
où on trouve des listes et des listes
et des listes de femmes
qui ont été rassemblées.
Il faut tomber sur ces filons.
Il se trouve que sur Wikipédia,
c'est un lieu où on peut trouver
ce genre de listes,
ce genre de profils.
Et là, vous avez le avant-après
la contribution du groupe des 100 pages
sur les femmes géographes de les 100 pages.
Vous avez une très grande présence
évidemment en France,
mais il n'y avait quasiment pas de biographie
qui existait en tout ce qui va être
Allemagne, Italie,
et je ne parle même pas de l'Europe de l'Est.
Il y avait assez peu de biographies
en Inde et en Australie,
Nouvelle-Zélande,
et il y avait très peu de biographies
dans les pays francophones.
Et bien, vous avez après,
ensuite, l'action du groupe des 100 pages.
Vous avez beaucoup plus de biographies
qui sont présentes
dans beaucoup plus de pays différents,
sachant que la carte a été faite en 2022.
Depuis, on a colorié la carte.
C'est une grande passion pour moi
en ce moment de colorier les cartes.
Voilà, donc il y a maintenant
des biographies en Islande,
en Suède, en Finlande, en Norvège,
en Estonie, en Pologne.
Il y en a également quelques-unes en plus
en Afrique du Sud.
Mais vous voyez également
un autre biais sur Wikipédia,
biais qui est là, pour le coup,
beaucoup moins polémique,
qui est le biais géographique.
Donc, plus on s'éloigne de la France,
moins il y a de biographies.
Et il y a aussi la très grosse problématique
de trouver des biographies
en Afrique francophone.
Vous avez, là nouveau,
une intersectionnalité,
le fait qu'on donne moins la parole
à des scientifiques de ce continent.
Vous avez également moins de médias
qui sont plus difficilement accessibles
ou pas au format numérique
qu'on peut utiliser.
On les connaît aussi beaucoup moins.
nos nouveaux biais géographiques
de ce point de vue-là.
Mais néanmoins,
on arrive petit à petit
à couvrir toutes les disciplines
de la géographie,
à peu près toutes les époques.
À partir du 19e siècle,
on commence à bien les...
à avoir à peu près toutes les époques.
Et puis, comme je vous le dis,
quasiment tous les pays.
Et ça, c'est aussi lié
à la force de Wikipédia.
On traduit des biographies,
ce qui permet de faire découvrir.
On travaille ensemble.
Il y a des personnes
qui ont rédigé des biographies
en japonais
et qu'on va traduire,
ce qui vous permet de découvrir
des profils assez extraordinaires.
Et ça, c'est parce qu'on travaille
au niveau international.
Il y a des gens
qui travaillent dans une langue
qu'on va pouvoir traduire,
enrichir.
Du moment que ça respecte
les fameux critères d'admissibilité,
nous, on peut le faire.
Donc, on monte aussi
sur d'autres épaules,
d'autres contributrices
et de contributeurs
sur Wikipédia.
Et la projection vous semblera
peut-être un petit peu étrange.
C'est une projection
en forme de cœur,
cordiforme,
puisqu'on est le 14 février.
Et que oui,
Wikipédia peut aussi
aimer les scientifiques
quand la place est offerte.
C'est possible
et ça donne ce genre de résultat.
Eh bien, merci.
Merci beaucoup.
La conférence prend fin,
mais pas tout à fait.
Parce que c'est le moment
où je vais passer dans la salle
avec le micro
si vous avez une question
à poser à nos invités.
Donc, n'hésitez pas.
Rappelez-vous juste
la petite consigne.
Essayez d'avoir le micro en main
avant de parler.
Ça sera beaucoup mieux
pour tout le monde.
Est-ce qu'il y a une question ?
Peut-être qu'il n'y a pas de question.
J'en profite pour donner
les prochaines dates
en attendant que les gens réfléchissent.
On a un éditathon
à l'ENS de Lyon
sur les femmes normaliennes
pour aller travailler
sur des biographies
de ces femmes.
Vous avez le 1er mars,
mais c'est à titre d'information
puisque c'est totalement complet.
Ça a été pris d'assaut.
On en est ravis.
Voilà.
Donc, la bibliothèque,
ici, à la Part-Dieu,
accueille un atelier de contribution.
Il y a, avec l'herbier de Lyon 1,
un éditathon
sur les femmes botanistes
et mycologues.
Ça promet d'être
assez exceptionnel.
