Fonds Jules Sylvestre

Le Fonds Jules Sylvestre illustre le patrimoine lyonnais depuis les années 1840 jusqu'au début des années 1960. Il constitue encore aujourd’hui une ressource documentaire de premier plan et l’un des fleurons des fonds photographiques régionaux conservés à la Bibliothèque municipale de Lyon.

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Présentation

Né le 12 octobre 1859 à Lyon, Jules Sylvestre commence sa carrière en 1873 comme opérateur-photographe à l'Hôtel-Dieu dans le service des professeurs Ollier, Étievant et Molière. En 1892, il ouvre son premier atelier photographique, au numéro 23 du cours de la Liberté (Lyon 3e), puis reçoit ses premières commandes d'importance lors de l'Exposition Universelle de 1894 dont il photographie les différents palais. Mais c’est surtout le cliché des derniers instants du Président de la République Sadi Carnot, assassiné en marge de l'Exposition par l'anarchiste Santo Caserio, qui contribue en grande partie à sa reconnaissance publique sur la région.

En 1898, Jules Sylvestre change définitivement d'adresse pour de nouveaux locaux plus spacieux, au 2 rue de Bonnel, à l'angle du quai de la Guillotière (Lyon 3e). Dès cette époque, il se spécialise dans la « photographie industrielle », les « portraits artistiques » ou bien encore dans la lucrative « reproduction de peintures et objets d'art », notamment pour le compte du Palais Saint-Pierre et de la Société lyonnaise des beaux-arts, clichés qui sont édités, par ses soins, en plusieurs séries de cartes postales comme bien d'autres vues par la suite.

Vers 1900, sa carrière prend un second tournant lorsque qu'il rachète la collection du photographe lyonnais Benjamin Escudié (1829-1917), gendre d'un autre photographe de renom, Philippe-Fortuné Durand (1798-1876). Méthodiquement, il recueille sur plaque de verre les daguerréotypes ou calotypes pris par ses devanciers, allant même jusqu'à adresser une demande officielle à la Ville de Lyon afin d’obtenir l'autorisation de « reproduire, en cartes postales, la série des clichés photographiques en dépôt au service de la voirie », clichés aujourd'hui conservés aux Archives municipales de Lyon.

On l’aura compris, le fonds Jules Sylvestre se compose de plusieurs ensembles distincts. Tout d'abord des contretypes de photographies datées de la seconde moitié du XIXe siècle dont les originaux sont aujourd'hui perdus ou d’accès peu aisé. En second lieu, de nombreux reportages commandés par les communes de Lyon et Villeurbanne ou réalisés pour des entreprises de la région lyonnaise, parmi lesquels on retiendra un ensemble de photographies sur les chantiers d'urbanisme de l'Entre-deux-Guerres ou sur l'École municipale d'agriculture de Cibeins dans l’Ain, ainsi que d’innombrables clichés sur les industries locales telles que les soieries F. Ducharne, les ateliers de constructions électriques de Delle ou la Société des entrepôts frigorifiques lyonnais.

Jules Sylvestre décède le 21 janvier 1936, non sans avoir cédé son affaire quelques années auparavant à Blanche Savoye (1874-1961), puis à Jeanne Fontanel (1900-1991), qui en continuent l'exploitation, sous la même raison sociale et avec le même personnel, jusqu'à la cessation d’activité pour cause d’expropriation au début des années 1960. Acquis par la Bibliothèque municipale de Lyon sur le marché lyonnais entre 1976 et 1984 auprès du collectionneur et photographe Guy Borgé (1925-2013), le fonds de commerce de la maison Jules Sylvestre renferme aujourd’hui quelques 4 700 photographies dont 3 900 plaques de verre, auxquelles il faut encore ajouter un millier de plans-films sur la seule société Schneider-Westinghouse. Les vues contenues dans ce fonds illustrent donc plus d'un siècle de vie lyonnaise. Sous de nombreux aspects, en dehors de leur caractère anecdotique ou de leur charme retro, elles intéresseront les historiens et, au-delà, toute personne étudiant l'histoire industrielle, l'architecture ou l'urbanisme de notre cité.

  • CALOTYPE : négatif sur papier inventé par Fox Talbot en 1841 et utilisé jusque vers les années 1850-1860. Le calotype est l'ancêtre du négatif moderne.

  • DAGUERREOTYPE : procédé de photographie en vogue entre 1839 et 1855. L'image est unique et réalisée sur une plaque de cuivre recouverte d'une couche d'argent.

  • CONTRETYPE : copie d'une image photographique qui respecte sa polarité et son mode de restitution. Le terme contretype indique que la taille de l'original a été respectée.

 

  • Période ou dates extrêmes : Années 1950-1970.
  • Date d’entrée dans les collections : Septembre 1990 (achat).
  • Importance matérielle : Env. 14500 pièces, dont env. 13800 négatifs.

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Jules Sylvestre, photographe professionnel

L'intérêt du fonds Sylvestre, tient évidemment aux nombreux reportages réalisés par Jules Sylvestre ou par ses collaborateurs, à Lyon et dans la région. Acquises sur le marché lyonnais entre 1976 et 1984, ces vues illustrent plus d'un siècle de vie lyonnaise.

Voir dans numelyo, bibliothèque numérique de Lyon

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