L’écriture chinoise (1/2) : aux origines
Lorsqu’elles apparurent au XIIIe siècle avant notre ère, les prémices de l’écriture chinoise ne la destinaient en rien à être un moyen de transcrire la langue parlée.
Conférence du 10 janvier 2026
Bibliothèque municipale de Lyon
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Bonjour à tous, je me présente, je suis Olivier Bialais,
l'actuel responsable du Fonds chinois à la Bibliothèque municipale.
Et donc aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Jean-Louis Boully,
premier responsable du Fonds chinois dont il s'est occupé pendant 23 ans, je crois,
et qu'il a développé au fur et à mesure du temps.
Et donc aujourd'hui, il est venu à la Bibliothèque
pour faire une conférence sur l'écriture chinoise.
Aujourd'hui, c'est la première partie Les Origines,
et la semaine prochaine, à la même heure, vous aurez la suite
avec l'écriture chinoise à travers l'œuvre de Confucius.
Voilà, donc on va commencer.
Très bien, bonjour, cher public, merci de votre présence.
Et je remercie bien sûr la Bibliothèque municipale de Lyon pour son invitation
et bien sûr mon collègue Olivier Bialais pour son soutien constant
et surtout pour son aide précieuse dans toute la partie d'accompagnement graphique
qui va accompagner le déroulé de cette présentation.
Voilà.
Donc on va partir là pour une heure et demie, une espèce d'aventure, quoi.
On va voir ça.
Dans un premier temps, je commence toujours, quand je parle de la Chine,
parce que je ne sais pas trop comment on peut faire autrement,
par parler un peu de géographie.
En tout cas, je ne vais pas en parler.
Je vais vous montrer ce qu'est la Chine pour vous rappeler ce qu'est la Chine.
Ce n'est pas la Corrèze.
Enfin, je n'ai rien contre la Corrèze, mais c'est un grand pays.
Et pour vous montrer comme ça, en quelques images,
vous voyez la Chine, c'est une partie orientale qui est plutôt bleutée,
on dirait, plutôt bleutée et qui est celle qui est peuplée, on va dire,
le reste étant composée de montagnes.
Vous connaissez tout ça de haut plateau.
Mais c'est bien de fixer les choses.
Vous avez dans ce pays qu'est la Chine,
vous avez également deux choses, deux fleuves qui sont gigantesques.
Le bleu en bas, le jaune en haut, le roi en haut et le yangtze-tian en bas
qui sont immenses et qui font vivre ce pays.
Je vais parler de la Chine tout le temps et je vais parler souvent,
je vais faire référence à des provinces.
Ce sont bien sûr les provinces actuelles.
Là, je vais vous parler d'un temps, il n'y a pas de province, il n'y a rien du tout,
tout cela n'existe pas encore, mais il faut bien qu'on arrive à s'entendre quand même à peu près.
Et je vais essentiellement, si vous voulez, ce qu'on appelle le berceau de la Chine,
c'est ça, ça comprend le Shandong, ici, le Shansi, le Shansi et le Renan.
Vous voyez, c'est grosso modo, là, je vous dis, les frontières actuelles ne correspondent pas vraiment au berceau,
mais c'est là que ça se passe, voilà.
Et surtout, aujourd'hui, je vais faire mention de cette province qui est le Renan.
C'est là, vraiment, le cœur des choses et c'est le cœur de la naissance,
c'est le berceau, si vous voulez, de l'écriture chinoise.
Et enfin, un dernier panneau pour vous fixer les idées sur une chronologie.
Je vais parler de la Chine dite classique ou pré-impériale,
c'est-à-dire l'Empire n'est pas né, l'Empire naît ici, là, voyez-vous, avec Tchine,
Tchine que tout le monde connaît, même ceux qui ne connaissent pas la Chine connaissent Tchine,
parce que c'est le premier empereur, on va dire.
Vous voyez, sur ce tableau, cette mince bande un peu jaune, je crois,
cette mince bande jaune, ça représente la durée de son règne, c'est ridicule,
et pourtant, c'est majeur.
C'est majeur, on va s'acheminer, enfin, on ne va pas s'acheminer,
parce que je ne fais pas un cours d'histoire, là, du tout.
Et je vais surtout vous parler de cette période-là, les chants.
Mais pour vous montrer, pour bien poser les choses,
vous avez trois dynasties pré-impériales,
où vous avez les sias qui sont là,
qui est une dynastie presque, pas mythique, mais on a moins de choses,
parce que, effectivement, les fouilles n'ont pas encore donné,
n'ont pas encore tout livré.
Après, vous avez les changs, ici.
Là, on commence à trouver beaucoup de choses,
d'ailleurs, c'est l'objet de ma présence, ici.
Puis les tchous, c'est la semaine prochaine, avec Confucius.
Vous voyez, Confucius, il naît ici.
Grosso modo, on va dire, pas au milieu, mais dans le cours de la dynastie Zhou.
Et après, c'est les Qin, et après, c'est les Han,
que j'évoquerai de temps en temps, pour que vous ayez à peu près...
J'indique notre R à nous, voyez-vous.
Nous, la naissance du Christ, c'est là, au milieu des Han, si vous voulez.
Les Han sont séparés en deux.
Il y a deux Han, et là, c'est pile-poil au milieu.
Voilà.
Et les changs dont j'ai parlé, et dont je vous ai dit que ça sera,
grosso modo, l'ère chronologique qui va être l'objet aujourd'hui,
c'était ça, la Chine, alors.
C'était ça.
D'ailleurs, on n'appelait pas ça la Chine, on n'appelait pas ça, finalement.
On appelait ça sous le ciel, Tian Xia.
Ce qui était sous le ciel, c'était la Chine.
C'était le monde, d'ailleurs, c'était pas la Chine.
Mais comme le monde, c'était la Chine, donc c'était le monde.
Voilà.
Voilà.
Très bien.
Voilà.
C'était juste pour caler les choses, pour les positionner.
Si vous voulez bien, si vous ne vous opposez pas à cela, je vais commencer.
Et je vais commencer par vous citer un intellectuel un peu oublié,
qui n'est pas vraiment un sinologue, mais qui a beaucoup, comment dire,
beaucoup œuvré pour la Chine et pour la culture chinoise.
C'est Etiamble.
Son nom complet, c'était René Etiamble.
Peut-être que ça vous dit quelque chose.
Il est surtout célèbre pour un livre qui s'appelle Parlez-vous franglais.
Je ne sais pas si vous vous rappelez de ça.
C'était les années 70, peut-être.
Alors, il est un peu aujourd'hui, mais il a écrit un livre, en 1955,
il a écrit un livre qu'il a consacré à Confucius, dans lequel il dit
« Certains expliquent toute la pensée chinoise par la nature de la langue,
d'autres par la géographie. »
Alors là, moi, je suis à 100% d'accord avec ça.
Il n'y a pas de meilleure voie d'accès à cette culture, à cette civilisation,
soit par la langue, soit par la géographie.
La langue, c'est facile, on va pouvoir en parler, là.
La géographie, le mieux, c'est de se rendre sur place.
Là, ça serait plus difficile.
Montrer des photos, ça n'a pas grand intérêt.
Mais vraiment, ce sont les deux portes d'accès majeures, à mon avis.
Aujourd'hui, c'est la langue qu'on aborde.
D'accord ?
Alors, vous êtes ici, là, relativement nombreux,
et je vous en remercie, n'est-ce pas ?
C'est donc peut-être une marque de votre intérêt pour ce pays et cette culture,
et aussi peut-être même plus précisément pour l'origine de cette écriture.
Il faut dire que c'est celui qui intrigue le plus, qui étonne le plus.
Il faut dire aussi que c'est le seul cas dans le monde d'aujourd'hui
où l'on a un usage exclusif d'une écriture idéographique.
Et il n'y a pas d'autre pays qui utilisent pour écrire,
et de façon exclusive, des signes idéographiques.
Et c'est donc, parfois, même les Chinois ont tenté cette correspondance,
ça rappelle les hiéroglyphes égyptiens de l'ancienne époque,
mais ça n'a évidemment rien à voir.
Mais c'est ce caractère particulier,
ces nombres de caractères phénoménales, etc.
Et puis la longévité de cette écriture qui la rend certainement si particulière.
Mais il faut rappeler quand même qu'il n'y a pas que la Chine
qui a utilisé les caractères chinois,
c'est eux qui en sont les créateurs, les inventeurs,
mais il y a aussi tous les pays voisins,
c'est-à-dire le Vietnam, c'est-à-dire la Corée, c'est-à-dire le Japon.
Et il n'y a plus que le Japon qui les utilise encore,
mais il les a agrémentés, on va dire, d'autres caractères,
qui sont des syllabaires, qui ne sont donc plus des caractères chinois.
Donc vous avez une écriture un peu mixte.
Je vous montre trois journaux d'aujourd'hui.
Là, c'est des choses très, très récentes.
Vous avez d'abord un journal japonais, l'Asaï Shimbun.
Je prononce très mal le japonais, l'Asaï Shimbun.
Ensuite, un journal coréen qui s'appelle le Shosun Ilbo.
Et enfin, vietnamien.
Là, vous savez, vous voyez, il n'y a plus aucun caractère chinois.
Ou quand on en met, quand on en place, ça va être dans un titre, etc.
C'est pour faire un peu, pour rappeler une certaine, comment dire,
une certaine âge d'or, ou je ne sais pas si c'est l'âge d'or,
ou plutôt une certaine noblesse, une certaine culture.
En tout cas, l'écriture chinoise nous interroge, nous, Français,
dont la nôtre, l'écriture, est alphabétique,
à l'instar de presque toutes les populations d'Europe.
Alors la question qu'on va se poser aujourd'hui,
ce n'est pas celle qui est « comment peut-on être chinois ? »
mais « comment peut-on écrire le chinois ? »
Sachant que l'alphabet note les sons indépendamment du sens
et pour caricaturer et faire bref,
le chinois note le sens indépendamment du son.
Alors on va évacuer la question de savoir comment on appelle les caractères.
Vous voyez, je n'arrête pas de parler de caractères.
Je vais parler de caractères ou de graphies.
Beaucoup de gens parlent d'idéogrammes.
Alors pour moi, vous dites absolument ce que vous voulez,
ça n'a absolument aucune sorte d'importance.
Simplement, il faut savoir, et on va le voir tout de suite,
les idéogrammes, c'est une classe particulière parmi l'ensemble des caractères.
Mais vous pouvez bien dire idéogrammes, ça ne me dérange pas.
Alors pour commencer cette conférence,
et toujours si vous êtes d'accord, bien sûr,
je vais aborder les aspects légendaires.
Et vous allez comprendre pourquoi, je vais vous le dire.
Parce que je vais vous parler des légendes
sur la création de l'écriture chinoise.
Il y en a plusieurs.
Et si l'on veut être précis et exact,
c'est un grand penseur confucien du IIIe siècle,
Sun Tzu,
à ne pas confondre avec Sun Tzu,
qui est l'écrivain de l'art de la guerre.
Donc c'est un philosophe
qui est le premier à avoir donné le nom de l'inventeur de l'écriture.
Il s'appelle Tsang-Tie,
décrit comme possédant quatre yeux,
qui lui permet de lire les secrets du ciel et de la terre.
On trouve écrit dans un classique
datant du IIe siècle avant notre ère.
« Quand Tsang-Tie inventa les caractères,
le ciel fit pleuvoir du millet
et les mauvais esprits pleurèrent dans la nuit. »
Tenu en très grande estime par l'empereur jaune,
Huang-Ti, dont il était le ministre,
Tsang-Tie est nommé responsable du bétail et de la nourriture.
Au passage, l'empereur jaune est,
dans la mythologie chinoise,
le plus connu des cinq empereurs mythiques
et aurait notamment, entre autres choses,
créé l'administration chinoise,
développé l'écriture,
inventé l'acupuncture.
On est dans la mythologie.
Au début, pour accomplir sa tâche,
Tsang-Tie a utilisé la méthode
dite des nœuds
afin de compter les bêtes et les grains.
En utilisant des cordelettes
de couleurs différentes,
une couleur par espace
et autant de nœuds que d'animaux,
Tsang-Tie est très apprécié
de l'empereur jaune
qui lui confie d'autres tâches.
Mais dépassé par le nombre de choses
à consigner dans la vie de l'empereur,
il doit se résoudre à chercher
un autre système
que celui des nœuds.
Pardon.
Notons au passage que les Incas
ont créé le système de cordelettes à nœuds
avant d'inventer leur propre écriture
pour indiquer la numération
et peut-être davantage.
Mais ça, ça reste des suppositions.
Il apparaît très improbable
qu'il y ait un lien entre les cordes à nœuds
et l'écriture chinoise.
Pourtant, quelques symboles de nœuds existent,
ou plutôt existaient,
existaient avec dix et ses multiples,
tel que vous le voyez ici.
Vous voyez, dix s'enroulent
avec une espèce de croix là,
et puis vingt, et puis trente,
et puis quarante là.
Mais bon, il n'y a plus que le dix
qu'on utilise.
Le vingt un petit peu,
mais rarement.
Les autres, pas du tout.
Alors, il est en quête
d'un autre système sanctier.
Et un jour, il va à la chasse
et il a imaginé à ce moment-là
qu'on pouvait identifier les animaux
à partir des empreintes
qu'il laisse sur le sable
ou sur la terre.
Cette observation lui a donné l'idée
de créer des signes différents
pour identifier chaque chose.
Le grand principe était trouvé.
L'empereur jaune a ensuite promu
l'emploi de ce système
auprès de toutes les tribus
et grâce à cet emploi devenu généralisé,
l'écriture chinoise est née.
Cette légende est encore vivace,
voire défendue par certains Chinois
pour décrire une réalité,
en tout cas un système découvert
par une seule personne,
puis développé et adapté par la suite.
Pour de sanctier,
ce fut la révélation.
Il observa chaque chose
et conçut pour la désigner
une marque immédiatement reconnaissable.
L'empereur jaune en fut très satisfait
et fit promulguer l'usage
de son écriture dans tout le pays.
La même légende se répète
et s'écrit également ainsi.
Avec ses quatre yeux,
il regarda les traces
des pattes des oiseaux
pour fabriquer les caractères
d'écriture chinoise.
Voici, pour les aspects légendaires,
de la découverte,
de la création
de l'écriture chinoise.
Plutôt non, pas tout à fait.
Il y a un autre aspect
qui convient d'évoquer
avec Fuxi.
Fuxi qui fait partie
toujours dans la mythologie chinoise
de ce que l'on appelle
les trois augustes,
San Hong,
et qui peut avoir
l'apparence d'un homme,
d'un serpent,
d'une tortue
ou d'un dragon.
On dit de Fuxi
qu'il est à l'origine
de l'invention
de l'écriture chinoise,
du calendrier,
de l'utilisation des métaux,
de l'élevage,
de la pêche
et de la construction
des maisons.
Point.
Un personnage historique
très important
qui s'appelle Lise
et qui n'est pas n'importe qui
puisqu'il a été
le premier ministre
du premier empereur de Chine
pendant la période
très mince
que je vous montrais
tout à l'heure,
Chine.
Donc,
il est
et il mentionne
également
Tsang-Ti.
Lise
a écrit un manuel
pour enseigner
ou apprendre
le vocabulaire écrit
manuel intitulé
le manuel
de Tsang-Ti
dans lequel
il évoque
l'inventeur
de l'écriture.