Et puis, il faut savoir
qu'il y a un très gros groupe lyonnais
qui s'appelle
le groupe lyonnais
de...
Enfin, le groupe lyonnais,
tout simplement.
Un groupe de contribution
sur Wikipédia.
C'est un des plus actifs
et importants en nombre
en France.
On a quand même 30 personnes
qui en font partie.
Et on se réunit
chaque troisième lundi du mois
à la Tuba,
c'est-à-dire juste derrière.
Il ne faut pas hésiter à venir
pour apprendre à contribuer,
pour apprendre un petit peu
comment est-ce que ça fonctionne.
On va venir poser vos questions.
On est ensemble
et c'est assez agréable
là aussi.
Oui.
Peut-être qu'on peut
revenir sur la slide d'avant
pour lire les titres.
On a mis une slide
de ressources utiles.
On va peut-être la lire
pour donner les références
à tout le monde.
Virginie a recensé aussi
les livres qui sont disponibles
sur le réseau
de la bibliothèque municipale
de Lyon.
Entre autres,
plein d'ouvrages disponibles
sur ces sujets.
On peut citer
les travaux de Michèle Le Dœuff
et Léa Védie
qui ont écrit
Le sexe du savoir
paru chez ENS édition en 2023.
Titiou Lecoq
qui a été mentionné
en introduction.
Les grandes oubliées,
pourquoi l'histoire
a effacé les femmes.
La collection proche
en 2023 également.
Emmanuel Larocque,
Tu seras scientifique ma fille
chez Viber en 2024.
Clémence Perronnet
dont j'ai parlé tout à l'heure
qui est diplômée
en sociologie de l'ENS
qui a écrit
La bosse des maths n'existe pas,
rétablir l'égalité des chances
dans les matières scientifiques.
Toujours Clémence Perronnet
qui a écrit plus récemment
en 2024
avec Claire, Marc,
Olga, Paris,
Romaskevitch
qui ont écrit
Les matheuses,
enfin matheuses,
les filles,
avenir des mathématiques.
Sur le web,
on peut citer
le colloque de rentrée 2024,
Jean Ressiance
du Collège de France
qui est sur YouTube
en intégralité
que je suis en train
de visionner là
dès que j'ai un peu le temps
et j'apprends beaucoup de choses.
Donc je vous invite à regarder.
C'est une forme
de vulgarisation scientifique
très intéressante.
L'AMFI 25
qui est réalisé
par mes collègues
de la mission
Égalité et Diversité
de l'Université
Claude Bernard Lyon 1.
Donc c'est un podcast
réalisé par des étudiants
et étudiantes
pour les étudiants et étudiantes
mais pas que.
Et enfin,
l'appel à l'action
de l'UNESCO
combler l'écart
entre les genres
en sciences
mentionnées déjà
par Virginie
en introduction.
Et là maintenant
nous avons
la première question.
Bonsoir.
Merci beaucoup
pour vos interventions.
C'était très intéressant.
En fait,
ça m'a fait penser
à des films,
il y a très peu de films
sur les femmes scientifiques
ou les jeunes femmes scientifiques
aujourd'hui
et j'ai pensé
au théorème de Marguerite.
Est-ce que vous trouvez
que ce film
corrobore justement
voilà tous les biais
que vous avez montrés ?
Enfin, je ne vais pas spoiler
le film
si d'autres ne l'ont pas vu
mais si vous vouliez
faire un petit commentaire
sur ce film.
Eh bien, je ne l'ai pas vu.
Donc c'est dommage,
je ne peux pas répondre
à cette question.
Alors je le recommande.
Il est vraiment intéressant.
Voilà,
c'était la première question.
Merci.
Je ne l'ai pas vu non plus.
Si vous aimez les films
sur les femmes
et les sciences,
je ne peux que conseiller
Picture a Scientist
qui pour moi
a été un choc
et que j'ai
beaucoup, beaucoup aimé.
Picture a Scientist
qui est un film
qui revient
sur les inégalités
qu'ont rencontré
un certain nombre
de femmes scientifiques
et aussi bien
des femmes
qui sont
des brillantes scientifiques
actuelles
que des personnes
qui sont racisées
et qui le vivent
encore aujourd'hui.
C'est édifiant
et passionnant.
Moi, je voulais vous demander
à l'ENS Lyon
qu'est-ce qu'ils font
pour favoriser
la carrière des chercheuses ?
