Données post-mortem : y a-t-il une vie numérique après la mort ?

Après nous, que deviennent nos données numériques ?
L’essor des services liés à la dead tech (gestion successorale des données numériques) et à la grief tech (outils pour les endeuillés, comme les mémoriaux virtuels ou deadbots) soulève des enjeux juridiques et éthiques autour de l’héritage numérique.

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Données post-mortem - © CNIL

En quelques mots

L’essor des services liés à la dead tech (gestion successorale des données numériques) et à la grief tech (outils pour les endeuillés, comme les mémoriaux virtuels ou deadbots) soulève des enjeux juridiques et éthiques autour de l’héritage numérique. Depuis les années 1990, le numérique a transformé les pratiques funéraires, passant des cimetières en ligne aux réseaux sociaux et à l’IA, avec des promesses d’immortalité numérique souvent associées à un Internet perçu comme éternel. En France, la loi Informatique et libertés permet aux individus de définir des directives post-mortem pour leurs données, au cas par cas, directement auprès des services numériques, ou plus générales, à la manière d’un testament. Les héritiers peuvent accéder à certaines données ou clôturer des comptes 

Au-delà du cadre légal, le marché propose des services variés, des mémoriaux en ligne aux agents conversationnels - deadbots - reproduisant la voix ou l’image des défunts via l’IA, posant des questions éthiques. Cependant, la fragilité des infrastructures numériques (fermetures de services, pertes de mots de passe) rappelle la matérialité de ces données, pouvant provoquer une « seconde perte » pour les proches. Entre archivage, mémoire et éthique, la gestion des données post-mortem interroge notre rapport à la mort, mêlant droit, technologie et philosophie.

Au cours de cette conférence Régis Chatellier, chercheur en charge de l’innovation et de la prospective au LINC, Laboratoire d’Innovation Numérique de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) présentera l’état de la connaissance sur les enjeux juridiques et éthiques de l’héritage numérique et des données post-mortem.

Intervenantes et intervenants

Régis Chatellier - chercheur en charge de l’innovation et de la prospective au LINC, Laboratoire d’Innovation Numérique de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL)

Régis Chatellier est diplômé de Sciences Po Grenoble en 2006. Membre de la CNIL depuis 2016, il coordonne et/ou rédige des cahiers Innovation et prospective de la CNIL publiés sur l’arrivée des plateformes dans les villes, le rôle du design dans la protection des données, les civic tech, les relations des personnes à la protection des données, et les intersections entre protection des données et de l'environnement. Il contribue à la production de d’explorations prospectives, scénarios et designs fictions. En parallèle, il anime le Conseil scientifique et de la prospective, il contribue aux différents travaux de la CNIL.

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