Tsang-Ti a inventé
l'écriture
pour instruire
les générations futures.
Les jeunes enfants
reçoivent avec respect
l'instruction.
Ils sont soigneux
et attentifs.
Ils s'appliquent
à la récitation
et à la mémorisation
sans répit,
jour et nuit.
S'ils veulent devenir
fonctionnaires,
il leur faudra dépasser
la moyenne
pour la comptabilité
et l'administration
et c'est en sortant
du commun
qu'ils se distingueront
des autres.
Malgré les peines
du début,
ils prendront du plaisir
à la fin.
Sincérité,
intégrité
et discrétion
leur seront payés
de retour.
Si vous apprenez
le chinois
et que vous faites
un certain nombre
d'efforts,
vous allez ressentir,
je vous le jure,
exactement cela.
La légende
de Tsang-Ti
s'est surtout développée
au premier siècle
de notre ère,
c'est-à-dire
pendant les Han,
ce qui était
à l'extrême droite
du tableau chronologique
que je vous ai montré
tout à l'heure.
Mais on va parler
maintenant
non plus
de la mythologie
mais de la réalité.
Et avant cela,
quand même,
balayons,
balayons,
ayons un regard
sur l'histoire,
une histoire
des écritures
dans le monde.
Et au regard
de cette histoire,
le système,
comme vous pouvez le voir,
le système chinois
n'apparaît pas
du tout en premier,
le premier étant
celui qui apparaît
à Sumer.
Sumer,
c'est dans le sud
de l'actuel Irak
aux alentours
des quatrièmes
et troisièmes millénaires.
Dans cette écriture,
les premiers signes
avant son évolution
représentent un mot
ou une idée.
Ce sont des images
réalistes
ou stylisées
et simplifiées
représentant le tout
ou une partie
d'un objet
ou un symbole.
Ce système
était très lourd
parce qu'il nécessitait
la fabrication
d'autant de signes
que de mots
à écrire.
Retenez bien
cette chose-là.
C'est fondamental.
Pour la suite,
vous allez comprendre.
Son évolution
en se diffusant
dans les cultures
méditerranéennes
est allée
vers une écriture
alphabétique.
En effet,
le système
d'utilisation
d'un alphabet
est infiniment
plus économique
car il ne nécessite
que quelques dizaines
de signes.
Vous êtes très au courant
de tout ça.
Le système chinois
lui est quand même
postérieur
de 2000 ans.
Pour commencer,
pour rentrer
vraiment dans
notre sujet,
je vais commencer
par vous raconter
une histoire
qui date
de la toute fin
de la dernière
des dynasties chinoises,
les Qing
ou bien
ce qu'on appelle
aussi les Manchu.
Ça se passe
en 1899.
À l'époque,
il y a un certain
monsieur
Wang Yijong,
n'est-ce pas,
qui est un lettré chinois
qui est directeur
de l'Académie
impériale de Pékin
et qui souffrait
de la malaria.
Et pour se soigner,
alors qu'il se trouvait
dans la province
du Henan,
j'ai insisté
sur cette province
centrale là,
à Anyang,
il fit appel
à une pharmacie locale
qui, pour le soigner,
utilisa,
entre autres produits
de la pharmacopée chinoise,
les eaux de dragon.
On appelle
Longku
les eaux de dragon.
Médicaments
censés être fabriqués
à partir d'anciens eaux de dragon
et qui avaient
des propriétés mystiques
de guérison.
À l'époque,
les médecins,
les apothicaires,
les fournisseurs
gagnaient tous de l'argent
avec ces médicaments
qui étaient toujours donnés
aux patients
sous une forme pulvérisée
puis servis en décoction,
classique de la médecine chinoise.
C'est à cette occasion
que Wang Yijong
reçut
des eaux de dragon
qui n'avaient pas été broyés.
La nuit
où cela se produisit,
il avait la visite
d'un ami,
un écrivain
nommé Liu He,
écrivain relativement
connu à l'époque
et qui examina
les eaux de dragon
avec lui.
Tous deux s'intéressaient
à la paléographie,
c'est-à-dire
l'étude de l'écriture ancienne
et remarquèrent
que ces eaux
semblaient couverts
d'une ancienne écriture.
Bref,
l'un et l'autre
pressentent
qu'ils ont fait
une découverte
et ils demandent
à acheter la totalité.
Mais bien sûr,
c'était une source
de revenus importante
pour les médecins.
Là,
on ne leur dit rien
et il faudra
attendre
plusieurs années
avant qu'on en découvre
réellement l'origine
et surtout
que ce commerce
pharmaceutique
ne soit arrêté.
Et c'est ainsi
qu'a commencé,
il y a un peu plus
de 100 ans,
la découverte
et le départ
de la recherche
sur les formes
les plus anciennes
qui soient connues
de l'écriture chinoise.
C'est seulement
dix années plus tard,
en 1908,
que le philologue
Luo Chenyu,
qui finit
par découvrir
que les ossements
provenaient
d'une région
située en dehors
de la ville
d'Anyang.
Il s'y rendit
et trouva
des milliers
d'ossements
sur lesquels
étaient gravées
des inscriptions.
Les pélisants
de la région
lui dirent
que ces eaux
et carapaces
étaient constamment
déterrées
par des personnes
qui les grattaient
pour effacer
les inscriptions
afin qu'ils ressemblent
à des eaux de dragon,
bien sûr,
et les vendaient
aux marchandos
et aux apothicaires.
Luo Chenyu a publié
la première état
qui racontait
cette découverte
et qui a traduit
des inscriptions
qu'il avait trouvées
sur les eaux
et les carapaces.
De plus en plus
d'érudits
s'y intéressèrent
et les fermiers
vendirent ensuite
les eaux de dragon
à des collectionnaires,
des musées
et des universités
et c'est à cette époque
que des milliers
d'osses
et de carapaces
sont partis
à l'étranger.
Au Canada,
au Japon,
en Amérique,
etc.,
en Angleterre
et quelques-uns
sont arrivés
chez nous,
c'est-à-dire
ils se trouvent
au musée
à la Bibliothèque nationale
ou au musée
Tzernowski
à Paris.
On peut considérer
que le total
des inscriptions
en l'état des choses,
c'est-à-dire
en l'état
des découvertes
archéologiques,
le total
des inscriptions
sur eaux
et carapaces
datant des Changs
se monte
à environ
160 000 pièces
qui sont la plupart
du temps
des fragments
seulement,
dans un état
très dégradé
sous forme
de petits morceaux.
Ces pièces
constituent
la matière
essentielle
des sources écrites
qui relatent
l'histoire
de cette dynastie
mais aussi
sont les archives
des actes
divinatoires
de cette période.
En français,
on appelle
ces inscriptions
les
Tiakuwen.
Alors,
Tia signifie
la carapace.
Regardez bien
ce petit caractère
quand même.
Carapace.
Ku signifie
l'os
et Wen
signifie
l'écriture.
Je reviendrai
plus tard
sur ce Wen
et pour résumer,
qu'est-ce que c'est ?
Ce sont les questions
posées
et les comptes rendus
des demandes
d'oracles
gravées,
on va voir comment,
sur les grands eaux
des grands bovidés
et sur les carapaces
de tortues
à l'époque
des Changs.
Elles proviennent
toutes de la dernière
capitale des Changs,
l'actuelle
Hanyang,
dans la région
nord
de la province
de l'actuelle
Renan.
Alors,
quelles sont
ces inscriptions
et comment peut-on
les comprendre ?
Pour répondre
à ces questions,
il faut remonter
aux néolithiques chinois.
Des fouilles
archéologiques
ont mis à jour
de nombreux sites
datant du
quatrième millénaire
avant notre ère
et qui ont montré
les traces
d'une pratique
consistant à brûler
des eaux
de différents animaux,
en général des eaux
plats,
comme les homoplates,
et à les brûler
en plusieurs points
de telle façon
que les eaux
craquent ensuite
sous l'effet
de la chaleur du feu
et fassent apparaître
des craquelures,
interprétées
comme des réponses
à des demandes
d'oracles.
Chaque craquelure
est un message
qu'il convient
de décoder
et d'interpréter.
Cette pratique
qui consiste
à soumettre
des eaux
au feu
et à interpréter
les craquelures
obtenues
n'est pas seulement
chinoise,
elle a pu être servée
dans de nombreuses
régions du nord
de l'Asie,
mais aussi de l'Amérique.
C'est une pratique
de chaman
qui, de façon
plus large,
procédait
à des sacrifices
d'animaux
suivis d'holocaustes
offerts aux puissances
naturelles
dont il fallait
se concilier
les bonnes grâces.
Les holocaustes
terminés,
les chamanes
cherchaient,
fouillaient
dans les restes
et sur les eaux
cassinées,
ce qui pouvait
être interprété
comme des réponses
favorables
ou non,
et si les offrandes
ainsi étaient
acceptées
ou non.
Comme la plupart
des civilisations
qui sont parvenues
à un certain
niveau technique,
les shang
vont pratiquer
une religion
qui s'appuie
sur le chamanisme,
qui est d'ailleurs
davantage une spiritualité
qu'une religion.
Le chamanisme
des shang
considère
que chaque entité
naturelle,
les hommes,
les animaux,
les manifestations
telles que la pluie,
le vent,
les astres,
chacune de ces entités
est animée
par un esprit.
Les shang
vénèrent
toutes sortes
de divinités naturelles,
les montagnes
pour leur puissance,
les brumes
qui en descendent
jusque dans les fonds
des vallées,
les rivières,
le tonnerre,
le vent qui fait plier
les grandes herbes,
les arbres,
les racines
qui contournent
les roches
et s'enfoncent
profondément
dans la terre.
De ce respect,
face à une pensée
qui place l'homme
au milieu d'un monde
dont il n'est qu'une partie,
naîtra une forme
de vénération
pour la nature
et ses manifestations,
une médecine,
mais également
des formes artistiques.
Vous voyez là,
on s'arrête juste
une seconde
pour souffler,
pour me permettre
de boire un petit coup
et pour regarder
si c'est possible
parce que c'est un petit peu,
ce n'est pas très clair peut-être,
mais ces montagnes,
ce ciel,
ces gigantesques,
cette nature
qui est omniprésente
et puis tout au fond,
tout en bas là,
une petite rivière
avec une petite jonque,
avec un petit pêcheur
minuscule,
tout ça.
Ça, c'est la...
C'est comment la Chine
vaut le monde, quoi.
Et en tout cas,
comment elle voit l'homme aussi.
C'est d'ailleurs
pas grand-chose, quoi.
Une toute petite partie.
Ainsi, pendant les Changs,
rien d'important
ne peut être entrepris
avant d'avoir tout fait
pour s'attirer
les bonnes intentions
de la part de ce monde
invisible et imprévisible,
dont il importe
de se concilier les faveurs,
par exemple,
la construction d'une ville,
partir à la chasse,
à la guerre,
fonder une famille,
autant d'événements
qui donnent lieu
à des sacrifices.
Car il s'agit aussi
de s'attirer
les bonnes grâces
des ancêtres,
des souverains défunts
et de tous ceux
qui vivent
dans ce monde intermédiaire
entre le bas monde
et le monde invisible.
Rois et nobles
étaient alors soumis
à des rites religieux
extrêmement précis.
car avant même
d'agir,
il faut offrir.
Ce sont alors
de grandes quantités
d'animaux et d'hommes,
souvent des prisonniers,
qui sont sacrifiés
en formant le vœu
que ces boucheries
à grande échelle
pourront satisfaire
ce monde invisible.
Mais comment savoir
si les esprits
étaient ensuite satisfaits
de ces holocaustes ?
Et c'est à ce moment
que les chants
vont emprunter
une voie singulière
par rapport
aux autres civilisations
parvenues
au même niveau
de développement
en s'engageant
dans un processus
de divination
à même
de répondre
à cette question.
Les esprits
sont-ils ou non satisfaits ?
C'est ce processus
de divination
qui va permettre
de créer
une écriture
ayant sa propre logique.
Un changement
va donc avoir lieu
aux alentours
du XIIIe siècle
avant Jésus-Christ.
C'est une époque
de fort développement
pour les Shang
notamment pour
leur capitale
qui est l'actuelle
Zhengzhou
c'est-à-dire
l'actuelle capitale
de la province
du Henan
avec l'introduction
de techniques
de brûlage
plus complexes.
Vous avez dit
auparavant
on faisait
des grands brasiers
des grands holocaustes
là.
Et là
ça va devenir
beaucoup plus précis
et on va
également
rajouter
un support
aux os.
on va rajouter
la tortue
les carapaces
de tortue.
Ce qui va devenir
en Chine
ancienne
une véritable science
doit pour pouvoir
être réellement
pris en compte
consister
en autre chose
qu'un simple
holocauste
et à la recherche
de signes
à travers
un amas
d'os calcinés.
Il va falloir
que la procédure
que vont appliquer
les chamanes
qui sont devenus
alors des divins
des devins
pardon
employés à ces pratiques
deviennent plus précises
plus scientifiques
et que soit effectué
un premier travail
qui va sensiblement
orienter l'apparition
des craquelures
souhaitées.
Il va donc s'agir
d'une intervention
effectuée par les devins
sur les os
et les carapaces
avec un premier brûlage
effectué au moyen
d'un tison
d'une baguette
de bois
qui sera mise au feu
et dont on chauffera
suffisamment la pointe
afin qu'il devienne
incandescent.
On va ensuite
brûler l'os
par en dessous
afin d'obtenir
des craquelures
qui vont apparaître
sur le dessus de l'os.
Vous allez voir tout à l'heure
je vais vous faire voir.
Et ce sont donc
ces craquelures
qui serviront
à l'interprétation.
