Manuscrits médiévaux
La Bibliothèque municipale Lyon conserve plusieurs centaines de manuscrits médiévaux qui, par leur contenu, leur provenance et leurs caractéristiques matérielles, forment un ensemble d’une grande diversité.
Présentation
Au cours des 17e et 18e siècles, jusqu’à leur expulsion de Lyon en 1762, les jésuites, qui tiennent le collège de la Trinité, constituent une importante bibliothèque dans laquelle les manuscrits médiévaux sont bien représentés. Parmi les entrées marquantes, on peut citer des Évangiles richement décorés, copiés au milieu du 9e siècle et inscrits au catalogue de la bibliothèque du collège en 1648, une Histoire d’outremer de Guillaume de Tyr, manuscrit réalisé à Acre vers 1280, acquis en 1698, ou encore une copie du De laudibus sanctae crucis de Raban Maur, manuscrit du 9e siècle, acheté en 1703-1704 sur la rente constituée par l’avocat Marc Perrachon. Ces acquisitions dénotent l’intérêt des jésuites pour des pièces anciennes et prestigieuses.
La bibliothèque publique de Lyon, créée en 1731, comprenait également des manuscrits du Moyen Âge, notamment un manuscrit enluminé de l’Ovide moralisé de la fin du 14e siècle.
La Révolution provoque, par le biais des confiscations, l’arrivée de manuscrits conservés par le chapitre de la cathédrale Saint-Jean, les Augustins, les Dominicains, les Carmes, les Récollets, les Missionnaires de Saint-Joseph, le séminaire de Saint-Irénée, les Feuillants, les Minimes, les Capucins et la Visitation, en nombre cependant inférieur à ce que pouvaient laisser espérer la diversité et l’importance de ces bibliothèques religieuses. Entrent alors les manuscrits mérovingiens et carolingiens de la célèbre bibliothèque capitulaire, avec notamment les manuscrits de saint Augustin annotés et utilisés par Florus au 9e siècle pour composer son Commentaire sur les épîtres de saint Paul.
Plusieurs dons et legs de particuliers conjugués aux effets des nouvelles confiscations qui suivent les lois de séparation des Églises et de l’État (1905) complètent avec profit la collection de manuscrits médiévaux enluminés. Jean Baptiste Charvin lègue en 1842 un livre d’heures ayant appartenu à Marie d’Angleterre, épouse de Louis XII ; la famille Brölemann donne à la fin du 19e et au tout début du 20e siècle plusieurs très beaux livres d’heures. Un Décret de Gratien enluminé à Bologne vers 1350, un missel enluminé par Attavante en 1483 quittent les collections de la cathédrale pour gagner celle de la ville.
S’il reste à forte tonalité religieuse, cet ensemble comporte également des manuscrits littéraires, notamment grâce aux pièces de la collection Adamoli qui comprend notamment trois Roman de la Rose des 14e et 15e siècles.
Des sobres ouvrages d’étude aux somptueux volumes enluminés, des textes bibliques aux romans de chevalerie en passant par les traités de droit, les ouvrages philosophiques ou encore les livres scientifiques, les manuscrits médiévaux de la bibliothèque municipale de Lyon offrent une grande richesse intellectuelle et matérielle.
Quelques illustrations
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Ms 6881, f. 63. Livre d'heures à l'usage de Chalon, début du 16e siècle. -
Ms 5123, f. 6v (détail). Missel dit missel d'Attavante, 1483. -
Ms 431, f. 9. Évangiles, milieu du 9e siècle. -
Ms 742, f. 8v. Ovide moralisé, fin du 14e siècle. -
Ms 410, f. 2 (détail). Bible, fin du 12e siècle. -
Ms 425, f. 46v. Psaumes, 5e siècle.
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55 manuscrits mérovingiens et carolingiens.
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Les manuscrits conservés à la BmL sont signalés dans le catalogue général des manuscrits.