Alors, du coup,
je suis amenée
à porter ce plan d'action.
On a un plan d'action
pour l'égalité professionnelle
qui est un plan obligatoire
dans la fonction publique,
dans tous les établissements.
Et là,
on vient de concevoir
le nouveau plan
qui est la deuxième édition.
dans l'idée,
c'est de pouvoir
outiller le plus possible
les enseignantes-chercheuses
à des moments
charnières de la carrière.
Donc, notamment,
on sait qu'il peut y avoir
un moment
de donner des freins
au moment de passer
ce qu'on appelle
l'habilitation
à diriger des recherches,
l'HDR,
au moment de postuler
à des postes.
Donc, l'idée,
c'est de pouvoir
accompagner ces femmes
ou les inciter
ou en tout cas
déconstruire un peu
les mythes
et les représentations
autour de tout ça.
De façon générale,
les femmes se mettent
beaucoup plus la pression
avant de passer à l'action.
Alors, moi,
je n'utilise pas du tout
le terme d'autocensure.
Ça ne convient pas du tout
par rapport à tout ce que
j'ai expliqué là
dans ma présentation.
Les femmes ne s'autocensurent pas.
Elles sont censurées.
Le système fait que,
de toute façon,
même si elles veulent tenter,
essayer,
elles sont vraiment confrontées
à des barrières importantes
qui font que c'est un peu
une façon de se préserver,
d'utiliser ces stratégies
de contournement.
Mais donc, dans l'idée,
c'est de garantir
un environnement
le plus safe possible,
en anglais,
le plus sécurisant possible
pour qu'elles puissent
se sentir non seulement
autorisées,
mais aussi soutenues
dans leurs démarches.
Et donc,
on a aussi identifié
un besoin fort,
mais ça,
on n'invente rien,
sur sensibiliser,
former,
outiller toutes les personnes
mobilisées à tous les niveaux,
que ce soit dans le recrutement,
dans la promotion des carrières,
dans l'attribution des primes.
Mais alors ça,
ça concerne aussi
les personnels administratifs
et techniques au biais de genre.
Parce que je le disais tout à l'heure,
les critères,
ils ont été pensés
en fonction de ce qu'on considère
comme étant une carrière normale
au regard de critères
qui paraissent objectifs.
Mais en fait,
on met de côté
tous les autres enjeux,
notamment le travail
domestique académique,
le temps que les femmes
consacrent à d'autres choses.
On sait que les femmes,
par exemple,
elles se forment davantage,
elles vont plus assister
aux formations.
Et pourtant,
ça ne s'est pas forcément valorisé
à un moment donné
dans un dossier,
dans un avancement de carrière.
Donc tous ces enjeux-là,
on a essayé justement
de les recenser.
Et ce sera le travail
à l'avenir
de recenser davantage
pour informer,
outiller
et faire prendre conscience
que ces biais de genre,
ils impactent évidemment
la carrière
et la progression de carrière.
Après,
il y a tous les enjeux
autour de la conciliation
des temps de vie.
Donc là aussi,
qui parle à tout le monde.
On a des étudiants, étudiantes
et des doctorantes
et des doctorants chez nous.
Évidemment que c'est aidant
de savoir tous les dispositifs
qui existent
en lien avec la parentalité,
l'aménagement de salles
pour tirer son lait, etc.
Donc ça, c'est un peu
l'à-côté, on va dire.
C'est l'axe qualité de vie,
conditions de travail et santé.
Mais c'est important aussi,
évidemment.
Il n'y a pas des choses en place
comme pour le CNRS
où on dit
qu'on fait une parité
entre cette année,
on recrute
un professeur
et une professeuse.
Alors, ce n'est pas possible.
Légalement,
ce n'est pas autorisé.
Néanmoins, effectivement,
après,
c'est une directive
qui peut être donnée
au moment des comités
de sélection
de dire
à candidature égale,
je vous invite
à privilégier
effectivement
des candidatures de femmes.
Oui,
ça peut être
une décision politique
et en l'occurrence,
là, c'est le cas,
effectivement.
c'est ce qui est préconisé
dans les comités
de sélection,
effectivement.
Oui, je n'ai pas
très bien compris.
Je sais qu'il y a des pages
sur Wikipédia
de femmes
qui ont même été enlevées.
Il y avait une histoire
avec cette informaticienne,
comment elle s'appelait ?
Marie-Bocq ?
Je ne sais plus.
Enfin, bref.