Là je vous montre
quelque chose
regardez à l'écran
là vous avez
précisément
ce dont je viens de parler
on entaille là
on entaille le dessous
de l'os là
et l'idée
c'est
on va
on fait ce tison
qu'on porte
à incandescence
et qu'on enfile
dans le trou
qu'on a fait
alors il faut y aller
doucement
enfin moi je n'étais pas
présent
vous vous imaginez
mais surtout
ne pas que l'os
éclate
il faut que
l'os résiste
mais par contre
il se fissure
très important
parce que c'est la
c'est la craquelure
c'est la fissuration
qui va
qui va
permettre de
déterminer
l'augure
alors
tu peux essayer
de tourner
là
c'est un os
qui
vous tournez
là
tu tournes
pardon
et là on voit
et on voit
on voit
alors
pour ne pas y revenir
je grille un peu
les étapes
mais là
on voit
la partie
ce qui se passe
après
c'est à dire
c'est à dire
que là
les devins
vont écrire
ce sont les premiers
caractères
là vous assistez
vraiment
c'est une première
je dirais
vous voyez
vous avez
les premiers caractères
tels qu'ils sont
qu'ils ont été gravés
par les devins chinois
c'était
n'était pas devins
c'était
tout cela
était une
comment dire
une prérogative royale
c'était pas
on ne faisait pas
son petit brasier
dans son poing
on ne tuait pas
sa tortue
c'est pas du tout ça
vous allez voir
plus loin
que tout était
au millimètre près
réglé
selon
des principes
divinatoires
extrêmement précis
vous allez voir
et donc là
vous savez
là c'est bien
on voit bien
vous voyez
vous avez
alors c'est gravé
donc il n'y a pas
d'angle
il n'y a pas d'angle
doux
on n'est pas
avec un pinceau
le pinceau arrive
moins 200
avant notre ère
on est très très loin
donc là
c'est avec un stylet
que les devins
gravent
c'est avec un stylet
donc c'est pour ça
que vous avez
des angles
et vous avez
un certain nombre
de ces caractères
qui ont
pour beaucoup déjà
été identifiés
pour un grand nombre
qui n'ont jamais
été identifiés
parce que souvent
ce sont beaucoup
des noms de lieux
alors la question posée
était souvent
sous la forme
parce qu'on posait
une question
il s'agissait
c'est clair
on posait la question
la question était
sous la forme
d'une double affirmation
d'abord par une phrase
positive
la décade sera bonne
la chasse sera bonne
puis négative
la décade ne sera pas bonne
la chasse ne sera pas bonne
et nous sommes ici
à la deuxième étape
de cette pratique
divinatoire
appelée la pyro
ostéomancie
pyro pour le feu
scapulo
ostéo pour le
ostéo pour l'os
et mancie
pour la divination
et c'est ici
qu'apparaît
un élément fondamental
qui va énormément
changer la pratique
oraculaire
mais aussi faire naître
l'écriture idéographique
avec le roi des chang
qui s'appelle
vous le voyez ici
Wu Ding
son règne a duré
50 ans quand même
il a vécu longtemps
et il a accordé
il était fasciné
par ça
par la divination
c'est plus de la moitié
des inscriptions auriculaires
qui datent de son règne
vous imaginez
cette datation
très précise
a été rendue possible
en raison des gravures
sur les os
et les carapaces
qui toujours
contiennent
la date
de l'opération
à quelle date
la divination
a-t-elle eu lieu
c'est au jour près
on peut dire
qu'à tel jour
à tel jour
telle gravure
a eu lieu
telle divination
s'est passée
on peut le
avec les équivalences
entre les calendriers
chinois d'alors
et celui d'aujourd'hui
etc
la gravure des os
et carapaces
étaient réalisées
après la craquelure
c'est-à-dire
la première opération
c'est
on fait craquer l'os
on fait craquer l'os
et à prendre
les devins
ou leur personnel
préparent de façon
de plus en plus
minutieuse
les supports
on les soumet au feu
en utilisant
un tison
incandescent
jusqu'à faire craquer l'os
pour la tortue
on utilise
le plastron
je me montre
le ventre
mais vous voyez
ce que je veux dire
c'est-à-dire
la partie
sur laquelle
la tortue
se traîne
on va dire
mais avant cela
il fallait nettoyer
scier
polir les os
et les homoplates
il fallait scier
le cartilage
scapulaire
et l'épine dorsale
de la carapace
de tortue
donc seul le plastron
était utilisé
quand le plastron
était détaché
du reste de la carapace
les bords
étaient polis
quelques fois même
on notait des choses
sur les bords
là
j'ai pas d'exemple
à vous donner
mais lorsque vous avez
vu tourner
vous avez vu
un moment
c'était assez grand
puis les carapaces
de tortue
c'est assez large
donc on a de quoi noter
et ça servait
là ça servait à dire
un jour
Pei a apporté
de Yu
10 paires
d'homoplates
enregistrées
par un tel
Dam Qing
a préparé
rituellement
cette carapace
notée par
Chui
donc tout cela
c'est
vous voyez
ça nous permet
d'avoir
une vue
d'une précision
assez exceptionnelle
on est quand même
on est quand même
on est quand même
combien
plus de 3000 ans
derrière nous
quoi
n'est-ce pas
là
on vous montre
tu peux montrer
la capture
d'un éléphant
voyez-vous
là
c'est pareil
on va se poser
des questions
sur les éléphants
là
la partie d'avant
était l'estampage
là c'est la
voyez
on a réécrit
l'estampage
en quelque sorte
pour le rendre plus clair
là
on les a côte à côte
là
on l'a en chinois
d'aujourd'hui
et là
on a la traduction
capture d'un éléphant
capturer
éléphant
aujourd'hui soir
Qi
pleuvoir
négation
Qi
pleuvoir
ce soir
effectivement
négation
pleuvoir
c'est pas du chinois
courant
on est d'accord
donc
voyez la traduction
l'interprétation
de la traduction
nous avons capturé
un éléphant
ce soir
est-ce qu'il pleuvera
ce soir
est-ce qu'il ne pleuvera pas
ce soir
en effet
il n'a pas plu
alors
ça concerne
ça peut
être assez drôle
mais bon
c'est assez cocasse
mais c'est tout à fait
fascinant
n'est-ce pas
alors
une fois
une fois les annotations
marginales gravées
les cavités régulières
donc
j'ai été pratiquée
sous la face interne
n'est-ce pas
et elles avaient
vous l'avez vu
sur l'os qui tourne
elles étaient creusées
comme une petite amande
là
et puis après
on enfonçait
donc
le tison
pour la faire craquer
leur forme longue
était spécialement étudiée
pour faciliter
la production
de craquelures
elle était obtenue
à l'issue
d'un évidage
au moyen
d'instruments
tranchants
de jade
ou de bronze
c'était très fort
avec le bronze
déjà
et il convenait
de soumettre
les cavités
à une forte chaleur
jusqu'à ce qu'apparaissent
les craquelures
sur la face externe
on est d'accord
dans une forme
qui avait grosso modo
celle de cette graphie
en chinois archaïque
cette graphie
se prononçait
du bruit
que faisait l'os
ou l'omoplate
quand il craquait
on peut faire là
la remarque suivante
que le feu
qui autrefois
brûlait quantité d'animaux
dans de grands holocaustes
jusqu'à ce qu'il n'en reste
que quelques eaux calcinées
a ici cédé la place
à un outil précis
qui porte le feu
au fond de l'excavation
on est ainsi passé
du feu sacrificiel
au feu divinatoire
un texte
issu de
le liti
on n'a pas le temps
de trop s'apesantir
sur chacun
de ces références
ça nous ferait partir
et j'en aurais
pour des heures
et des heures
le liti
c'est un recueil
c'est un grand classique chinois
qui est sur l'irrite
qui indique
qu'il ne s'agit pas
de n'importe quel feu
et de n'importe quel bois
je vous avais alerté
il y a quelques minutes
on ne fait pas ça
dans sa cuisine tranquille
au printemps
il tirait le feu
de l'orme
et du saule
en été
il le tirait
du jujubier
et de l'abricotier
au milieu de l'année
il le tirait
du murier cultivé
et du murier sauvage
en automne
il le tirait
du chêne
et de l'ieuse
qui est le chêne vert
en hiver
il le tirait
du sophora
et du santal
fin de citation
on voit ici
dans cette énumération
de sortes d'arbres
et de leur choix
selon la saison
l'importance
prise par cette
appréhension
d'un monde
qui n'est pas interchangeable
au cours du cycle naturel
il convient
de s'appuyer
sur des correspondances
entre le moment du cycle
et le moment du bois
c'est donc ensuite
et seulement ensuite
après le travail
de préparation
du support
qu'avait lieu
la gravure
de ce qu'on appelle
les formules oraculaires
elles se composent
généralement
mais pas systématiquement
de trois parties
et sont toujours
gravées sur l'eau
sous la carapace
après que les gravures
sont apparues
qu'est-ce qu'on a ?
on a trois
tout à l'heure
on a vu ce poux
on a trois
trois phases
on a le préambule
qui se compose
de la graphie poux
précédée de deux graphies
donnant la date
de l'opération
tout à l'heure
j'ai parlé
de cette infime
précision chronologique
parce qu'on donne
la date
et à l'époque
pour donner la date
on utilisait
ce qu'on peut encore
un calendrier
qu'on peut utiliser
encore en Chine
même
quand vous achetez
je ne sais pas
ça fait longtemps
que je ne suis pas allé
en Chine
ça fait 15 ans
donc peut-être
ça a changé
mais avant
vous lisiez
le quotidien du peuple
vous aviez en haut
si quelqu'un
si quelqu'un
c'est ça
qui se manifeste
vous aviez en haut
la date
selon le vieux
calendrier paysan
c'est extraordinaire
n'est-ce pas
et la graphie poux
elle est donc
précédée
de la date
et elle est suivie
du nom
du devin
qui a pratiqué
l'opération
deuxième phase
deuxième partie
c'est ce qu'on appelle
le mandat
ou bien
la soumission
à l'oracle
elle est introduite
par la graphie
Chen
qui signifie
ce que contient
la divination
on y trouve
donc l'énoncé
de l'objet
de la divination
ce sur quoi
elle porte
par exemple
tel sacrifice
pour tel ancêtre
en telle quantité
ou bien
expédition militaire
à tel endroit
ou bien encore
prochaine décade
malheureuse
faut-il aller à la chasse
etc
autre exemple
consulter les sorts
pour savoir
si nous aurons
une bonne récolte
ou bien
sur un même plastron
vous l'avez déjà vu
avec les éléphants
on a soumis à l'oracle
le jour à venir
est-ce qu'il pleuvra
on a soumis à l'oracle
mal dedans
causé par la malédiction
du père I
dans de très nombreux cas
et cela pour des raisons
d'économie bien sûr
parce qu'il en fallait
des tortues
donc on pouvait trouver
plusieurs demandes
sur un même os
ou sur un même plastron
demandes de nature différente
c'est le cas
de ce que je viens
de vous indiquer
en l'occurrence
celui qui souffrait des dents
c'était ni plus ni moins
que le roi Wouding
celui-là même
qui était particulièrement
attaché à la divination
tel jour
consultez les oracles
par l'écaille de tortue
afin de demander
si quand on poursuivra
les sangliers
on les prendra
enfin la troisième partie
s'appelle
qu'on appelait
le pronostic
est introduite
par la graphie
Chan
voilà Chan est là
qui signifie
ce que dit
la divination
procédé de la référence
au roi
si c'est le roi
qui a posé le pronostic
c'est-à-dire
favorable
très favorable
défavorable
calamiteux
j'ai parlé
de l'action
du tison
enflammé sur l'os
et sur la carapace
qui va produire
une fissuration
avec une forme
de poux
on l'a vu le poux
là
voyez le premier
avec bien sûr
des variantes
quand la branche
c'est-à-dire la branche
c'est-à-dire le petit trait
qui descend là
qui est sur votre droite
j'ai un truc là
ça là
quand ça
quand cette branche
remonte vers le haut
le pronostic est faste
d'autant plus faste
encore
si l'angle
que forme
la fissuration
avec le tronc
est plus fermé
donc quand ça remonte
quand ça remonte
et c'est bien prêt
là
là c'est bon là
quand la branche
descend vers le bas
le pronostic est néfaste
quand la branche
n'est pas rectiligne
le diagramme
est également néfaste
plus d'une cinquantaine
de dessins de branches
ont été recensés
au troisième siècle
de notre ère
il y a beaucoup de gens
qui ont travaillé là-dessus
même très tôt
montrant par là
une très grande
sophistication
de la divination
à ce stade premier
de l'écriture chinoise
on peut constater
la création
d'un lexique
d'environ
4000 graphies
sur les eaux
et carapaces
et autant
pour les inscriptions
sur bronze
dont je vais parler
dans quelques instants
lorsque je vous ai parlé
des inscriptions
réculaires
et des trois parties
qui composaient
les formules divinatoires
j'ai insisté
sur trois graphies
que l'on retrouve
presque dans
toutes les inscriptions
rappelez-vous
j'ai parlé de Pou
le préambule
de Chan
le mandat
et de Chan
le pronostic
si on est attentif
regardez bien
si on est attentif
on peut voir
que les deux derniers
Chan et Chan
proviennent
tous deux
du premier Pou
vous voyez la partie
qui est rougie là
en fait c'est la même chose
c'est la même chose
c'est la même base
c'est le même caractère
vous voyez
et c'est dans ce principe
que réside tout le génie
et toute l'intelligence
de l'idéographie chinoise
qui fait ainsi
une économie notoire
que n'ont pas réalisé
d'autres systèmes idéographiques
lesquels ont créé
des graphies singulières
pour chaque mot
rappelez-vous
il y a quelques minutes
j'ai insisté en disant
la fin de Sumer
c'est ça
la fin de Sumer
Sumer ne fait pas ça
et Sumer se retrouve
avec un glossaire
absolument faramineux
et n'y arrive plus quoi
ils n'y arrivent plus
parce que c'est un effort
de mémoire colossal
les chinois
ils ont été intelligents
puisqu'ils utilisent
telle graphie
pour en fabriquer une autre
donc ils soulagent
énormément la mémoire
et ils la construisent
en plus
vous allez le voir
de façon très intelligente
c'est l'heure
avec pour conséquence
une écriture
qui assez rapidement
ne pouvait plus être maîtrisée
donc c'est ce que je viens de dire
elle ne pouvait donc pas fonctionner
j'espère que vous vous rendrez compte
en quittant cette salle
de cette immense qualité
qu'a l'écriture chinoise
les caractères sont tous distincts
les uns des autres
mais une observation
même amateur
de quelqu'un
qui ne connaît pas
l'écriture chinoise
pourra remarquer
de nombreux éléments communs
qu'on retrouve
dans les graphies
qui sont toutes plus ou moins
liées entre elles
encore une fois
le génie des devins
qui ont créé ce système
a permis la naissance
d'une écriture
qu'ils ont su adapter
à partir d'un modèle
des inscriptions auriculaires
qui n'étaient pas
une langue naturelle
et qu'ils sont parvenus
à rendre
intelligentes
créatives
de façon
quasi
inépuisable
généralisé
depuis la fin
de la période Shang
ce processus
est à l'origine
de l'écriture chinoise
il est au coeur
de sa structure
profonde
processus
qui prend naissance
avec les inscriptions
oraculaires
c'est pourquoi
l'écriture chinoise
telle qu'elle existe
aujourd'hui
peut être dite
fille
de la divination
voilà
je vais faire
non pas une pause
parce que je ne m'arrête pas
pardon
mais
je viens de clore
la première partie
qui est
la partie
vraiment des origines
quoi
et je vais aborder
dans quelques minutes
la deuxième partie
qui est la partie
du développement
jusqu'au caractère
que nous utilisons
aujourd'hui
n'est-ce pas
mais je vais faire
un petit
un petit
aide-moi
une parenthèse
une parenthèse
j'ouvre une parenthèse
pour revenir
sur trois points
qui m'apparaissent
quand même
un petit peu important
déjà évoqué
que je développe
je vous ai
j'ai dit là
que
les questions
qui étaient gravées
sur les os
les carapaces
j'ai dit
la question posée
était d'abord
sous une forme
positive
puis sous une forme
négative
il pleuvra demain
il ne pleuvra
pas demain
sachez que
cette même forme
existe rigoureusement
encore
dans le chinois
d'aujourd'hui
s'il y a des chinois
qui ne seraient pas d'accord
et qui seraient présents
évidemment ils se manifesteraient
mais en chinois
l'interrogation
elle a deux
elle a deux façons
d'être exprimée
elle a la façon
c'est un peu
comme chez nous
c'est un peu
comme en français
on dit
par exemple
on dit
ça veut dire
est-ce que t'as mangé
on rajoute
tu as mangé
c'est le
est-ce que
nous on le met devant
est-ce que tu as mangé
le ma
c'est
c'est l'interrogation
ça nous
mais c'est pas ça
qui est intéressant
c'est pour là
où je veux en venir
évidemment
parce que
la façon
une autre façon
de dire
est-ce que tu as mangé
tu as mangé
ou tu n'as pas mangé
c'est exactement
ce qui se passait
sur les os
tu as mangé
tu n'as pas mangé
c'est une négation
qui sous-entend
je n'ai pas mangé
tu as mangé
tu n'as pas mangé
voilà
c'est un petit détail
je le glisse
comme ça
je le glisse
en passant
parce que
ça montre
qu'une sorte
de filiation
directe
et quand j'ai dit
fille de la divination
là c'est vraiment
on est dedans
mais encore plus important
que ça
je veux revenir
sur la tortue
la tortue
c'est quelque chose
de fondamental
et d'extraordinaire
donc j'ai parlé
de l'évolution
non pas de l'abandon
des os
et de l'arrivée
et de l'utilisation
de la tortue
mais
d'utilisation
conjointe
et puis ensuite
la tortue
c'est vrai
va prendre
le pas
on appelait ça
la
la
la
la
la
la
la
la
la
la
la
la
la
la
la
la
la
la
la
la
la
la
la
la
la
la
la
la
la
en effet
la tortue
joue un rôle
remarquable
dans le bestiaire
chinois
traditionnel
dans le
dans le
dans les
il y a quatre
animaux
mythiques
en Chine
c'est la
licorne
le phénix
le dragon
et la tortue
la différence
c'est que la
tortue
c'est un vrai
animal
les autres
ça n'existe
les autres
ce sont des
animaux
qui n'existent
pas
l'arrivée
de la
tortue
va être
un tournant
à bien des
égards
et il
convient
de s'arrêter
sur la
symbolique
cosmologique
dont la
tradition
chinoise
a chargé
l'image
de la
tortue
sa carapace
c'est à dire
son dos
est ronde
comme le ciel
sa partie
ventrale
le plastron
je recommence
est plate
et même
carré
comme la terre
ainsi que
l'imaginent
les chinois
une sentence
ancienne
et bien connue
des chinois
qui dit ceci
le ciel
est rond
la terre
est carrée
ainsi
la tortue
est-elle
le symbole
de la
totalité
de l'espace
et de par sa
longévité
proverbiale
elle est également
l'emblème
de la
totalité
du temps
la tortue
devient le support
idéal
pour les arts
divinatoires
en ce qu'il
s'intègre
dans l'ordre
universel
elle est donc
bien le signe
global de tout
l'univers
spatio-temporal
la tortue
c'est le monde
et le monde
c'est ce qui se trouve
sous le ciel
c'est-à-dire
que l'on nomme
pas encore
la Chine
c'est tout comme
c'est le monde
la Chine
est le monde
dans les textes
chinois anciens
la tortue
apparaît en effet
comme pourvue
des qualités
que sont
la longévité
l'immortalité
et l'inépuisable
vitalité
son usage
son usage
dans les opérations
de divination
indique un glissement
on a substitué
la représentation
d'un monde
régi par les esprits
par celle d'un monde
qui est pensé
dans une cosmologie
on peut voir là
les prémices
d'une pensée
qui va se développer
par la suite
jusqu'au début
de l'ère chrétienne
et qui va voir
l'homme
microcosme
en lien avec
le macrocosme
naturel
l'homme à l'image
du monde
le corps de l'homme
à l'image du monde
c'est particulièrement
manifeste
avec la médecine chinoise
qui voit l'homme
non pas comme
un microensemble
détaché du reste
mais plutôt
comme une représentation
du monde
en lien avec lui
les devins
vont donc changer
de support
et désormais
passer par la tortue
on dira
interroger la tortue
les techniques
qui permettaient
la préparation
des os
et des carapaces
les confections
des poinceaux
l'entaille
qui favorisait
la craquelure
par l'intérieur
sans faire exploser
le support
avec quelle sorte
de bois
était allumé
le brasier
qui permettait
de chauffer
le poinçon
etc
il est vraisemblable
que ce qui peut
nous apparaître
aujourd'hui
comme des détails
était soumis
à des correspondances
cosmologiques
qui sont à l'origine
d'une influence
qui deviendra plus tard
l'une des caractéristiques
de l'ordonnancement
du monde chinois
ainsi
ce choix de la tortue
comme support de divination
s'est fait
moins en raison
de la longévité
de l'animal
que comme symbole
cosmologique
les tortues utilisées
étaient des animaux
d'élevage
ce que je vous ai dit
il en fallait beaucoup
donc il fallait élever
tout ça
et les utiliser
ensuite
je dis juste deux mots
avant de continuer
vraiment la conférence
sur le bronze
j'ai parlé du bronze
est-ce que je ne peux pas
trop parler de tout
j'ai parlé du bronze
je vais faire très vite
le bronze
c'est une technique
très très développée
déjà sous les chambres
et déjà
et déjà même
c'était présent
sous les Sia
la première
des dynasties
pré-impériales
donc
qui la pratique
avec la technique
dite
de la
de la
de la
de la sire perdue
on ne va pas rentrer
dans le détail
n'est-ce pas
mais bon
c'est dommage
c'est assez joli
à voir
les dirigeants
croient non seulement
dans les esprits
et dans une vie
après la mort
rappelez-vous
les holocaustes
avec
avec cette communication
par ce brasier
de tout ce qui
de tout ce qui s'élevait
vers le ciel
et puis la réponse
qui se retrouvait
dans les craquelures
des os
mais également
comme nombre de chinois
aujourd'hui
croient que les esprits
et les défunts
ont le même besoin
de nourriture
et de confort
que les vivants
et c'est sur les vases
en bronze
ou plutôt à l'intérieur
des vases en bronze
que vont être gravés
ou fondus
les premiers caractères
chinois
après bien sûr
qu'ils l'ont été
sur les os
et carapaces
on est bien d'accord
mais quand ils vont
vraiment être écrits
être gravés
être fondus
pour un usage
autre
que la divination
c'est sur le bronze
ou dans le bronze
je ne sais pas comment dire
il s'agit de vases
rituels
utilisés
pour le culte
du ciel
le culte aux esprits
le culte aux ancêtres
afin d'obtenir protection
pour leurs maisons
pour leurs clans
contre les calamités
naturelles
ces instruments de culte
servaient selon leur forme
à réchauffer
ou à cuire
des aliments
des boissons destinées
à être offertes
aux ancêtres
et aux esprits
ces aliments cuits
c'était de la viande
du poisson
mais aussi des céréales
fermentées
qui étaient consommées
après avoir été
chauffées
les vaisselles
cultuelles
cultuelles
étaient offertes
par le roi lui-même
à ses vassaux
méritants
quelques caractères
étaient fondus
dans les ateliers
royaux
à l'intérieur même
du récipient
là vous voyez
ça a été
mon collègue
à surligner
en rouge
là c'est absolument
remarquable
on en trouve encore
sur le marché
ça coûte assez cher
ce genre de choses
mais c'est assez
on en trouve
sachez que
des vases modernes
sont aujourd'hui
encore utilisées
que ce soit
si vous êtes allé en Chine
vous savez bien
dans les temples
il y a plein de vases
ça fume
on met de l'enceinte
la plupart du temps
on ne met pas du brouet
bien sûr
mais bon voilà
voilà
c'était ces trois petits points
que je voulais un peu développer
et là
j'en viens donc
à la partie développement
de l'écriture chinoise
là je vais vous parler
alors
apparemment
ça apparaît
d'emblée
ça apparaît
moins drôle
on va dire
mais c'est
pourtant fondamental
je vais vous parler
d'un dictionnaire
ce dictionnaire
c'est celui-là
celui qui est écrit devant vous
qui s'appelle
le Shouen Tietz
je vais d'abord présenter
très brièvement
son auteur
ce livre date
du deuxième siècle
de notre ère
on est donc
pendant les Han
à l'extrême droite
de la frise chronologique
il aurait été achevé
vers l'encens
de notre ère
et il a l'oeuvre
d'un dénommé
vous le voyez ici
ce monsieur
Sushen
qui est originaire
lui aussi
de la province
du Renan
c'est un érudit
et c'est un spécialiste
reconnu
de ce que l'on appelle
les cinq classiques
les cinq classiques
c'est des écrits fondamentaux
qui jalonnent
l'histoire
de la pensée chinoise
et qui ont fortement
influencé
cette période clé
dite
des royaumes combattants
qui sera abordée
la semaine prochaine
le livre de Sushen
est souvent présenté
comme le premier
dictionnaire
étymologique
de Chinois
ce qu'il est
certainement de fait
pourtant
l'intention
de son auteur
ce n'était pas du tout
aussi évident que ça
son objectif
était en effet
davantage
confucien
j'aborde
je mors un peu
sur cette
de la semaine prochaine
mais je suis un peu
obligé là
parce que
je ne peux pas faire
autrement
donc
je m'explique
il s'agissait pour lui
de déterminer les mots
déterminer les mots
c'est
Cheng Ming
Cheng Ming
la semaine prochaine
il y a un long développement
sur Cheng Ming
qui dure environ
20 minutes
donc
ceux qui seraient
passionnés par ça
je vous convie
à venir
bien sûr
et
qu'on traduit
souvent par la locution
rectifier les noms
notion très largement
donc
mise en avant
par Confucius
déterminer les mots
justes
après tout
netz pas
l'objectif
de tout dictionnaire
de langue
je veux dire
à présent
quand même
deux trois mots
c'est une théorie
ça a été défini
comme tel
c'est une théorie
de l'ordre
l'ordre
un dictionnaire
ça a besoin d'ordre
bien sûr
il faut bien
tout mettre
dans le bon ordre
n'est-ce pas
mais si on considère
la pensée de Confucius
l'ordre social
et la stabilité politique
ne peuvent être
obtenus
qu'en imitant
et en reproduisant
le modèle
légué par les rois
de l'antiquité
on parle des premiers rois
de l'époque des Tchou
la troisième
et des dynasties
pré-impériales
c'est la dernière dynastie
avant la chute
avant le début
de l'empire
on est d'accord
les Tchou
là on a quitté
les changles
il est absolument nécessaire
de donner à chaque objet
la dénomination exacte
qui lui convient
celle-là même
dont l'usage
a été fondé
par ces rois
de l'antiquité
il s'agit bien
d'une théorie de l'ordre
car à partir du moment
où chaque objet
est en parfaite concordance
avec le contenu
de sa domination
on ne peut que retrouver
l'ordre
et la stabilité
des temps anciens
qui représentent
l'âge d'or
pour Confucius
en réalisant ce Shouen
son auteur a ainsi
voulu recréer le cosmos
car son livre
est composé
des dix mille choses
de ce monde
dix mille en chinois
c'est un chiffre
c'est un chiffre
que vous allez voir
partout
on vous souhaite
la longue vie
on vous souhaite
dix mille ans
on vous souhaite
la grande muraille
c'est dix mille lits
etc.