Marion Créhange ?
Je suis désolée,
je n'ai pas le nom.
Excusez-moi.
Voilà.
Entre autres,
et cette histoire
de,
il faut que ça fasse,
ça peut ne pas faire consensus,
donc des difficultés
à maintenir les pages,
parce que j'ai compris
qu'il fallait des ressources,
d'accord ?
Ça, oui,
mais voilà.
Parce que ça me choque,
bien sûr,
un petit peu.
et juste rappeler
ce qui a permis,
parce qu'il y a eu
d'autres personnes,
je ne me rappelle plus
qui aussi,
citées.
Dans l'association
que vous devez connaître,
peut-être Femmes et sciences
aussi,
avec lesquelles vous travaillez,
d'accord ?
Et il y avait
des exemples donnés
que Wikipédia
avait enlevés
des femmes.
Je ne suis pas très claire
parce que ça me dépasse
un petit peu
et je n'ai pas trop compris.
Moi,
je suis wikipédienne
depuis un certain nombre
d'années.
Par contre,
depuis le mois d'avril,
je suis donc professionnelle,
je forme dans le monde
de l'enseignement supérieur
et de la recherche.
Et j'avais déjà noté
une certaine tension
entre les deux.
Il faut bien comprendre
que sur Wikipédia,
quand on regarde
les pages qui sont créées,
les biographies scientifiques,
c'est du, je caricature,
moi-je,
moi-je,
moi-je,
moi-je,
moi-je,
je vous rappelle
le premier principe fondateur
de Wikipédia.
Wikipédia est une encyclopédie.
Wikipédia n'a pas forcément
vocation
à rassembler
le nombre d'heures
d'enseignement,
le nombre de masters
qui sont encadrés,
le nombre de doctorants
qui ont été encadrés.
S'il y a eu tel projet
européen hyper important
qui dure deux ans et demi,
et c'est un des énormes problèmes
qu'ont les wikipédiens,
c'est que les biographies
de scientifiques
qui sont présentées,
ça ressemble beaucoup à ça.
Donc,
je peux comprendre
que les wikipédiens
aient un certain nombre
d'énervements
et de tensions,
surtout quand vous avez
beaucoup de ces biographies
qui ressemblent à ça.
Voilà,
je comprends l'énervement
des wikipédiens.
Après,
il y a aussi le fait
que ce n'est pas forcément,
il y a peut-être forcément,
donc ça,
c'est l'aspect
de ce qu'on voit arriver
sur Wikipédia,
mais il y a ensuite
les critères de sélection.
En effet,
nous,
on préférait avoir
une présentation des travaux,
une présentation de la biographie
qui permet d'expliquer
comment est-ce que cette personne,
elle en est arrivée
à sa vocation de scientifique.
On est préféré avoir ça.
Pour ça,
il faut des sources,
on l'a bien mentionné,
et j'ai coutume de dire
qu'un bon wikipédien,
c'est quelqu'un
qui sait chercher
et trouver des sources.
Et pour Marion Créhange,
ça avait été le problème,
c'est qu'il fallait trouver
les sources en question
et il se trouve que
les personnes
qui connaissaient très bien
les sources
les ont trouvées,
mais il fallait les trouver.
Si vous avez,
pour moi,
il y a eu,
qui s'est entrechoqué,
il y a le fait que,
d'une part,
il y avait encore
une biographie de scientifiques,
peut-être avec un soupçon
de sexisme,
je ne connais pas suffisamment
le sujet,
mais il y avait encore
une biographie de scientifiques
et en plus,
le fait qu'il n'y avait pas
suffisamment de sources
pour pouvoir l'étayer.
Et c'est généralement,
moi,
ce que je conseille,
c'est-à-dire que si vous avez
envie de mettre en valeur
des scientifiques
ou des personnalités scientifiques
qui vous semblent importantes,
écrivez dessus,
n'allez pas sur Wikipédia,
écrivez dessus,
faites un article,
faites un in memoriam,
faites ce genre de choses.
Moi,
j'ai eu quelque chose
qui était très sensible
au campus du libre
où j'ai dû expliquer
à une personne
pourquoi est-ce que
sa directrice de thèse
qui était décédée
ne pouvait pas être
sur Wikipédia.
Et elle en avait quasiment
les larmes aux yeux
en train de me dire
mais vous rendez-vous compte
que cette personne
est exceptionnelle.
Je n'en doute pas.