c'est un chiffre
très important
n'est-ce pas
donc avant d'être
un outil
de l'écriture chinoise
et de son histoire
ce livre
est d'abord
une image du monde
comme chaque caractère
est l'image
de ce qu'il désigne
il est un outil
psychographique
encore utilisé
par tous ceux
qui s'intéressent
à l'écriture chinoise
ainsi qu'à la langue
chinoise
aujourd'hui
car il convient
de ne pas laisser
coter le fait
que l'écriture chinoise
note une langue
elle est même capable
d'en noter plusieurs
nous l'avons vu au début
avec les emprunts
par les japonais
coréens
et vietnamiens
le shawen
indique également
la prononciation
des caractères
cela consiste
vous le voyez ici
à donner
la prononciation
d'un caractère
au moyen
de deux autres caractères
l'exemple
qui est donné
ici
est assez éclairant
avec
on essaye
de donner
la prononciation
du caractère
tong
tong
céleste
donc
don
tong
donc on donne
deux caractères
on donne
on donne
je crois
on donne
de
de
pour l'initial
et on donne
hong
pour la finale
tong
te
hong
vous voyez
c'est une méthode
qui est d'ailleurs encore
on utilise un peu
non
avec modération
avec modération
mais ça se voit
quand même
dans la postface
de son dictionnaire
Sushon précise
son intention
je vous la décris
le titre du dictionnaire
est parlant
il veut expliquer
les figures
et interpréter
les caractères
ou encore
expliquer
les figures
simples
et analyser
les caractères
composés
les figures
c'est
ouen
les caractères
c'est tzu
je l'ai dit
Sushon est un grand connaisseur
des classiques
et souhaite corriger
les erreurs
d'interprétation
de ces classiques
en fournissant
pour chaque caractère
une définition correcte
en fournissant
le sens juste
des caractères
Sushon souhaitait
en finir
avec certaines
explications
fantaisistes
et retrouver
le sens
premier
des anciens
quelle est la différence
entre
ouen et tzu
ouen nous l'avons vu
vous vous rappelez
certainement
kia ku ouen
c'est le troisième
des caractères
kia ku ouen
c'est ça
très beau mot
très beau caractère
et c'est un très beau mot
vous allez voir
ouen c'est
le caractère simple
qui désigne
la protographie
c'est à dire
la première graphie
ce caractère
qu'on ne peut pas
décomposer
en plus petits
éléments graphiques
ce sont des graphies
entièrement originales
qui ne sont pas
elles-mêmes
composées de graphies
déjà existantes
vous avez vu
pu
chan chen
chan chen
c'était
on retrouvait le pu
là on ne pourra pas
parler de protographie
ce n'est pas du tout
le cas
là je parle
de wen
qui sont des graphies
ou des dessins
naturels
qui ont une signification
en tant qu'ils illustrent
telle ou telle chose
par leur seule forme
là vous allez voir
circuler un certain
nombre de panneaux
où vous avez
d'un côté
à gauche
cette forme
cette protographie
et à droite
la forme moderne
oui alors peut-être
on va regarder
la première
là vous voyez
la cégène
c'est l'homme
pardon
ici c'est l'homme
l'homme en tant qu'être humain
je veux dire
ici c'est
c'est grand
c'est ta
celle c'est le ciel
là on pourrait croire
que c'est un bonhomme
qui est destiné
avec des jambes
et une tête
pas du tout
celle c'est le ciel
et ici c'est la femme
l'oeil
l'oreille en bas
la lune
le coeur
le coeur pardon
l'arc
l'arc
l'arc
et le puits
le puits
le puits
puiser de l'eau
le milieu
le roi
voilà
alors
peut-être tu peux revenir
un écran d'avant
parce que j'ai pas fini
sur when
je voudrais compléter
en vous donnant
tous les sens respectifs
de ce mot
excusez-moi c'est un peu long
mais c'est tellement important
ce
de premier sens
c'est graphique
qui donne à voir
un entrecroisement
de lignes
les lignes aux veines naturelles
celle du bois
celle de la pierre
mais aussi les lignes d'un tatouage
le deuxième sens
c'est précisément
celui des caractères chinois graphiques
quand il n'est pas décomposable
ça
on peut pas décomposer
on dit pas ça
bien sûr
on peut dire
il y a tant de traits
on peut dire
on peut dessiner
mais
c'est pas quelque chose
qu'on a rajouté
c'est apparu comme ça
ça a été dessiné
par les
par les premiers devins
de la sorte
je montre ça
mais c'est ça qu'il faut montrer
ça c'est la partie moderne
ça compte pas je dirais
ce sens est bien sûr
lié à l'origine divinatoire
des premiers signes graphiques
qui sont apparus
sur les écailles
de tortue
un deuxième sens
ce deuxième sens
nous amène à celui très large
de la langue
et du langage
qui inclut même
la langue parlée
troisième sens
un texte
et plus généralement
le sens
de littérature
en général
quatrième sens
celui de la culture
les connaissances
et plus fort encore
la civilisation
Wenming
la civilisation
Wenxue
la littérature
toutes ces notions
si fortement imbriquées
les unes dans les autres
qu'elles sont indissociables
enfin
c'est tout ce qui relève
de l'élégance
du raffinement
de la beauté
des gens cultivés
on passe au tzu
maintenant
le tzu
c'est autre chose
le tzu
par contre
c'est une graphie
dont on peut séparer
les différents éléments graphiques
l'étymologie
de ce tzu
nous explique
cette signification
il y a deux éléments
dans le tzu
c'est un vieux
vieux caractère
qu'on retrouve également
sur les carapaces
sur la partie supérieure
oui
sur la partie supérieure
on a
un toit
vous voyez le toit
qui est en train
de se dessiner là
et
on va passer
à la partie inférieure
on a
le caractère tzu
c'est un caractère
à lui tout seul aussi
qui signifie
l'enfant
la graphie
dans son ensemble
montre un enfant
dans une maison
la signification
première
est
avoir des enfants
dans sa maison
procréer
sens élargi
dans un emploi
métaphorique
et qui désigne
les caractères
d'écriture
complexe
enfanté
par le processus
de composition
par opposition
à
ouen
qui désigne
des graphies
indécomposables
sushen
explique la graphie
des enfants
sous un toit
avec sous-jacente
l'idée de famille
nombreuse
nombreuse
comme tous les caractères
chinois
qui vont trouver là
le symbole des graphies
engendrées les unes
par les autres
le sens actuel
et les caractères
d'écriture
tel que je viens
de le définir
en opposition à ouen
c'est aussi
le nom personnel
public
qui était
traditionnellement
donné
c'était
le prénom
dit social
qu'on donnait
un jeune homme
à ses 19 ans
tout cela
ne fonctionne
plus maintenant
et ça signifie
également
se fiancer
à une jeune fille
là je vais
on va vous montrer
quelques
quelques quoi
quelques caractères
quelques caractères
non c'est pas ça
c'est pas ça
on passe aux clés
on passe aux clés là
t'es sûr
quand il y a
beaucoup de photos
là c'est un peu
le truc
mais bon
on va passer aux clés
merci
on pourrait donc voir
pour conclure rapidement
sur ce truc
on pourrait voir
dans les uen
des révélateurs
et des symboles
des réalités
qui forment le monde
et dans les tzu
des outils propres
à fabriquer l'écriture
et qui notent
la parole
je reviens
au show uen
qui est ce que je vous décris
il contient
un texte de préface
suivi de 14 chapitres
puis d'une postface
et d'un index
il recense
9353 caractères
ainsi que
1163 variantes
les variantes
ce sont des variantes
comme son nom l'indique
c'est à dire
légèrement différents
mais signification identique
tous ces caractères
sont classés
sous des clés
et dans le show uen
il y a 540 clés
qu'est-ce que c'est
qu'une clé
et que faut-il
entendre par clé
on peut dire
également en français
radical
c'est un élément
du caractère
qui donne
un sens
plus ou moins large
c'est-à-dire
une piste
sémantique
voilà
ici
on a fait
une sélection
avec Olivier
on a choisi
3 clés
dans une liste
la liste
qui est
je ne sais pas
si on peut dire
que c'est la plus
communément
utilisée
aujourd'hui
enfin c'est un
c'est le
c'est le quoi
c'est le kangxi
le dictionnaire
dit de kangxi
c'est lui
qui a fixé
un peu
214 clés
là
on a choisi
le premier
c'est la bouche
c'est clair
non
la bouche
c'est clair
vous voyez
là vous avez donc
toute une série
c'est un choix
bien sûr
c'est pas exhaustif
toute une série
de ces caractères
qui ont été bâtis
à partir
de ko
la bouche
après le deuxième
c'est yen
yen c'est la parole
la parole
c'est
c'est le 149
je crois
non
ça me semble bien
vous savez
quand vous apprenez
les chinois
on les a
on finit par les savoir
savoir les numéros
par coeur
yen
vous voyez
je vous montre
que du traditionnel
du chinois traditionnel
évidemment
je vais pas vous montrer
des trucs
qui ont été simplifiés
archi simplifiés
sinon ça a perdu
tout là
je vais en parler
de la simplification
après
mais vous voyez
c'est
à chaque fois
même si vous ne connaissez
rien au chinois
vous allez retrouver
ici
ici
à gauche
toujours sur la gauche
vous voyez
vous avez toujours
ce yen là
plus deux traits
plus trois traits
plus trois traits
plus deux traits
un, deux, trois, quatre
cinq, quatre traits
etc.
et là
c'est un autre
un autre
des 740
celui-là
c'est
c'est
c'est
l'herbe
l'herbe
donc tout ce qui est
tout ce qui est
là vous avez
par exemple
celui-là
je vous le donne
celui-là
c'est le
c'est le
le thé
le thé
celui-là
c'est le thé
là c'est
c'est
ça c'est quoi
c'est
c'est
l'herbe aussi
c'est ça
là vous avez
l'âne
l'orchidée
l'orchidée
le dernier
tout à fait
en bas à droite
i
c'est i ça
i c'est la
l'arbre
hein
l'arbre
oui c'est ça
l'arbre
voilà
et donc voilà
les 214 clés
que vous aurez
à apprendre par cœur
on vous a fait grâce
des numéros
à partir de
avec chacun
mais il va falloir
vous y coller
tôt tout tard
je blague un peu
là mais
c'est
c'est
elles sont dans
l'ordre
elles sont dans
l'ordre du
nombre de traits
vous voyez
la première
c'est le 1
c'est simple ça
et la deuxième
c'est la flûte
c'est ça non
la deuxième
c'est la flûte
je crois
mais je crois
qu'il n'y a pas
de caractère
qui lui sont
attribués avec
vous voyez
on retrouve les 3 là
on a choisi
donc tout ça
ce sont ces clés
il n'y a pas
de caractère chinois
qu'on ne peut pas
retrouver
à partir de ces clés
voilà
donc c'est
un des génies
je vous ai dit
je vous ai dit
on n'a pas construit
les caractères chinois
comme ça
indépendamment
les uns des autres
non
on les a construits
de façon
parce qu'il a bien fallu
un moment
il a bien fallu
passer à
à la création
du lexique
du vocabulaire
donc inventer des mots
il a bien fallu
se fixer sur un
sur un principe
sur une logique
et c'est là
elle est là
c'est bon
d'accord
alors
ça a aussi un intérêt
enfin un intérêt
qui est un peu
c'est a posteriori
tout ça
c'est pour nous
c'est à dire
ça sert à ranger
les caractères
dans un dictionnaire
c'est à dire
quand vous cherchez
un dictionnaire
un caractère
quand vous recherchez
un caractère
dans un dictionnaire
il vous faudra
si vous ne l'avez
jamais vu
déterminer
quelle est sa clé
oh c'est cette clé là
peut-être
cette clé là
c'est pas si simple
que ça
vous trouvez la clé
et vous comptez
le nombre de traits
qu'il y a en plus
de cette clé
et vous allez chercher
dans ces longues listes
et vous regardez
c'est cette clé là
plus trois traits
donc vous avez
clé
intel
plus trois
et là vous avez
une liste
de caractères
ah il est là
et voilà
et vous l'avez trouvé
des fois
c'est pas si simple
c'est pas si rapide
je veux bien le croire
excuse-moi
c'est bon
non c'est trop
pardon
alors
ce que je vous ai dit
à propos de ce dictionnaire
le Shouen
le principe
il est resté le même
quel qu'il soit
donc
la notion de trait
est très importante
la notion de trait
est fondamentale
dans l'écriture chinoise
et dans les caractères chinois
c'est pour ça
que je vous montre
ce caractère
très particulier
qui est Yong
Yong
Yong ça signifie
éternel
ça signifie
pour toujours
n'est-ce pas
et cette graphie
a pour une caractéristique
très particulière
elle s'écrit
avec les huit traits
fondamentaux
de l'écriture chinoise
ce serait
toute proportion gardée
l'équivalent
de notre alphabet
de 26 lettres
qui compose
chacun des mots
nous on n'a pas
un mot français
qu'on compose
avec nos 26 lettres
d'alphabet
ça n'existe pas
par contre là
les huit traits de base
du caractère Yong
voilà
vous les trouvez là
d'accord
alors je reviens
un petit peu
on ne commande pas
spécialement
je ne commande pas
je vois par exemple
l'intérêt c'est de voir
les traits se dessiner
le caractère se dessiner
trait après trait
et dans un ordre précis
ah oui
vous écrivez toujours
de haut
d'en bas
et de gauche
à droite
bien sûr
quand on est
on fait des
on fait des
parfois
excusez-moi
est-ce qu'il y a des gauchers
bien sûr
des gauchers
ils s'adaptent bien sûr
nécessairement
il y avait surtout
des gauchistes
à un moment d'ailleurs
mais bon
c'est un peu fini
tout ça
mais
vous voyez
un trait aussi simple
que ça
i
i
on en a parlé
c'est le premier
et là
c'est le caractère
le plus compliqué
qui est d'ailleurs
un faux caractère
on va dire
qui est
Biang
Biang
Biang c'est des nouilles
c'est une sorte de nouille
dans le chânsi
dont je vous ai parlé
tout à l'heure
mais ça c'est
c'est un peu une blague
quelqu'un a inventé
des nouilles
et puis
il a dit
je vais inventer
un caractère
ça a fait florès
parce que
je ne sais pas
j'avais noté
le nombre de traits
c'est faramineux
mais je reviens
sur le Schoen
le quoi
le fameux dictionnaire
parce que
la première clé
qu'il présente
c'est la clé i
celle qu'on vient
de voir
ce trait là
simplement
ce trait simple
le i
qui correspond à 1
défini
comme le commencement
original
de l'univers
et la dernière clé
de son système
à lui
il en avait plus que ça
il en avait 540
mais bon
tout cela
est fini
c'est Hai
Hai
c'est le dernier
caractère
du système chinois
qui permet
de numéroter
les unités
de temps
c'est le même
dont j'ai parlé
tout à l'heure
qui servait
à faire
les vieux almanas
l'auteur
de ce dictionnaire
a pris
en sorte
modèle
sur l'organisation
cyclique
propre au découpage
du temps
en débutant
par 1
et en terminant
par la fin du temps
si je peux dire
autre façon
de dire les choses
le système
de classement
par clé
du Shouen
n'a pas été conçu
pour retrouver
les caractères
dans ce dictionnaire
mais comme une mise
en ordre
du monde
par le biais
des caractères
toutefois
l'usage des clés
comme outils
de classement
viendra plus tard
et on peut dire
que ce système
inspirera
des générations
de lexicographes
chinois
je complète
par une deuxième partie
un deuxième paragraphe
de cette deuxième partie
qui est
Shushan
le créateur
de ce dictionnaire
il va plus loin
et il continue
il va mettre en évidence
six grandes catégories
de caractères
qu'on appelle
Liu Shu
Liu Shu
je le répète
nous sommes au début
de notre ère
c'est pendant les Han
vers l'encens
on peut dire
qu'à cette époque
l'écriture chinoise
est à peu près fixée
et peu différente
de celle qu'on utilise
aujourd'hui
à l'exception près
de la simplification
bien sûr
on traduit en général
la plupart du temps
Liu Shu
par six types
de caractères
ou six catégories
de caractères
je ne vais retenir
que les quatre premières
les cinq et sixièmes
ça concerne un nombre
tellement
un nombre de caractères
tellement peu important
que ce n'est pas utile
pour votre compréhension
pour cette présentation
je vais m'en tenir
à l'ordre adopté
par Shushan lui-même
et commencer par
vous alerter
sur un point
comme souvent
quand il y a des discussions
des points de vue
de spécialistes
personne n'est d'accord
donc il y a
des nombreux
désaccords
sur cette
sur cette interprétation
la première catégorie
est appelée
les caractères
indicatifs
ou idéogrammes simples
d'ailleurs
nos premiers idéogrammes
arrivent
ou diagrammes simples
en chinois
cela indique
une chose
Shushan écrit
à ce sujet
les caractères
dits
sont identifiables
et on peut reconnaître
leur sens
en observant
leur forme
ils traduisent
directement
une idée
abstraite
grâce
grâce à un signe
explicite
par exemple
un, deux, trois
voyez
là vous n'avez presque
pas besoin
de connaître le chinois
un, deux, trois
qui sont les trois
premiers chiffres
par contre
vous ne saurez pas
les prononcer
on trouve
dans cette catégorie
les caractères
qui représentent
une idée
à travers
un signe symbolique
ainsi
là vous avez ici
Shang
Shang
c'est ce qui est
au-dessus de ça
c'est-à-dire
au-dessus de la terre
c'est-à-dire
au-dessus
Xia
c'est ce qui est
au-dessous du ciel
au-dessous du ciel
c'est-à-dire
au-dessous
on en a un autre ?
on n'a pas d'autre
bon
on a les Chang aussi
non ?
on ne l'a pas ?
c'est pas grave
un peu à la manière
de certains idéogrammes
que nous-mêmes
on rencontre tous les jours
ça ce sont des idéogrammes
aussi
là ce sont des idéogrammes
d'ailleurs vous savez
d'emblée
alors vous savez
ce que ça veut dire
parce que vous conduisez
peut-être
ou vous avez conduit
peu importe
mais ça veut dire
que bon
on ne passe pas
et on ne peut pas
tourner à gauche
c'est-à-dire
ce ne sont pas
des dessins
à proprement parler
mais
ce sont
il y a une suggestion
de l'idée
qui veut être signifiée
voilà
et là
on a une autre
une autre
une autre façon
de voir les choses
avec ce pictogramme
qui est mou
mou
c'est le
c'est l'arbre
et c'est le bois
aussi
n'est-ce pas
et
si on rajoute
à mou
un tout petit
un tout petit
vous voyez
ce petit
ce petit trait là
qui lui a coupé
le tronc là
au niveau du bas là
c'est la racine
voyez-vous
vous avez un arbre
un dessin d'arbre
et puis là
vous avez
un petit trait
qui indique la racine
selon
à l'époque
le Shouen indique
qu'il y a
1% seulement
de ces caractères
deuxième
toujours selon
la classification
établie par Sushen
la deuxième
catégorie de caractères
sont les dessins
stylisés
des objets
qu'ils représentent
ce sont bien sûr
les caractères
les plus anciens
ceux-là même
qui figurent sur les eaux
et les carapaces
ils sont relativement
minoritaires
dans le chinois moderne
on en contrait
quelques centaines
en chinois
on appelle ça
des xiangxing
xiangxing ça veut dire
imitation de la forme
ce sont les fameux
pictogrammes
selon Sushen
ils représentent
les choses objectives
directement par des dessins
de sorte qu'on peut
connaître le sens
d'un caractère
pictographique
à partir de sa forme
comme ils sont
d'origine très ancienne
ils ont eu à subir
des modifications
au cours du temps
leur forme a été stylisée
et ont perdu
de leur force picturale
on vous en livre
quelques-uns
selon trois formes
la forme dite sigilaire
c'est-à-dire
c'est ce qui sert
à graver les sots
la forme classique
et la forme simplifiée
alors parfois
il n'y avait pas
de simplification possible
donc c'est un peu identique
là c'est le soleil
précédemment c'était le soleil
voilà
et ça c'est
ça c'est hué
vous voyez
il faudrait pouvoir
pour chaque caractère
c'est ce que je fais
un peu la semaine prochaine
pour chacun des caractères
présentés
faire une sorte
d'étymologie
partir de la première graphie
et puis voir son évolution
vous voyez
la montagne
la montagne est là
c'est choué
vous voyez
en caractère
en caractère sigilaire
c'est magnifique
on dirait vraiment
un cours d'eau
c'est une rivière
qui est dessinée
et là c'est yu
c'est la pluie qui tombe
là c'est l'homme
la femme
le mouton
le cheval
mar
vous voyez
entre le cheval
le cheval traditionnel
si je peux dire
et le cheval simplifié
il a un peu
il a perdu des plumes
si je peux dire
et là c'est l'oeil
mou
là c'est le quoi
ou c'est le corbeau
lui aussi
il a perdu des plumes
c'est quoi
de le dire
là c'est la tortue
on l'avait vu
la tortue
et là c'est le
dragon
et là fond
fond
c'est quoi
le phénix
voilà
donc voilà
ça représente
selon Chowen
mais bon
tout ça évolue
beaucoup
avec le temps
4%
pour lui c'était à l'époque 4%
la troisième catégorie
se nomme en chinois
le xing shang
ils sont dit
en français
les idéophonogrammes
ils combinent
indicateurs
sémantiques
et phonétiques
et représentent
aujourd'hui
plus de 90%
de l'ensemble
des caractères
chinois
alors on va prendre
quelques exemples
d'idéophonogrammes
afin de voir plus clair
et surtout
avec un premier exemple
qui part
de la composante
sémantique
donc de la clé
je vous ai montré
les 214 clés
la bouche
etc
l'herbe
etc
on part de ça
et
là on part
de la clé
de la femme
voyez
la femme
et on a rajouté
à droite
cette partie là
voilà d'accord
ça se prononce
tié
tié
c'est la sereine
deuxième
là
on a pris toujours
la femme
et on a rajouté
cou
la femme
plus
ça donne
la tante
mais la tante
la sœur du père
pas une autre tante
là
c'est le lait
donc on a rajouté
aussi
même principe
tié
tié
ok
on a rajouté
tié
c'est la tante
c'est à dire
l'épouse maternelle
l'épouse maternelle
l'épouse d'un oncle maternel
c'est pas facile
les parentés en Chine
c'est pas évident
vous avez
ma
ma
là
on a mis
la femme
et le cheval
et ça donne
la maman
la mère
d'accord
c'est pas ça
c'est pas ça
non
si
d'accord
pourquoi
je vais y venir
petit à petit
là on a ma
vous voyez
au premier sens
directement
ça veut dire injurier
le cheval
n'a rien à voir là dedans
et dans la maman
la cheval
la mère peut être
à cheval
sur certaines choses
mais ça n'a rien à voir
avec tout ça
ça n'a rien à voir
c'est
une façon
comment dire
il faut bien savoir
une chose
c'est qu'on parle
avant de savoir écrire
les chinois
ils sont comme nous
on a tous parlé
avant de savoir écrire
les hommes
ils ont parlé
avant de savoir écrire
donc
on savait dire
maman
tout le monde disait
ma
ma
donc ma
c'était la mère
tout le monde savait
que c'était la mère
est-ce que c'est illogique
vraiment
que de mettre
une clé
la clé de la femme
pour la mère
pas vraiment non
après ça se dit
ma
il y a un autre
il y a un autre caractère
qui se prononce ma
qui est le cheval
qu'on a vu là
on a vu là
et bien on met ma
on met le cheval
on accole le cheval
tout ça n'a rien à voir
avec le cheval
ce qui compte là
c'est la clé
de la mère
et vous avez vu
toutes les significations
ce sont toutes
des significations
qui sont liées
à la femme
la soeur aînée
la tante
la soeur du père
le lait
la femme
d'un oncle maternel
la maman
etc
tout ça
ça vous donne
l'idée
le sémantique large
c'est la femme
et comment prononcer
on rajoute ça
on rajoute
c'est tout simplement
une aide
quoi
alors
on va
on va
on va
on va
on va
on va
on va prendre
d'une autre façon
maintenant
on va prendre
d'une autre façon
c'est ça
j'en suis où là
non non c'est bon
on va prendre
on prend d'autres exemples
c'est ma
attendez où là
ma
injurier
oui oui
c'est bon
oui c'est ça
on va prendre
d'autres idéophonogrammes
qui partent
de l'élément phonétique
en l'occurrence
vous allez être contentes
l'élément phonétique
propre à tous ces exemples
c'est le cheval
c'est ma
ma
le cheval c'est ma
bon c'est comme ça
donc on vient de voir
ma là
ma la maman
ma signifie la mère
vous avez un autre
ma
qui signifie injurier
c'est donc
vous avez ici
le cheval
et au dessus du cheval
on a un filet
après vous avez un ma
vous avez toujours le cheval
et vous avez une clé
qui est
la clé de la pierre
et puis vous avez un ma
qui signifie la fourmi
et vous avez toujours
le cheval
à côté de quoi
vous avez
la clé
des insectes
alors vous voyez
là c'est
là c'est une autre
façon de procéder
on a
on a la prononciation
et
on va
indiquer
par la clé
de quel groupe
il s'agit
il s'agit
une fourmi
ça relève
des insectes
alors c'est pas toujours
le chinois
c'est pas du rébut
moi j'ai toujours
l'habitude de dire ça
c'est pas
c'est pas
c'est pas comme ça
c'est pas des petits dessins
comme on faisait
quand on était enfant
et on pouvait déterminer
c'est pas comme ça
que ça marche
mais grosso modo
appuyez-vous
sur ces principes
retenez ce principe là
que les caractères
ont été construits
de façon intelligente
après c'est l'usage
qui nous met à l'aise
moi j'ai jamais appris ça
quand j'ai appris les chinois
je n'ai jamais
jamais appris ça
je les ai rencontrés
après
je me dis tiens
c'est curieux
ce caractère
il y a le cheval dedans
je ne serais pas étonné
que ça se prononce ma
c'est comme ça
que ça se passe
je n'ai jamais raconté
tout ça
et puis je défie les autres
on doit me dire ça
un peu
apparemment
j'ai échappé
on n'a pas eu
les mêmes preuves
ça c'est sûr
alors
la quatrième catégorie
et après ça arrête
je m'arrête
est selon Sushon
celle dite en chinois
des hui yi
qui signifie
associer des idées
on les appelle en français
les idéogrammes composés
alors là
on peut y aller
avec les idéogrammes
on est dans
le vrai idéogramme
pour les graphiques
qui relèvent de cette catégorie
deux graphiques
retenues pour leur sens
sont juxtaposées
afin de montrer
ce qu'elles indiquent
regardez
regardez ça
vous avez à gauche
excuse moi
vous avez
vous avez à gauche
le soleil
et là
on lui a adossé
la lune
donc
celui qui a créé
ce caractère
oui c'est ça
il a dit
il voulait
déterminer
il voulait faire
l'idée de brillance
il a mis la lune
et le soleil
côte à côte
et il a dit
ça va être brillant
ça
et c'est brillant
effectivement
c'est une idée
brillante même
là
vous avez ici
ce qui est
c'est le pied
c'est ça
le pas en avant
c'est ça
le pas en avant
c'est faire un pas en avant
et à côté
vous avez une arme
qui est le que
le que
et ça
c'est vous
vous
c'est de l'ordre
de tout ce qui est
militaire
par opposé
à de tout ce qui n'est pas
militaire
rappelez-vous
ouen
tout ce qui est
tout ce qui est
comment dire
de grandes cultures
de grandes valeurs
intellectuelles
si on peut dire
ou
voilà le gueux
le gueux c'est ça
là vous voyez
il y a une
il y a une petite
une petite encoche
pour mettre un manche
c'était
les guerriers
étaient
sur les chars
ils pointaient ça
et bon
ça devait être
assez douloureux
je pense
là vous avez
signe
signe
ça veut dire
croire
croire
et qu'est-ce que vous avez
dans signe
comment c'est fait
c'est fait avec l'homme
qui est là
et la parole
voyez
là vraiment
c'est des
c'est des beaux idéogrammes
ça
ça n'a pas été choisi
par hasard
alors un pardon
non c'est les éléments
et là vous avez
je suis perdu
c'est les éléments
ah oui oui
c'est les éléments
les éléments
donc de signe
vous avez l'homme
d'un côté
qui s'écrit
comme ça
mais
qui quand il est
quand il est collé
à autre chose
comme il prend
un peu de place
là
on le rabiote un peu
on le serre
quoi etc
il prend donc
cette forme
pareil pour le
pour le quoi
le yen
yen c'est la parole
on peut aussi
le trouver sous cette forme
voyez la
la
l'évolution
de la graphie
de la graphie
yen
vous avez aussi ça
vous avez le toit
vous vous rappelez
le toit qu'on a vu
le toit on l'a vu
pour le
là c'est han
han c'est un toit
voyez ici le toit
et dessous vous avez
la femme
et après vous avez
le caractère complet
il est où
il est là
il est au dessus
il est là
et han ça veut dire
la paix
voyez
sous-entendu
ceux qui ont pensé
à la création
de ce caractère
ont imaginé
que rien ne pouvait
mieux définir
la paix
que cette
cette figuration
d'une femme
sous un toit
on a fini
alors
c'est aussi
la femme
vous la reconnaissez
vous les connaissez
ces deux caractères
on les a vus
vous voyez la femme
et là vous avez
l'enfant
la femme
et l'enfant
ça veut dire
ce qui est bon
ça veut dire aimer
c'est beau
ça c'est l'homme
j'aime
deux hommes
tsong
c'est suivre
deux hommes côte à côte
ils ne sont pas côte à côte
en l'occurrence
puisqu'ils se suivent
et là vous avez
tsong
ta tsong
les masses
ça fait beaucoup d'hommes
la même chose
pour mou
l'arbre
deux mous côte à côte
ça se prononce
lin
et trois mous
sun
là ça veut dire
ça veut dire
danse
c'est ça
la forêt
non
la forêt
mais une forêt danse
c'est pas le bois
je vais aller très vite
il y a eu ce processus
là
vous l'avez
j'ai dit
je vous ai montré
des caractères traditionnels
mais bon
il y a eu un processus
de simplification
vous pouvez l'imaginer
ce sont des phénomènes
naturels
qui le deviennent
de moins en moins
puisque dans notre période
c'est à dire
par exemple
après
après quoi
après l'arrivée
des communistes
au pouvoir
il y a eu
des salves
des normes
de simplification
c'est à dire
ce sont des simplifications
non pas dues à l'usage
mais par décret
c'est à dire
on va vous donner
des listes
avant les caractères
ça s'écrivait comme ça
maintenant
ça s'écrit comme ça
donc
ça se passe
dans les années 50
je vais pas lire
je vais gagner du temps
ça se passe
dans les années 50
et
bon
c'est un changement
c'est un peu
comme si nous
nous procédions
à notre
réforme de l'écriture
ça serait
un peu
une révolution
aussi
donc
qu'est-ce qui se passe
bien sûr
tout cela
c'est fait
au départ
c'est fait
pour la bonne cause
beaucoup d'élitrisme
en Chine
à ce moment là
beaucoup de gens
ne savent pas lire
donc
en simplifiant l'écriture
si l'on veut raisonner
on peut se dire
bah ma foi
ça va permettre
de combattre
l'élitrisme
et de
et de quoi
de rendre plus aisé
l'apprentissage
excuse-moi
on est au
d'accord
c'est pas grave
donc
je termine quand même
avec là dessus
non c'est après
où j'en suis là
alors
je suis pas à la simplification
là
non
d'accord
bon
d'accord
donc
je suis perdu
là
excuse-moi
en fait
tout cela
fait partie
d'un
d'une décision
politique
qui est
après
après l'arrivée
des communistes
au pouvoir
qui va consister
en plusieurs décisions
et notamment
parce que
le projet
sous-jacent
est la suppression
des caractères chinois
la suppression
de tout ce dont je viens
de vous parler
là
c'était
cela devait être
devait disparaître
et être remplacé
par une écriture
alphabétique
d'ailleurs
c'était
ce mouvement
avait été précédé
au début du 20ème siècle
beaucoup d'intellectuels
pensaient que
les graphies chinoises
étaient
en quelque sorte
un phénomène
un signe
de sous-développement
par rapport
aux nations occidentales
et c'était un poids
pour le
pour le développement
de la civilisation chinoise
donc ils convenaient
de
et donc
ils ont
le pouvoir
à l'époque
à décider
à promulguer une loi
en 58
vous le voyez
sur le
Hanyu Pinyin
qui est
que vous connaissez tous
vous avez tous entendu parler
du Pinyin
n'est-ce pas
tu peux faire le détail
du Pinyin
là peut-être
non
voilà
ça a été fait
par
ça a été inventé
par un chinois
qui s'appelle
Chou Youkwang
qui a une longévité
remarquable
d'ailleurs
qui était un banquier
qui vivait aux Etats-Unis
et puis
qui au moment
comme beaucoup
de
beaucoup de
beaucoup de
de ces chinois
qui sont
qui étaient partis
à l'étranger
après
après 49
sont revenus au pays
pour aider
la construction du pays
c'était un grand principe
ça
et donc
il a fait
il était banquier
mais bon
on lui a dit
toi tu vas t'occuper
du Pinyin
donc Pinyin
ça veut dire
mot à mot
Pinyin
c'est
épeuler le son
c'est à dire
transcription
Hany Pinyin
transcription alphabétique
de la langue chinoise
vous voyez
c'est ce qui est
quand on écrit
quand on écrit
je sais pas moi