Mais moi,
je prends juste les critères
et là,
actuellement,
au lieu d'écrire
sur Wikipédia
ou vous n'allez pas le faire,
je vous conseille plutôt
d'écrire dans un bulletin
ce qu'a fait cette personne
en mettant en avant
ses travaux scientifiques.
Elles ont été
sa porte à la science.
Et je lui ai posé aussi
la question toute bête.
Est-ce que vous avez
mis en valeur
ses travaux scientifiques
sur la page générale
de sa discipline ?
La réponse,
c'était non.
Or,
il se trouve
qu'une meilleure
visibilité des sciences,
parfois,
c'est simplement aussi
d'aller rajouter
les travaux scientifiques
sur des pages généralistes.
Et ça,
de toute manière,
il y a plus de visibilité.
J'espère l'avoir consolé
de ce point de vue-là
en lui proposant
des pistes de contribution,
mais c'est aussi
des choses que je propose.
C'est-à-dire que là,
on peut aussi enrichir
avec les travaux
qui sont publiés,
des pages généralistes,
ce qui est une manière
comme une autre
de faire vivre la mémoire
et les travaux.
Merci.
Dans les pages Wikipédia
qui disparaissent
pour poursuivre un peu
la question
de la dame précédente,
il y a une procédure,
il y a tout un système.
Moi, j'ai été confronté
à ça,
à des pages sur d'autres sujets
que la science
ou des pages
sur lesquelles j'avais contribué.
j'ai été sollicité
pour dire
ce qui avait de bien
à garder cette page
ou de ne pas la fusionner,
etc.
Vous pouvez préciser ça ?
Alors, oui.
Sur Wikipédia,
ce n'est pas Wikipédia
qui supprime exactement,
même si ça revient
un peu au même,
c'est les contributeurs
et les contributrices.
Donc, pour pouvoir supprimer
une page,
il faut déjà
que ce soit un consensus
pour la communauté
qui n'ait pas suffisamment
de sources,
que les critères
ne soient pas respectés.
Et ensuite,
on fait ce qu'on a
appelé un débat
d'admissibilité.
Ce débat d'admissibilité,
ça va être
un certain nombre
de personnes.
Pour éviter
qu'il y ait des bourrages durs,
il y a quand même
des petits critères,
qu'il y ait un certain
nombre de contributions,
qu'on soit là
depuis un certain nombre
de temps,
mais ce n'est pas énorme.
Et ce qu'on demande,
c'est des arguments.
Sur Wikipédia,
vous pouvez être
50 personnes qui disent oui.
S'il n'y a pas d'argument
en face,
ce n'est pas certain
que la page soit gardée.
Donc, c'est les arguments.
Et Wikipédia
préfère le consensus.
Donc, il faut qu'il y ait
un consensus
pour la suppression
ou bien un consensus
pour le garder.
Et si, généralement,
les gens ne sont pas
tout à fait d'accord,
c'est les personnes
qui vont clôturer,
qui vont regarder
un petit peu
qui est d'accord ou pas
et qui vont faire pencher
ou pas la balance
d'un point de vue
d'un autre
en fonction de leur interprétation.
Donc, là aussi,
il y a ce point de vue-là.
Mais, généralement,
s'il n'y a pas de source,
ce n'est pas très bon signe
pour la notoriété.
Et comme on est censé
aussi être neutre,
si on n'a pas de source
sur laquelle on ne peut pas
s'appuyer,
on ne peut pas savoir aussi
si le contenu est neutre.
Donc, tout s'entrechoque.
Mais, oui,
s'il n'y a pas de source,
c'est vraiment la base.
S'il n'y a pas de source,
on ne peut pas faire grand-chose.
J'espère avoir répondu
à votre question.
Alors, la question
du phénomène de troll,
alors, dans les votes,
je connais mal le sujet,
mais en règle générale,
les personnes qui contribuent
qui contribuent sur Wikipédia
et qui contribuent
à ces fameux votes
sont des personnes
qui sont là depuis un certain temps
dans la communauté,
donc on peut espérer
qu'elles vont être constructives.
Je ne dis pas que les trolls
n'existent pas,
mais ça fait aussi partie
de ces fameuses règles
de savoir-vivre,
c'est-à-dire que comme
on ne peut pas dire franchement
ce qu'on pense,
il y a des phénomènes d'ironie
qu'on peut retrouver là-dedans
et qui ont été bien étudiés.