quand on écrit
Xi Jinping
par exemple
vous écrivez
XI
plus loin
JIN
ça c'est Pinyin
c'est ça
c'est une transcription
du chinois
voilà
d'ailleurs
il faut bien savoir
qu'aujourd'hui
les enfants
commencent par apprendre
l'alphabet latin
ils n'apprennent pas
les caractères chinois
le premier apprentissage
dans les écoles
c'est l'alphabet latin
dans les écoles
dans les premiers manuels
que les gamins ont
voyez-vous
pour apprendre
que les étrangers
peuvent apprendre
d'ailleurs
vous l'utilisez
pour apprendre
c'est à dire
que vous voyez
vous avez
la première ligne
c'est le Pinyin
en dessous
vous avez le caractère
puis vous avez le dessin
d'accord
là je suis dans quoi
vous voyez
les caractères
d'écriture
les livres
qui servent
à écrire
les caractères
qu'utilisent aussi
les enfants
vous avez
des tas de petits
cases
et vous devez
remplir ça
on fait tout ça
ceux qui apprennent
le chinois
ils le font aussi
voyez-vous
et ça c'est
les principes
de la classification
qui ont été
donc à un moment
édictés
n'est-ce pas
vous voyez bien
on peut passer
assez vite
ça parce que
c'est pas
fondamental
en plus vous devez
avoir la tête
déjà comme ça
je vous ai donné
beaucoup
de renseignements
mais je vais vous livrer
une anecdote
quand même
à propos de la classification
une anecdote personnelle
je vais me permettre
si vous êtes d'accord
bien sûr
alors
je me trouve
à la fin des années 80
en Chine
à apprendre le chinois
je suis dans un institut
de langue
j'apprends le chinois
et un beau jour
c'est court
il y a court
et je suis
je ne me souviens plus
du tout
l'exemple précis
pourquoi
on m'appelle au tableau
on me dit au tableau
et je vais faire
je vais faire
la dictée au tableau
c'est-à-dire
la professeure va dicter
et moi
je vais écrire
les caractères
donc j'écris
les caractères
tout se passe très bien
et tout d'un coup
arrive un caractère
et là c'est la panne
je ne sais pas
je ne sais plus
écrire ce caractère
mais
si
je sais l'écrire
mais
parce que
comme j'ai commencé
mes études à Lyon
ici sur le quai
à Lyon
à Lyon 3
j'ai commencé
à étudier
avec les formes
traditionnelles
celles qu'on a vues
toute cette période
et donc
j'ai dit
que cela ne tienne
je vais mettre
la forme traditionnelle
d'autant plus
que j'avais un ami chinois
qui m'avait dit
quand tu fais une lettre
tu écris ta lettre
bien sûr
c'est en simplifié
mais dedans
tu glisses
quelques caractères
en traditionnel
et là
là
tout de suite
j'ai dit
je veux faire ça
donc
j'écris
le caractère
traditionnel
et bien
ça n'a pas marché
ça ne marche pas
on ne fait pas
des choses comme ça
donc
on m'a redonné
le bon caractère
j'ai tout effacé
et j'ai remis le bon
c'est comme ça
c'est ainsi
d'ailleurs
je ne sais pas
est-ce que Taïwan
utilise
l'édit
en simplifié
un petit peu
plus du tout
toujours pas
alors
il n'y a plus que Taïwan
et puis il y a un peu
quand même
Hong Kong
il y a un peu
la diaspora
qui utilise
mais
c'est vrai
que ce n'est pas évident
après
c'est vrai que
parfois
nous on le sait bien
mon collègue
le sait bien
quand on
quand on montre
des documents
imprimés
il y a 100 ans
et qu'on les montre
à des chinois
qui ont 30 ans
et qui ne sont pas
spécialement
lettrés
au sens
où ils ne savent pas tout
et là
ils sont un peu
pris
ils sont
qu'est-ce qui se passe
je ne connais pas ça
tout ça
alors il faut
ils y arrivent bien sûr
au bout d'un
quelques temps
quelques jours
ils s'habituent
il vaut mieux passer
d'un sens à l'autre
il vaut mieux passer
du traditionnel
au simplifié
en général
c'est plus facile
même si on peut être
très très désorienté
parce que le passage
du traditionnel
et simplifié
fait qu'il y a
une énorme perte
voilà
oui pardon
ah oui
vous avez la
la fusion
alors il y a ce phénomène
là vous voyez
le visage
qui se prononce
mienne
il s'écrit de la sorte
et vous avez
mienne
même prononciation
là c'est les nouilles
tout ça maintenant
c'est hop
c'est de le même caractère
là vous avez
ti
ti
ti
ti ou ti
ça veut dire
quelque
et ti
qui veut dire
la table basse
pour boire le thé
pareil
vous voyez la perte là
là vous ne pouvez pas
faire d'étymologie
là c'est fini
là vous allez pouvoir
je vous racontais
tout à l'heure
je ne sais pas quoi
l'enfant sous le toit
l'enfant sous
la femme sous le toit
l'enfant sous le toit
tout ça je vous ai dit
et je vous ai
je vous ai montré
les liens
les liens
les liens presque
non pas émotionnels
mais les liens
qui sont des liens humains
quoi profondément humains
là c'est fini tout ça
c'est fini
je vais juste conclure
pour vous laisser quand même
un peu de temps
pour poser des questions
n'est-ce pas
je vais juste conclure
par
très rapidement
mais j'espère que
vous repartirez
avec cette idée
que
c'est ce que je souhaite
je vous ai donné
beaucoup d'idées
beaucoup de
beaucoup de clés
en quelque sorte
sur une entrée
comme je disais au début
dans la culture chinoise
n'est-ce pas
pas seulement
les caractères
mais également
vu comment tout ça
s'est construit
c'est
ça c'est pas fait
comme ça
sur le coin d'une table
je veux parler
de considérer
le caractère
comme un emblème
le caractère
il est
ce qu'il désigne
il n'est pas
comme ça
trois petits traits
sur un truc
pour les chinois
le caractère
est la chose
qu'il désigne
c'est fort
c'est très très fort
je vais vous faire
citer
je vais citer
un tout petit paragraphe
de l'empereur
Kangxi
Kangxi
c'est pas n'importe
quel empereur
c'est un règne
qui est immense
il vit
au moment
de Louis XIV
il est
un des grands
empereurs
de la dernière
des dynasties
des Qing
et il dit
les caractères
sont le plus précieux
trésor de l'univers
leur fonction majeure
est de transmettre
les règles de l'esprit
que les anciens sages
ont voulu faire passer
à la postérité
leur fonction mineure
est d'enregistrer
mille et un détails
difficiles à retenir
ils permettent
aux anciens
et aux modernes
quoique séparés
par des milliers
d'années
de converser ensemble
face à face
ils permettent
aux lettrés
du monde entier
quoique séparés
par des milieux
de lieux
d'exprimer
leurs intimes pensées
main dans la main
ils permettent
aux hommes
d'acquérir
mérite et renommée
ils aident
aux affaires humaines
ils ouvrent l'esprit
ils servent
de référence commune
à tous les hommes
disponibles à tout moment
immédiatement intelligibles
comment ne pas
considérer les caractères
comme le plus précieux
trésor de l'univers
voilà
donc ça c'était
c'était
c'était une chose
il y a une chose
que je peux dire
en deux mots aussi
c'est qu'à un moment
pendant toute la période
impériale
on ne pouvait
il fallait faire
très attention
car il y avait
des caractères
interdits
et ça ça pouvait
avoir des conséquences
assez fâcheuses
puisque ça concernait
les noms qu'on donnait
aux caractères
qu'on utilisait
pour écrire
les noms des défunts
un roi
un prince
ou même un père
et ça remontait
jusqu'aux ancêtres impériaux
avec des conséquences
lourdes dans la pratique
puisque ces caractères
ne pouvaient plus
être utilisés
une fois la personne décédée
il fallait donc veiller
à ne donner
à un enfant
aucun nom
d'une principauté
d'une fonction nobilière
le nom d'une rivière
d'une montagne
d'un animal
sous peine de ne plus
pouvoir utiliser
ces caractères
dans leur usage
prévu initialement
on pouvait les remplacer
par des homophones
mais ce n'était pas pareil
c'est dire le poids
des graphiques chinoises
en l'état
cet usage montre
que le caractère
est
et
que le caractère
et ce qu'il désigne
sont identiques
voilà
je vais juste
ici
ce sont
quelques images
de journaux
des gardes rouges
en cette période
ces dix ans
terribles
qui ont affecté
pendant la révolution culturelle
il y avait
il y avait
à ce moment là
des
comme c'est dit
les gardes rouges
et les ennemis de classe
c'est à dire
qu'on faisait
on tabassait le monde
pour qu'il avoue
pour qu'il avoue
Dieu sait quoi
peu importe
et là
on parle de
Wang
Wang Mei
le deuxième caractère
qui est entouré
là vous voyez
il est mis
à l'envers
à l'envers
ce qui est
il y a pire
mais pas beaucoup
quand même
c'est à dire
que c'est vraiment
pour le coup
on peut dire
c'est un renversement
c'est la pire des choses
je n'ai trouvé
dans aucune autre langue
une telle
telle équivalence
et même dans le passé
chinois
je n'ai pas trouvé ça
c'est les gardes rouges
qui ont trouvé ça
eux par contre
voyez-vous
pareil
Wang Wang Mei
c'est la femme
de Liu Shaoqi
Liu Shaoqi
c'était le président
de la république
pendant le
c'est un grand
comme un Mao
il aurait dû se méfier
il ne s'est pas méfié
et il a payé
de sa mort
bien sûr
et là voyez-vous
le dernier
sur la bande
je n'ai pas trop
l'habitude
je n'ai pas
le détail
pardon
voyez-vous
là le caractère
il est là
là Liu Shao
c'est bon
Xi
il est à l'envers
là il est restitué
dans le bon sens
pareil
là le Chen
Peng Zhen
c'est le maire de Pékin
non c'est ça
le maire de Pékin
et Liu Zhen
pareil
le deuxième caractère
est mis à l'envers
c'est pour montrer
c'est les maîtres
plus bas que terre
c'est les piétinés
c'est les destituts
c'est leur ôté
toute raison de vivre
d'ailleurs
ils finissaient en général
tués
et vous voyez ici
pareil
c'est toujours
Liu Shaoqi
là les caractères
sont simplement
biffés
barrés
vous voyez comme ça
et le Qi
il est couché
qu'est-ce qu'on a après
alors en 89
je me trouvais d'être à Pékin
et il y avait
il y a eu la première
la première exposition
d'art contemporain
et il y a eu un truc
bon c'était un truc
ça a fermé le deuxième jour
puis après ça a réouvert
c'était un truc
assez scandaleux
mais c'est très intéressant
et il y avait un
il y avait un
un artiste
qui s'appelle Su Ping
né en 55
qui a fait un
qui a fait un truc
absolument faramineux
qui a fait
tu peux aller plus loin
s'il te plaît
encore un coup
voilà
vous voyez
ces énormes panneaux
4000 caractères
4000 caractères
il y en avait par terre
et tu peux revenir
sur le début
voilà
voilà
il y en a 4000
il n'a pas un
qui est un vrai caractère
ils sont tous faux
tous
parfois ils ressemblent
il y a un trait en plus
un trait en moins
etc
4000 caractères
donc il a été très critiqué
d'ailleurs
d'abord parce qu'on lui a dit
tu as perdu ton temps
en plus il a fait ça
à l'ancienne
il a gravé ça dans le bois
non mais vous imaginez le travail
il est parti après 89
il est parti en Amérique
puis maintenant
il est de nouveau
personne n'a gratin
et vous voyez
c'est dire
cette espèce de
pour lui il veut montrer
l'étouffement
étouffé par les caractères
étouffé par
par le poids
il est chinois
il n'est pas français
il est chinois
ah c'était
c'était le
comment dire
c'est trop quoi
ils sont illisibles
il y a des chinois
je le sais
parce que j'y étais
à l'époque
il y a des chinois
qui ont tout passé à travers
ils sont passés
caractère après caractère
pour en trouver un de bon
des fois qu'il n'y en aurait
un qui aurait échappé
non
et voilà
je vous montre
avant de finir
quelque chose
que j'ai photographié
il y a précisément
20 ans maintenant
sur la muraille
de Pignard
Pignard c'est
c'est un truc
c'est un truc
c'est une ville
qui se trouve
dans le chânsis
à l'époque
il fallait une nuit
de train
maintenant il doit falloir
une heure et quart
pour s'y rendre
et Pignard est intéressant
parce que c'est
une des rares villes
qui a conservé
sa muraille
donc on peut monter
on fait le tour
etc c'est bien
c'est un peu tintin
parfois
mais bon ça va
et là
j'ai trouvé
cette plaque gravée
vous voyez
alors vous voyez
alors je vais
les caractères
le caractère
c'est le symbole
de la civilisation
il faut les utiliser
avec respect
voilà
j'en ai terminé
pour aujourd'hui
et je vous remercie
de votre attention
juste une chose
avant de vous
passer la parole
je vous annonce
la prochaine
c'est à dire
samedi prochain
n'est-ce pas
alors là
c'est même lieu
même heure
et je vais continuer
je vous l'ai dit
un peu
en m'appuyant
sur le texte
les entretiens
de Confucius
là j'ai fait
une sélection
de caractères
c'est pas choisi
au hasard
c'est des caractères
qui sont les caractères
clés de la pensée
confucienne
qui a influencé
toute la zone
l'Asie de l'Est
et là
là je rentre
très en détail
très en détail
et j'aborde aussi
quand même
bien sûr
la pensée confucienne
et je commencerai
de façon un peu
brutale
et violente
par vous
par vous présenter
un caractère
qui est le caractère
Mina
on ne l'a pas ici
c'est exprès
c'est pour vous faire venir
c'est pour que
je vous impacte
Mine
Mine c'est le peuple
alors Mine
c'est un des noms
un des caractères
les plus courants
on entend ça
évidemment le peuple
tout le monde parle du peuple
Gène Mine
c'est le peuple
très bien
et quand vous vous penchez
sur son étymologie
c'est ça qui est intéressant
l'étymologie de Mine
elle est très particulière
elle est très
elle est très dure
puisqu'on y voit
un œil
percé par un couteau
alors qu'est-ce que c'est
qu'un œil
percé par un couteau
à l'époque
c'était quand on faisait
des prisonniers
ils n'y allaient pas
de main morte
on les ébornait
comme ça
ils étaient tranquilles
comme ça
ils n'étaient pas tentés
de partir
etc
ils avaient moins
la latitude
de s'évader
donc ça va
commencer très fort
comme ça
et donc ça va durer
aussi deux heures
environ
voilà je vous remercie
voilà donc
si vous avez des questions
merci d'attendre
que je vous donne
le micro
parce qu'on est enregistré
oui j'avais besoin
de deux explications
vous avez dit tout à l'heure
que la paix se disait
âne
donc là
tienne-anmen
la place
de la paix céleste
alors
quel est exactement
le terme
tienne
ses places
ou si c'est
céleste
non
ça marche un peu
dans l'autre sens
men
c'est la porte
men c'est la porte
ah oui
âne c'est la paix
comme vous l'avez dit
oui
et tien c'est le ciel
le ciel
donc céleste
un céleste
oui
donc c'est dans l'autre sens
qu'il faut
qu'il faut prendre les choses
est-ce qu'il y a une signification
il y a un quartier
qui s'appelle
Zhonganghai
Zhonganghai
qui est le quartier
des dignitaires
au sein de la cité interdite
est-ce qu'il y a
une signification spéciale
il y a toujours une signification
vous savez
il n'y a pas de hasard
alors Zhonganghai
je ne sais pas
quelle est la traduction
il y a une traduction consacrée
Zhonganghai
Zhong
Zhong
Zhong
Zhong
Zhonganghai
c'est la mer
il y a une construction
il y a
mais je ne la connais plus
je l'ai oubliée
alors ce n'est pas
la méditerranée
c'est juste en face
de Tiananmen
c'est précisément
juste en face
mais
je suis désolé monsieur
mais on va faire
les recherches évidemment
et on va trouver en plus
donc je vous dirai ça
s'il vous plaît
et bien voilà
par exemple
ça serait une bonne idée
voilà
merci
avec notre logique
d'européen
le pluriel
on n'a pas parlé du pluriel
il n'y a pas de pluriel
en chinois
oui oui
alors si vous voulez
comme je n'ai pas voulu
m'apesantir
sur le caractère
c'est à dire
ce n'est pas vraiment
un cours de chinois
si vous voulez
mais les caractères
ils sont indéfinis
une fois pour toutes
et on ne les touche plus
on ne va pas bricoler
un petit trait
là
c'est pas possible ça
qu'on parle
d'un arbre
de deux ou de quinze
ils vont toujours
s'écrire pareil
qu'on dise
j'ai coupé cet arbre
ou bien
j'ai planté cet arbre
ou bien
cette arbre
me fait de l'ombre
c'est à dire
qu'on a une notion
d'accusatif
tout ça
et si j'ai dit
je mange
ou bien
j'ai mangé
ou bien
je mangerai
ou bien
ils ont mangé
tout ça
ça sera le même caractère
pour manger
ça ne touche pas
c'est tout l'environnement
qui va
qui va déterminer
si
si on parle d'aujourd'hui
si on parle de demain
si
s'il y a un arbre
s'il y a deux arbres
si
si quoi d'autre
si
c'est ça
c'est
mais un caractère
il est
le seul cas
où on le touche
c'est quand on le simplifie
mais là
alors bien sûr
vous vous pouvez
quand vous écrivez
comme ça
chez vous
dans le
dans le secret
de votre bureau
comme on le fait tous
quoi
on l'éborgne
etc
on le simplifie
à notre manière
mais ça
c'est la seule façon
où c'est possible
quoi
il n'y a pas
il n'y a pas
d'altération
on ne peut pas altérer
sinon on fait une faute
moi j'ai une question
un peu historique
là
vous avez dit
donc
c'était au début
du 20ème siècle
ou à la fin du 19ème
qu'ils avaient redécouvert
ces écailles de tortue
et c'est
ça veut dire que
pendant 1500 ans
ou 1800 ans
ils avaient oublié
alors que normalement
à chaque dynastie
il y a un historien
qui raconte
le gars d'avant
mais là
ils avaient oublié
ces écailles de tortue
alors oui
mais tout ça
comment dire
les divinations
par les eaux
et carapaces
tout ça
ça n'a eu qu'un temps
après on a
j'ai dit
je ne vais pas vous raconter
l'histoire de la divination
en Chine
mais
après ils ont arrêté ça
ils sont passés
à l'aquilée
l'aquilée
c'est une espèce de plante
vous savez
on fait des tiges
d'aquilée
et puis après
on tire les sorts
avec l'aquilée
c'est beaucoup plus économique
ça demande moins de travail
aussi
et du coup
qu'est-ce qui s'est passé
quand c'est
à la fin du 19ème
quand ces
ces eaux
ces carapaces
ont été trouvées
elles étaient toutes rangées
soigneusement rangées
bien sûr
elles y avaient passé
beaucoup de temps
donc elles étaient mises
dans des énormes fosses
très profondes
et personne n'y avait touché
et puis vous savez
le temps passe
le temps passe
et ça c'est
finalement
je l'ai raconté
ça c'est découvert
par
c'est bête
c'est-à-dire
quelqu'un qui est malade
là
qui tout d'un coup
on lui demande
excusez-moi
de la poudre de perlimpinpin
au quasi
et là
tout d'un coup
ça y est
il tire un fil
et il ouvre la grotte
quoi
et il y a quelqu'un
qui s'intéresse un peu
à tout ça
avant que tout cela
ne parte en fumée
c'était une bonne chose
d'ailleurs
à mon avis
ça a été utilisé
pendant de nombreuses années
comme ça
comme poudre
pour être utilisé
dans la pharmacopée chinoise
certainement
il y avait de l'argent
à faire là
quand même
mais bien sûr
que chaque
dynastie
vous l'avez dit
est chargée
d'écrire
l'histoire
de la dynastie précédente
c'est vrai
bien sûr
mais là
vous savez
on remonte
très loin quand même
on remonte
je vous ai dit
avant l'Empire
et la suite
ce que je vais raconter
la semaine prochaine
c'est-à-dire
la période des Zhou
c'est pas une période
c'est une période
de guerre
pendant des centaines
d'années
donc là
les gens avaient
d'autres choses
à faire
que de
vous savez
on ne pense pas
à ce qu'on va
il n'y a que nous
les bibliothécaires
qui pensons
à tout conserver
pour que
dans 2000 ans
on puisse savoir
encore ce que ça
voulait dire
mais à part ça
on n'a pas ce réflexe
les choses
elles partent
à la casse
excusez-moi
alors il y en avait
les devins
étaient des analystes
dans le sens
analyste
c'est-à-dire
qui écrivent
les annales
d'accord
mais
c'est une bonne chose
qu'on les ait rangées
il y a des photos
d'ailleurs
on ne peut pas
montrer toutes les photos
parce qu'on n'a pas
de temps
mais
c'était rangé
c'était vraiment
c'était rangé
comme le silo
de la bibliothèque
je dirais
sauf que c'était
dans la terre
et ce qui est remarquable
c'est que ça soit
conservé aussi
il faut voir ça
ça serait très bien
pu se dissoudre
ils avaient pensé
à ça quand même
mais ce qui serait intéressant
d'étudier
enfin d'étudier
de présenter
plutôt
c'est la suite
de ça
c'est quand même
les chinois
ils sont très attachés
à
le I Ching
vous avez tous entendu
parler du I Ching
comment
comment
non pas
comment
c'est pas répondre
à la question
est-ce qu'il pleuvra
demain
bien sûr
mais moi
moi je suis là
et puis je me dis
mais qu'est-ce que
qu'est-ce qui va se passer
là plus tard
comment est-ce que
je pourrais avoir
j'aimerais bien avoir
une idée
de la direction prochaine
dans laquelle
ma vie
va tourner
pour que je puisse
non pas prendre
des dispositions
mais
avoir en quelque sorte
une
me présenter
au bon moment
de la bonne façon
c'est quand même pas
la boule de cristal
exactement
et pour cela
vous avez les tiges
que vous tirez
vous tirez le I Ching
etc
moi je connais pas
je suis pas un spécialiste
mais c'est intéressant
quand même
et là
l'avenir
n'est pas déjà écrit
mais il y a des lignes
quand même
il y a des lignes
les fameuses lignes
on revient toujours
aux lignes
les lignes
les traits
la Chine c'est que ça
les idéogrammes
le I Ching
le I Ching
c'est
alors c'est plus compliqué
je vais pas y toucher
pas ce soir
ce sont les hexagrammes
et là
c'est un peu compliqué
vous avez une question monsieur
pardon
cette écriture
a été imposée
avec des sons
une prononciation
or vous avez montré
au début
le grand nombre
de provinces
qui existaient en Chine
et par conséquent
un grand nombre
de langues
locales
peut-être même
de cultures
alors comment
ça s'est passé
pour ces langues
que sont-elles
devenues
comme nos patois
ou
alors
je sais pas
si vous connaissez
un petit peu
la Chine
mais si vous êtes déjà allé
si vous allez à Canton
par exemple
aller vivre à Canton
si vous parlez
si vous avez appris
le chinois
vous vous prenez
dans la rue
vous n'allez pas
comprendre grand chose
parce que les cantonais
parlent cantonais
les shanghaïens
parlent shanghaïens
et si vous prenez
un minibus
et que vous allez vous
promener dans les campagnes
vous allez tomber
sur les patois
les dialectes
les trucs locaux
vous n'allez rien
comprendre non plus
d'où l'idée
pour le pouvoir communiste
d'imposer une langue commune
ce qu'on appelle
le pouton-croix
je suis allé un peu vite
à la fin là
je suis désolé
c'est aussi beaucoup
pour moi d'informations
qu'il faut que je range
et en plus
je me suis trompé
à un moment là
mais la langue commune
c'était important
pour les chinois
quand vous êtes
vous voulez être
un pouvoir fort
et Dieu sait
si les communistes
sont un pouvoir fort
et l'ont été
encore davantage
il faut
il faut que tout le monde
nul n'est censé
ignorer la loi
vous vous rappelez
de cette phrase
nul n'est censé
ignorer la loi
ben là c'est pareil
il faut que tout le monde
soit en mesure
de comprendre
donc le journal de 20 heures
il faut que les gens
le comprennent
et le journal de 20 heures
c'est en pouton-croix
c'est dans ce qu'on appelle
la langue commune
ce qu'elle n'empêche pas
que tout le monde
dans son petit coin
continue à parler
son dialecte
son patois
son sabir local
quoi ça
les chinois
ont eu au moins
ont été plus respectueux
que les français
qui ont tout laminé
il ne reste plus rien
quasiment
on peut dire ça quand même
madame
on va prendre
deux dernières questions
il y avait monsieur ici
monsieur d'abord
dans les relations commerciales
et Dieu sait s'ils en font
on parle quelle langue
on parle l'anglais
c'est comme l'anecdote
que je vous ai donnée
vous savez la lettre
que vous écrivez à un ami
et puis vous glissez
un ou deux caractères traditionnels
pour faire quand même
un peu chic
pour faire que vous êtes
quand même
ben là
si vous voulez
vous faites une
on discutait à midi
avec mon épouse
de ça
vous faites une
négociation commerciale
vous êtes entouré
de tout votre staff
et tout ça
vous parlez sérieusement
vous parlez d'argent
vous parlez de
matériaux
de je ne sais pas quoi
et là
vous parlez de
vous parlez en anglais
bien sûr
parce que
les chinois
ils parlent anglais
évidemment
ceux qui sont à ce niveau là
ils parlent anglais
et puis après
on signe
après il y a un banquet
je veux dire
si vous faites des affaires
en Chine
et que vous n'allez pas
au banquet
c'est que vous vous êtes
vraiment fait avoir
c'est mal barré
donc là
là vous pouvez y aller
là
si vous dites
quelques mots de chinois
alors là
ils se sont dit
on n'a pas signé
avec n'importe qui
là c'est vraiment
ça mérite
là ce sont des gens
qui font des efforts
au moins
mais il ne faut pas
se leurrer
ce n'est pas le chinois
qui va vous aider
à gagner
les plus grands marchés
du monde
là je ne crois pas
non
je ne crois pas
mais bon
ça n'empêche pas
qu'il faille apprendre
le chinois
c'est une
vous imaginez
c'est un énorme travail
ça a été classé
j'ai lu ça l'autre jour
par l'UNESCO
la langue la plus difficile
du monde
moi je ne suis pas
très sûr de ça
je ne connais pas
toutes les langues du monde
j'en connais très peu
d'ailleurs
mais je crois
qu'il y a des langues
encore plus difficiles
que le chinois
le chinois
ça fait peur
parce qu'on voit
tous ces trucs
on se dit
mais de quoi il s'agit
là on est débordé
par tous ces petits traits
dans tous les sens
mais pas du tout
j'espère vous avoir
fait comprendre
que ce n'est pas
n'importe quoi
étouffé au hasard
pas du tout
tout cela est quand même
pensé
s'il vous plaît
la dernière peut-être
non
il n'y avait pas une
monsieur Bialais
madame
bon merci beaucoup
parce que j'ai trouvé
ça passionnant
au début
vous avez dit
que
enfin donc là
c'est marqué
donc le caractère
est le symbole
de civilisation
oui
et
pour avoir
un peu voyagé
en Afrique
je
donc dans des
je ne veux pas dire
des
des pays
intéressants
mais vu
la superficie
ce sont des
personnes qui sont
restées
vous savez
dans leur coin
c'est à dire
que quand vous n'avez
pas de possibilité
de communication
et j'ai remarqué
donc ça fait
à peu près
5-6 ans
7 ans
que
il y avait
des Chinois
qui venaient
en délégation
il y avait
voilà
etc
donc il y avait
un rôle
par exemple
qui venait
faire des reportages
alors
j'ai remarqué
qu'ils avaient
quand même
et les guides
nous expliquaient
qu'il y avait
l'habitude
de ces pays
enfin les guides
français
mais qui allaient
très souvent
dans le pays
visité
qu'il y avait
un certain mépris
alors
est-ce que
par rapport
aux langues
qui n'étaient pas
parce que c'était
un peu le cas
qui n'étaient pas
comment dirais-je
écrites
ah
vous parlez
des langues
les langues orales
vous parlez
des langues orales
c'est ça
en gros
voilà
africaines
qui ne sont pas écrites
c'est ça que vous voulez dire
madame
que les Chinois
auraient
une attitude
méprisante
je voyais qu'ils passaient vite
ils n'avaient pas
alors ils faisaient des photos
etc
enfin je veux dire
vous parlez des Chinois
madame
là
vous parlez des Occidentaux
qui ont un regard
un peu méprisant
en direction des
oui alors il y a ça aussi
je ne parle pas
mais vous parlez des Chinois
là madame
là je parle des Chinois
vis-à-vis
au regard de
vis-à-vis
de ces pays
écoutez
je n'étais pas la seule
à le remarquer
enfin bon
est-ce que ça détermine
certaines attitudes
je suppose
moi je ne crois pas
je n'ai jamais
je n'ai jamais
noté cela
bien sûr nous sommes français
et le français
est une langue
plutôt respectée
en Chine
étudiée même
et de façon plus large
de toute façon
de façon générale
je vous l'ai expliqué
il y a le ciel
il y a la terre
il y a la Chine
ce qui est en dessous du ciel
la Chine
et il y a tout ce qui est autour
c'est-à-dire nous
qui sommes essentiellement
des barbares
c'est-à-dire nous
c'est-à-dire aussi bien
Donald Trump
que Macron
et ma petite personne
nous sommes des barbares
ce n'est pas du mépris
c'est une vision du monde
madame
tout simplement
tout simplement
ce n'est pas du mépris
il n'y a pas de mépris là
c'est une
c'est ainsi
que voulez-vous que je vous dise
ce caractère
c'est écrit de la sorte
on ne va pas discuter
il nous plaît
il ne nous plaît pas
c'est comme ça
et bien
les Chinois
la Chine est ainsi
c'est pas
mais je ne pense pas
alors pour parler
plus précisément
pour parler de
personnes qui auraient
des attitudes déplacées
comme on dit
ou Dieu sait comment
je n'en ai jamais
personnellement noté
en tout cas
je ne l'ai jamais vu
alors moi
je ne vais pas en Afrique
alors je ne sais pas
mais j'ai toujours
au contraire
trouvé que les Chinois
étaient plutôt
en général
respectueux
voilà
je vous remercie infiniment
de votre écoute
bonne soirée
merci
merci
merci
merci
A propos de la conférence
Elles étaient au cœur du système de notation des opérations complexes d'oracles menées par les devins de la dynastie Shang (env. XVIe-XIe siècles av. J.-C.).
3 500 ans plus tard, après des évolutions qu’on peut qualifier de géniales, cette écriture est utilisée par un cinquième de la population terrestre.
Nous verrons les détails de cette apparition, de son évolution et de son histoire qui s’est déroulée dans l’ignorance parfaite de nos systèmes de notation alphabétiques.
L'intervenant
Jean-Louis Boully, premier bibliothécaire du fonds chinois de la bibliothèque municipale de Lyon
Jean-Louis Boully, a été le premier bibliothécaire du fonds chinois de la bibliothèque municipale de Lyon, qu'il a traité et développé pendant plus de vingt ans.
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