Alors, d'abord,
merci beaucoup
d'avoir décrit
toutes les slides.
C'est normal.
Les graphiques.
Par contre,
j'imagine que je ne l'ai pas
assez bien compris
sur le graphique
concernant le nombre
de pages écrites
par différence de genre,
de sexe,
et que les hommes
avaient écrit
beaucoup plus
de collaborateurs
sur des biographies
de biographes.
C'était ça ?
Alors, en effet,
sur les biographies,
en général,
vous avez plus de liens
pour les femmes
vers les collaborateurs
ou les collaboratrices,
ce qui n'était pas toujours
le cas sur d'autres biographies,
enfin,
qui n'est pas le cas
sur les biographies d'hommes.
En gros, les hommes,
sur les biographies
de scientifiques,
ont fait leur recherche
tout seuls,
tandis que les femmes
l'ont fait au sujet
avec d'autres personnes.
Et sur ce graphique
en question,
ce qui voudrait représenter,
c'est que vous avez,
en gros,
un tas de points
pour des personnes
qui ont rédigé
une seule biographie
de femmes,
un gros tas de points
pour les personnes
qui ont rédigé
une seule biographie
d'hommes,
et ensuite,
vous avez à côté
un gros tas de points
de personnes
qui n'ont rédigé
que des biographies
d'hommes,
et vous avez
un carré blanc
sur les personnes
qui ont rédigé
beaucoup de biographies
de femmes.
Il n'y en a pas,
en fait,
c'est un vide.
Ok, alors du coup,
ma question,
c'est sur le troisième
que vous venez de me définir
qui avait rédigé
beaucoup de biographies
d'hommes.
Oui.
Est-ce qu'on a essayé
de les convertir ?
Est-ce qu'ils écrivent,
comme ils sont très productifs,
apparemment,
est-ce qu'ils écrivent
beaucoup de biographies
de femmes
pour remplir
le carré blanc ?
Alors,
là-dessus,
d'ailleurs,
je me permets de rebondir,
on dit généralement
que, enfin,
quand nous,
on contribue
sur des biographies
de femmes
et qu'on ne fait que ça,
on dit ce qu'on appelle
du « puff pushing »,
c'est comme ça
sur Wikipédia,
c'est-à-dire
qu'on met en avant
son propre point de vue.
Par contre,
ne rédigez que
des articles
de biographies d'hommes.
C'est la norme,
c'est la neutralité.
Je ne ferai pas
de commentaire.
Alors,
une étude assez intéressante,
c'est qu'à partir du moment
où on pointe ça
aux contributeurs
ou aux contributrices,
en tout cas,
on voit qu'il y a un changement.
En tout cas,
il y a eu
un certain nombre
de graphes
qui ont été faits
avec propositions
pour les personnes
de voir rentrer
leur pseudo
et puis ensuite,
elles indiquaient,
ça leur sortait
le nombre de biographies
d'hommes et de femmes
qui étaient faits.
Et les contributeurs,
parce que c'est ce que
j'ai surtout lu,
étaient assez stupéfaits.
Ils se rendaient compte
qu'ils ne pensaient pas
qu'ils avaient aussi peu
rédigé de biographies de femmes
et le changeaient.
Par contre,
c'est pareil,
c'est la sensibilisation.
Et il y a aussi
un grand principe
sur Wikipédia,
c'est qu'on est bénévole,
donc on ne force pas les gens.
Merci.
Est-ce qu'il reste une dernière...
Alors voilà,
nous prenons la dernière question.
Ma question,
c'est sur l'objectif finalement,
parce qu'on sait qu'il y a
dans l'histoire,
mais même encore aujourd'hui,
puisqu'on a un déficit
de femmes qui rentrent
dans les sciences,
on n'aura jamais 50-50.
Est-ce que vous espérez
quand même pouvoir
atteindre une sorte de parité
dans ces biographies de femmes
ou au moins d'arriver
à 25%
ou peut-être qu'un jour,
la situation va complètement
se changer,
il y aura beaucoup,
beaucoup,
beaucoup de femmes scientifiques
et du coup,
cette fois-ci,
ça permettra de compenser.
Qu'est-ce que c'est finalement ?
Quel est l'espoir,
en fait,
de dépasser ces 20%
ou pas ?
Pour ma part,
moi,
c'est une passion
d'écrire sur les scientifiques,
déjà parce que j'apprends des choses.
Je découvre aussi des recherches
qui sont extraordinaires,
qui sont intéressantes,
qui me passionnent.
Je voyage aussi dans le temps,
dans l'espace,
puisque je vais faire des biographies
sur la dernière que j'ai faite,
je crois me souvenir,
c'était sur la Biélorussie.
Donc voilà,
je voyage aussi,
c'est un vrai voyage.
Moi,
j'aime beaucoup rédiger
ce genre de biographies.
Je le conseille à tout le monde,
venez,
contribuez,
il n'y a pas besoin
de compétences en particulier.
Et je continue
tant que je trouve
des choses à rédiger.
Donc,
je n'ai pas d'objectif
sur le nombre final.
Par contre,
je sais qu'à partir du moment
où j'ai commencé
à rédiger des biographies,
j'en ai trouvé plein
et encore plein
et encore plein.
Quand j'ai trouvé
les fameux filons
de personnes,
j'étais ravie.
Voilà,
j'en ai trouvé quelques-uns,
ça facilite le travail.
Mais je sais aussi
que moi,
j'en crée un là aussi
et je suis toujours ravie
puisque c'est aussi ça.
On dit souvent
que Wikipédia
n'est pas là
pour faire la norme.
Mais il se trouve aussi
que moi,
j'ai des personnes
qui,
de toute évidence,
ont lu les pages Wikipédia
que j'ai rédigées,
ça fait très bizarre,
et ont écrit des ouvrages
à partir de ce que
j'ai rédigé.
Donc,
j'ai des traces,
objectifs.
Donc oui,
ce travail y sert,
les différentes études
qui montrent
que Wikipédia sert
à la diffusion des savoirs.
Pour mon cas là,
moi,
ça s'applique parfaitement
et ça permet
de faire mieux connaître
ces femmes
tout simplement
en rédigant leurs profils
sur Wikipédia.
Un objectif qualitatif
et pas quantitatif ?
De toute manière,
moi,
le quantitatif
n'est pas tout à fait
ce qui m'intéresse
et puis je préfère
passer du temps
avec cette géographe
à comprendre un petit peu
ce qu'elle a vécu,
comment est-ce qu'elle a travaillé,
comment elle a eu
ses différentes idées,
comment est-ce que c'est apparu.
Donc ça,
ça fait du qualitatif.
Un petit complément,
Florence ?
Oui,
alors pour le coup,
ce n'est pas du tout
un objectif,
mais pour information,
la psychologie sociale
a montré
qu'il faut atteindre
au moins le seuil
de 35 %
d'un groupe
dit minoritaire
pour influencer
la dynamique de groupe.
pour permettre
la diversification
des points de vue,
pour permettre
à tout le monde
de se sentir
à la fois représenté,
écouté à sa place,
etc.
Et c'est pour ça aussi
notamment
que l'INSEE
utilise ce seuil
de 35 %
pour considérer
qu'un métier
est mixte ou non.
et en fait,
actuellement,
sur les 188,
je crois qu'il y a,
pardon,
pas 188,
88 familles
des métiers
de l'INSEE,
il n'y a qu'un quart
qui est considéré
comme mixte,
où on a au moins
35 % de femmes
ou d'hommes.
Donc on est très loin
de la mixité,
autant dire qu'on est
très très loin
de la parité,
c'est-à-dire 50 %
de femmes
et 50 % d'hommes.
Donc ce n'est pas
forcément un objectif
en soi,
mais en tout cas,
les sciences humaines
et sociales
montrent que c'est
à partir de ce seuil-là
qu'on peut considérer
que oui,
les personnes peuvent
se sentir suffisamment
à l'aise
et soutenues
et écoutées
pour qu'elles soient
finalement représentées.
Avant de laisser la parole
peut-être pour le mot
de la fin à Delphine,
tout à l'heure,
on évoquait des films
ou des supports
qui peuvent être
intéressants à voir.
Autant je n'ai pas vu
le film que tu as mentionné
tout à l'heure,
autant je vous recommande
les figures de l'ombre
qui est beaucoup plus ancien,
mais qui est super
moi je l'avais utilisé
notamment pour des élèves
de collège,
il parle à tout le monde
et en plus,
il a le mérite
de mettre en valeur,
de valoriser
des femmes afro-américaines
qui étaient calculatrices
à la NASA
et qui ont eu
des conditions de travail
quand même très difficiles
à leur époque
et sans elles,
on n'aurait pas autant avancé
et ce film le montre
très très bien,
donc je le recommande
et peut-être aussi
pour un petit coup
de projecteur
sur une action
qui est menée
en lien avec le Nes de Lyon.
Alors moi,
je n'ai pas l'occasion
d'y assister
parce que mon temps personnel
ne le permet pas,
mais Olga Paris-Romaskevitch,
je suis désolée
pour la prononciation
de son nom,
je n'ai jamais l'occasion
de le faire,
est amenée à organiser
avec le cinéma,
le Comoedia à Lyon,
je crois que ça s'appelle
Bobine de science,
je regarde mes collègues
qui sont là
pour être sûre
que c'est bien ça,
Bobine de science,
ce sont des projections
au cinéma,
au Comoedia régulièrement
sur des films
qui justement
parlent des sciences
en général
et donc le film
mentionné tout à l'heure,
le théorème de Marguerite,
c'est ça,
avait été projeté
à cette occasion,
je sais.
Voilà,
donc ça peut être aussi
un bon moyen
d'aller au cinéma.
Je terminerai en disant
que là,
ce qu'on vous a présenté,
c'est des biographies
de scientifiques
sur Wikipédia,
sachez que vous avez
tout à fait la possibilité
de contribuer
sur Wikipédia,
vous n'avez pas forcément
besoin de comptes
et il n'y a pas
de petites contributions.
Donc si vous voyez
une faute d'orthographe,
corrigez-la.
Si vous semblez
qu'il manque une virgule,
n'hésitez vraiment pas.
Notamment le fait
que Wikipédia
devint de plus en plus sûr,
de plus agréable à lire,
de plus en plus compréhensible
quand des personnes
y contribuent.
Donc n'hésitez pas
à venir aussi nous voir
si vous voulez apprendre
à le faire
pour être dans un environnement
sécurisé.
Wikipédia ne tient
que parce qu'il y a des gens
qui y contribuent.
Donc c'est un peu
notre force.
Donc on espère
que vous viendrez
la rejoindre.
Je vous remercie
d'avoir assisté
à cette conférence.
Je vous remercie
de votre participation
aussi à la fin
et vos questions.
Je vous remercie
de toute votre attention.
Je voudrais aussi
remercier
notre technicien
et la technique
parce que sinon,
on ne peut pas faire
ce genre de réunion,
de partage
et d'échange.
Je voudrais aussi
avoir une petite pensée
pour nos agents
de prévention.
C'est pareil,
dès qu'il y a un événement
en soirée,
ils décalent aussi
leur journée
parce que sans eux,
le bâtiment ne pourrait
pas rester ouvert.
Voilà.
Je vous remercie encore une fois
et je vous souhaite
une bonne soirée.
Et comme on l'a vu,
on est quand même loin
des 35% de diversité.
On est encore loin
des questions de parité.
Donc on a peut-être
des chances
de se revoir
dans les années à venir.
Merci

A propos de la conférence

Malgré les progrès accomplis depuis plusieurs années, les femmes restent encore largement sous-représentées dans les sciences. Ce déséquilibre s’explique par des stéréotypes de genre persistants, un manque de modèles féminins et des freins structurels présents dès l’éducation et tout au long des parcours.

Dans ce contexte, les bibliothèques et des projets Wikimédia participent à une meilleure visibilité des femmes scientifiques, notamment à travers la production de contenus et les actions collaboratives. Ces initiatives s’inscrivent dans une dynamique de science ouverte et de partage des connaissances.

Comment renforcer la place des femmes dans les sciences ? Quels leviers activer pour lutter contre les discriminations et les effets de backlash ? Cette conférence propose d’explorer ces enjeux et d’ouvrir des perspectives pour une recherche plus inclusive.

Les Intervenants

Delphine Montagne, wikimédienne en résidence à l’URFIST de Lyon

Wikimédienne en résidence à l’URFIST de Lyon dans le cadre du projet Wikifier la science, elle œuvre à la diffusion des savoirs et à la science ouverte. Contributrice active à Wikipédia, elle participe notamment à la création de contenus sur les femmes scientifiques et au développement de projets collaboratifs.

Florence Françon, chargée de mission égalité et non-discrimination à l’ENS de Lyon

Chargée de mission égalité et non-discrimination à l’ENS de Lyon, elle travaille depuis plus de dix ans sur les enjeux de genre, de diversité et de lutte contre les discriminations dans l’enseignement supérieur et la recherche.

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